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Parlons du suicide

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On ne parle pas encore assez du suicide au Québec. Peut-être parce que c’est toujours tabou. Peut-être parce qu’on évite d’attirer l’attention sur cette triste réalité, par crainte de donner des idées à certaines âmes en peine.

Pourtant, c’est un phénomène bien présent dans notre société. Chaque jour, au Québec seulement, ce sont trois personnes qui commettent l’irréparable. C’est énorme.

Détresse

Émilie Houle avait 23 ans lorsqu’elle a mis fin à ses jours le 29 mars dernier. Son cousin Jimmy a choisi de partager sur Facebook le message que celle-ci avait composé peu avant de passer à l’acte. Un message qui a été relayé par plus de 80 000 personnes en quelques heures à peine.

Imaginez. Depuis l’âge de 12 ans qu’Émilie éprouvait un mal de vivre incontrôlable. Sa mère a expliqué au Journal que, six jours avant le drame, elle avait tenté d’obtenir de l’aide pour sa fille. En vain.

Ressources absentes

Nous avons beaucoup parlé des problèmes de santé mentale au cours des dernières années. De l’importance de nommer les choses, de ne pas juger les gens affligés par la maladie. On a davantage parlé du suicide aussi, même si je considère que ce n’est pas encore suffisant.

Mais est-ce que les ressources ont suivi ? Car une sensibilisation accrue et efficace se transforme assurément en augmentation des besoins. En clair, quand ça marche, les gens demandent davantage d’aide.

Or, il appert que ce n’est pas le cas. Malheureusement, pendant qu’on parle de laïcité, de taxis, de pays et autres sujets populaires, on ne met pas de pression pour optimiser les soins et le soutien aux personnes en détresse.

Le système n’aura peut-être pas sauvé Émilie, mais souhaitons que ses mots puissants puissent éveiller davantage les consciences.

Si vous avez besoin d’aide, pour vous ou pour un proche, composez le 1 866 APPELLE.