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Montréal pourra saisir deux chiens de type pitbull «à risque»

Mohamed Taleb, Propriétaire des chiens
Photo Martin Alarie Mohamed Taleb, Propriétaire des chiens

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Après quatre mois de procédures, la Ville de Montréal pourra finalement saisir de force deux chiens de type pitbull considérés « à risque» afin de les évaluer, au grand dam du propriétaire.

« C’est juste trop pour moi, il n’y a pas eu de morsure, le chien n’allait pas mordre ! » s’est exclamé Mohamed Taleb, jeudi au palais de justice de Montréal.

Juste avant, un juge a ordonné la saisie de ses chiens de race American bully, prénommés Boogie et Beamer. La Ville essaye depuis des mois d’évaluer leur dangerosité, puisque l’un d’eux a tenté de mordre un homme en janvier.

Tentative de morsure

Ce jour-là, le propriétaire d’un immeuble à logements allait chercher son courrier quand Boogie aurait sauté sur l’homme pour tenter de le mordre.

Le propriétaire a réussi à éviter les crocs, mais l’animal a quand même réussi à déchirer le pantalon de l’homme. Depuis, une locataire de l’immeuble d’Anjou qui a assisté à la scène dit craindre pour sa sécurité.

« M. Taleb n’a pas de permis pour ses deux chiens », a rappelé l’avocat de la Ville de Montréal, Ghislain Ouimet.

Il devait faire évaluer la dangerosité de ses bêtes, mais il ne s’est jamais présenté aux deux rendez-vous, si bien que la Ville a dû faire appel aux tribunaux.

La faute aux autres

M. Taleb a assuré durant l’audience de jeudi que son chien Boogie n’était pas dangereux et que tout était de la faute de l’homme.

« C’est le propriétaire qui s’est approché de ma femme [qui tenait le chien en laisse] », s’est-il exclamé devant le juge Yves Poirier.

Quant aux rendez-vous d’évaluation manqués, il a raconté que les dates ne l’arrangeaient pas.

« J’avais laissé un message, mais tout le monde était en vacances », a dit M. Taleb en coupant le magistrat qui essayait de lui expliquer la situation.

Et s’il est arrivé en retard à la cour jeudi, si bien que l’on a procédé à l’analyse du dossier d’abord sans lui, c’était à cause des embouteillages et du stationnement, a-t-il dit.

« Je suis un jeune homme de 32 ans, est-ce que vous pensez que j’ai le temps pour ça ? » a-t-il lancé tout en assurant qu’il était prêt à collaborer avec la Ville.

Le juge a patiemment écouté M. Taleb, mais il a refusé de modifier sa décision.

M. Taleb a quitté le palais de justice visiblement mécontent, en refusant de commenter davantage l’affaire. Sa conjointe, de son côté, a quitté les lieux en insultant les médias présents sur place.