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CAQ : Frapper le petit monde et aider les grands 2e partie

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Les élus sont tous pareils

Du PLQ au PQ en passant par la CAQ, c’est toujours la même chose. Ils s’empressent allègrement et avec fierté de frapper le monde ordinaire, orphelin politiquement et sans pouvoir véritable, afin de les appauvrir davantage. Ils reculent devant le monde extraordinaire et le patronat, d’où souvent ils proviennent et qui les commandite, afin de les enrichir encore plus. Et voguent les inégalités économiques. Il faut tout réingénierier, adapter et moderniser qu’ils disent, même les taxis. 

Les chauffeurs de taxi vous dites? Ce ne sont que des gens modestes qui gagnent difficilement leur vie. Alors, la CAQ s’empresse de voter une loi au profit de Uber afin de supposément « moderniser » l’industrie. Bravo, on mettra ainsi en concurrence des gens composés de chauffeurs à temps plein et des chauffeurs occasionnels qui arrondiront ainsi leur fin de mois. Des personnes qui se « concurrenceront » pour le plus petit dénominateur commun. Ils sont moins braves pour imiter et promouvoir une véritable concurrence dans des industries où l’on se fait carrément voler comme celles de l’essence, des banques, des pharmaceutiques, de l’internet, etc. « Manifestation des chauffeurs de taxi : le ministre caquiste Bonnardel reste ferme » (Le Journal de Montréal, 5 avril 2019). Mais quel courage! Celui-là même qui veut nommer une partie de l’autoroute 10 Jean Lapierre, lui qui a été son ami intime. Franchement. 

À la multinationale de l’aluminerie ABI, les boss mettent sauvagement en lockout leurs 1000 employés en janvier 2018, tout en continuant à s’abreuver aux subventions et aux tarifs d’électricité bonbons, et voilà que le premier ministre se décide enfin à intervenir dans ce conflit. Sans surprise, il prend la part de l’employeur : « Lockout à ABI. François Legault blâme... le syndicat » (Le Devoir, 3 avril 2019). Pas nouveau, ça fait partie de leurs gènes idéologiques comme dans : « La CAQ ne répugne pas à affronter les syndicats » (Le Devoir, 17 avril 2012). Mais copain-copain et serviable avec d’autres.

Et aussi afin d’aider les plus riches, la CAQ se dépêche à leur offrir un beau cadeau de 900 millions $ en fonds publics : « Legault pressé de réduire la taxe scolaire » (Le Devoir, 15 novembre 2018). La CAQ savait pertinemment que ça n’aiderait nullement le monde ordinaire et les locataires : « Baisses des taxes scolaires : pas d’effet direct (et même indirect) sur les locataires » (Le Soleil, 26 mars 2019). Ce n’est pas grave, car l’important est de toujours aider les pachas : « Taxes scolaires. Un beau cadeau pour les riches » (Le Journal de Montréal, 19 décembre 2018). 

Et quant aux infirmières, la CAQ les oblige à faire du temps supplémentaire, mais jamais au grand jamais le parti ne ferait ça aux médecins. Les caquistes ont trop de classe pour ça. Braves avec les lockoutés de ABI et les chauffeurs de taxi, mais plus peureux avec les médecins. Plus question pour la CAQ de baisser leurs salaires comme les caquistes l’avaient pourtant promis en pleine campagne électorale. 

Plus timides avec les grands : les options d’achat d’actions

Bravo à Justin Trudeau de mettre fin, enfin, à une odieuse échappatoire fiscale qui permettait à une poignée de dirigeants d’entreprises inscrits à la Bourse de se faire payer leur salaire en actions plutôt que par chèque de paie comme tout le monde. Ainsi, seulement la moitié de leur salaire était imposable, car le fisc considérait ça comme un gain en capital. Ils jouissent ainsi d’un taux d’impôt réel inférieur au travailleur ordinaire. Pour satisfaire ainsi ces boss, qui déjà gagnent plusieurs millions de dollars par année, cette vache sacrée coûtait plus d’un milliard de dollars, oui un milliard, en manque à gagner fiscal chaque année. Encore bravo au Parti libéral du Canada d’avoir mis fin à cette arnaque fiscale. 

Et au Québec, qu’est-ce que la CAQ va faire que vous me demandez? Si elle faisait comme au fédéral, Québec irait chercher 250 millions $ par année de plus en recettes fiscales. Mais l’ex-banquier ministre caquiste des Finances, Éric Girard, et son chef Legault, n’ont pas daigné suivre la nouvelle pratique fiscale d’Ottawa, comme on le fait habituellement aux fins d’harmonisation. Dans ce cas, la CAQ démontre moins d’empressement. Les ministres caquistes sont occupés à légiférer afin de « moderniser » les chauffeurs de taxis et à implanter les maternelles à 4 ans que personne n’a demandées. On ne manque pas cruellement seulement d’infirmières et d’enseignants, mais aussi de suppléants : « La pénurie de suppléants s’aggrave » (Le Journal de Montréal, 8 avril 2019). Ils vont les prendre où les professeurs? Peut-être en vidant les centres de la petite enfance (CPE)? Idéologie quand tu nous tiens. Et pourtant Legault et sa gang sont censés être des gens pragmatiques. 

Le Klondike pour les pseudo-immigrés investisseurs

Voilà un autre programme en place depuis plus de 30 ans qui coûte chaque année des millions de dollars en fonds publics au Québec, mais qui rapporte beaucoup aux institutions financières, comme Desjardins et la Banque Nationale, aux professionnels (avocats et comptables) et aux consultants en immigration. Allô gros riches qui s’en viennent au Québec alors que ces supposés gros investisseurs déclarent annuellement des revenus fiscaux de 21 856 $ l’an contre 47 500 $ pour le Canadien moyen. De 1991 à 2016, 58 000 immigrants sont venus ainsi au Québec en vertu de ce programme ridicule, mais seulement 10 % y sont demeurés, les autres préférant l’Ontario et la Colombie-Britannique. Ces pseudo-investisseurs, partout où ils passent, alimentent la spéculation immobilière faisant alors grimper le prix des maisons et des loyers. La belle affaire. Sans compter ceux qui achètent des dépanneurs. 

Ce programme d’immigration est tellement mauvais et coûteux que toutes les autres provinces l’ont aboli, même Stephen Harper au fédéral en 2012 alors qu’il était très ouvert à la business. Loin de créer de la richesse, ce programme créé de la pauvreté. Bien évidemment, le PLQ n’a jamais voulu abolir ce programme inutile, même dans ses années d’austérité où ils coupaient partout dans nos services publics, trop contents d’accueillir des nouveaux électeurs allophones qui voteraient du bon bord. Et la CAQ, pas mieux que le PLQ : « Un programme brisé que Québec (la CAQ) refuse de réparer » (Le Journal de Montréal, 6 avril 2019). Il ne faut pas seulement le réparer, il faut l’annuler devant le fiasco évident. Harper au fédéral et toutes les autres provinces l’ont aboli sauf le Québec et le PLAQ ainsi que la CAQ. À moins que nous soyons les seuls à avoir raison?

Comme ce programme est payant pour les grands comme les banques et les professionnels de tout acabit qui se paient des lobbyistes, des firmes de relations publiques, des reportages dans les médias et des universitaires, alors nos élus et la CAQ sont plus timides. Quelle merveilleuse opinion publiée par Pierre Fortin dans La Presse du 18 septembre 2007 : « Des immigrants en or! Il faut plus de ressources pour accueillir plus d’immigrants investisseurs (qui déclarent des revenus de 21 856 $ l’an) afin d’en maximiser les retombées économiques (pour qui?) et démographiques (même si 90 % d’entre eux quittent le Québec) ». 

Le bordel informatique qui profite au gros privé

Du temps que la CAQ et le pitbull Éric Caire étaient dans l’opposition, ils condamnaient sans cesse cette sous-traitance informatique à des gros du privé comme IBM, Accenture et Oracle, et avec raison : « Un méga bordel informatique. Le projet RENIR coûtera au moins 1 milliard $ (en fonds publics) » (Le Journal de Montréal, 14 décembre 2018). Maintenant au pouvoir, la CAQ ne bouge pas et a changé son fusil d’épaule, afin d’avantager qui? Puis, sous le charme de : « Amazon déploie 20 lobbyistes au Québec » (Le Journal de Montréal, 7 février 2018). Et malgré les risques flagrants, la CAQ va privatiser comme ça sans aucune étude sérieuse à l’américaine Amazon toutes les données personnelles des Québécois. Enfin même si c’est au Québec que les tarifs sont les plus bas au Canada, pas question de déplaire encore une fois aux grands : « Une semaine après l’avoir promis, la CAQ ne veut plus augmenter les redevances sur l’eau » (Radio-Canada, 25 septembre 2018). Seuls les fous ne changent pas d’idée, non? Et pour finir un autre cadeau sur notre bras offert par la CAQ : « Un rabais (et un gros) d’électricité aux entreprises de 2 milliards $ » (Le Journal de Montréal, 9 avril 2019).