/news/politics
Navigation

Congédiement de Louis Robert: le président des Producteurs de grains quitte le CEROM

Congédiement de Louis Robert: le président des Producteurs de grains quitte le CEROM
Simon Clark/Agence QMI

Coup d'oeil sur cet article

Directement visé par les révélations du lanceur d’alerte Louis Robert, le président des Producteurs de grains du Québec, Christian Overbeek, a quitté mercredi ses fonctions à la tête du Centre de recherche sur les grains (CÉROM), a annoncé le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne.

Dans le cadre de l’étude des crédits de son ministère, le ministre a été questionné par la porte-parole libérale en matière d’agriculture, Marie Montpetit, qui lui a demandé s’il était à l’aise avec la présence de cet important lobbyiste au poste de président du conseil d’administration d’un centre de recherche financé à 68% par des fonds publics.

«Madame la députée, je serais certainement très mal à l’aise avec ça. C’est pour ça que depuis hier soir, suite à l’assemblée annuelle du CÉROM, le président actuel des Producteurs de grain non seulement n’est plus président du CÉROM, mais non plus n’est plus membre du conseil d’administration du CÉROM», a déclaré le ministre.

Christian Overbeek était au cœur des accusations d’ingérence de l’industrie privée dans la recherche publique sur les pesticides, révélé par Radio-Canada. L’agronome Louis Robert a ensuite été congédié par le ministère de l’Agriculture, en janvier, après qu’il ait admis avoir transmis le document confidentiel à l’origine des révélations.  

Dans la tourmente, le président des Producteurs de grains avait lui-même proposé que les postes de dirigeants du conseil d’administration du CÉROM (président, vice-président, trésorier et secrétaire) soient dorénavant occupés par des administrateurs indépendants, ce qui le disqualifie d’emblée. 

Indépendance des dirigeants

Questionné à savoir s’il compte interdire la présence d’acteurs du privé dans les postes décisionnels des autres centres de recherche du Québec, le ministre Lamontagne a affirmé que ceux-ci doivent conserver un lien avec l’industrie, afin d’assurer le transfert des connaissances. «Ce qui est important, c’est que dans la gouvernance de chacun des centres, que l’on retrouve une majorité d’administrateurs qui sont réputés reconnus comme étant indépendants. Et puis, à l’exemple de ce que le CÉROM a accepté, c’est que les postes de présidence et de vice-présidence ne soient jamais occupés par un administrateur qui n’est pas indépendant.»

Le ministre de l’Agriculture a refusé de répondre aux questions du Journal à la fin de l’audience.

Louis Robert: le ministre refuse de répondre

Un peu plus tôt, le ministre Lamontagne avait également refusé de répondre aux questions de l’opposition officielle concernant les circonstances du congédiement de Louis Robert. Marie Montpetit a notamment voulu savoir à quel moment le ministre a été avisé du congédiement de M. Robert, sans succès. «J’invite la collègue à la patience, parce que la Protectrice du citoyen va certainement répondre à toutes les questions», a répliqué le ministre Lamontagne.

En février dernier, le ministre Lamontagne s’est retrouvé dans l’eau chaude quand il a affirmé avoir autorisé lui-même le congédiement de l’agronome. Le ministre avait ensuite changé sa version des faits quelques jours plus tard, disant s’être «mal exprimé». Il a expliqué que le sous-ministre l’avait simplement informé du congédiement. La Protectrice du citoyen a ensuite ouvert une enquête «sur le traitement des divulgations au sein du ministère».

Mais Marie Montpetit n’est pas rassurée. «On n’a aucune confirmation, à l’heure actuelle, malheureusement, que ce rapport va être rendu public», dit-elle en entrevue. De plus, le mandat de la Protectrice n’est pas connu, ajoute la députée. «C’est inquiétant pour les fonctionnaires du Québec, pour ceux qui ont de l’information à donner», dit-elle.