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Le succès dans la continuité

Steve Hartley poursuit ce que Dominique Ducharme avait commencé avec les Voltigeurs de Drummondville

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 DRUMMONDVILLE | Dominique Ducharme a de la suite dans les idées. Quand il a quitté les Mooseheads de Halifax pour se joindre aux Voltigeurs de Drummondville, en 2016, il a embauché deux hommes qu’il voyait comme ses successeurs dans les fonctions de directeur général et d’entraîneur en chef, dans l’alternative où il recevrait un appel des grandes ligues. 

 Les Voltigeurs étant en bonne position, il était important pour lui que l’organisation poursuive dans la continuité. 

 Stéphane Desroches lui a succédé au poste de DG et Steve Hartley dans le rôle d’entraîneur lorsque le Canadien lui a offert de travailler aux côtés de Claude Julien. 

 Il se sentait prêt 

 Hartley fait le récit des événements. 

 « On avait déjà eu des discussions, mais je mentirais en disant que l’on m’avait donné l’assurance que le poste de coach me reviendrait. 

 Avec les effectifs qui étaient en place, la direction aurait pu se tourner vers un homme d’expérience. Or, à ce que je sache, la direction n’a interviewé personne d’autre. 

 Je suis reconnaissant envers l’organisation. C’est un beau témoignage de confiance à mon endroit. Je suis très heureux d’être dans la chaise que j’occupe. 

 Je me sentais prêt avec le bagage d’expérience que j’avais acquis comme adjoint à Halifax et ici à Drummondville, ainsi qu’au niveau midget AAA en tant qu’entraîneur en chef. » 

 Saison de rêve 

 Hartley avait 32 ans au moment de sa nomination. À 33 ans, il est l’entraîneur le plus jeune de la Ligue de hockey junior et l’un des plus jeunes dans l’histoire des Voltigeurs. 

 Il a maintenu en poste comme adjoints Ryan Falkenham, qui n’a que 23 ans, et Olivier Michaud, que l’on a vu durant une période devant le filet du Canadien durant un match à Edmonton, lors de la saison 2001-2002. Il est allé en chercher un troisième en Steve Bégin, dont je vous parlerai au cours des prochains jours. 

 La transition s’est faite comme un charme, ceci dit sans vouloir faire un jeu de mots. Les astres étaient bien alignés. 

 « Habituellement, quand un nouvel entraîneur s’amène, c’est pour ramasser les pots cassés », continue Hartley en souriant. 

 « Je me retrouvais dans une position de choix. Je commençais avec une équipe qui arrivait à maturité, une formation que l’on avait bâtie avec Dominique et Stéphane. 

 J’étais content de me retrouver dans cette situation. Le but était de continuer ce que Dominique avait commencé. » 

 Les Voltigeurs ont terminé en tête de la division Centrale et deuxièmes au classement général avec 107 points cette saison. 

 Passionné comme son père  

 Bien sûr, on ne peut parler de Hartley sans faire un parallèle avec son père, Bob. S’il a embrassé la même carrière, la ressemblance s’arrête là. 

 Le fils est fait fort physiquement. 

 « Je suis un Morris, tout le monde me dit que je tiens du côté de ma mère », mentionne-t-il à cet égard. 

 Hartley se voit dans le coaching aussi longtemps que son paternel. 

 Et comme lui, il est prêt à aller partout où le métier l’enverra. Peut-être aussi loin qu’en Russie, où son père dirige l’Avangaard d’Omsk, qui tire de l’arrière par deux matchs contre le club de l’Armée rouge, en finale de la KHL. 

 « C’est drôle que l’on parle de ça », dit-il. 

 « L’autre jour, je faisais un tour d’horizon des endroits où le hockey m’a amené. Depuis l’âge de 15 ou 16 ans, je ne suis jamais resté plus de trois ans à la même place (adjoint de Dominique Ducharme à Halifax). 

 Ça demande une conjointe compréhensive. J’ai cette chance, tout comme mon père avec ma mère. Qu’on le veuille ou non, ce n’est pas facile pour elles. 

 Ma femme avait un emploi à temps plein à l’hôpital de Joliette quand elle est venue me rejoindre à Halifax. Je venais de signer un nouveau contrat de deux ans quand je suis devenu entraîneur en chef des Grenadiers de Châteauguay (Ligue midget AAA). 

 Après deux ans, on a pris le chemin de Drummondville. Ce n’est pas ce qu’on appelle de la constance au niveau familial, mais on ne sait jamais ce qui nous attend dans le hockey. On sait quand on est embauché, mais on ne sait jamais quand ça va se terminer. 

 Je suis conscient des risques du métier, mais c’est une passion. Pour moi, ce n’est pas un travail. Je ne me présente pas au travail à reculons. Je suis content de travailler avec Steve Bégin, Denis Gauthier et Stéphane Desroches. » 

 Grand-papa gâteau 

 Pendant ce temps, son père appelle de Russie tous les jours pour parler avec sa petite-fille âgée d’un an. 

 « Papi est très heureux ! » dit son fils. 

 « Il parle à sa petite-fille tous les matins et jusqu’à deux ou trois fois par jour via Facetime. » 

 Steve voit son père avec un œil différent depuis l’arrivée de la petite dans la famille. 

 « Ça l’a complètement changé », continue-t-il. 

 « Mon père est une bonne personne. Il avait des attentes envers moi en tant que père. J’ai toujours eu ce dont j’avais besoin. Il était exigeant comme entraîneur. 

 Je le vois aller avec ma fille et c’est une autre personne. On voit qu’il a le cœur à la bonne place. » 

 Comme on se retrouve... 

 Le hockey est un petit monde. Tout le monde se connaît. À compter de demain soir, Steve Hartley sera opposé à Éric Veilleux, un vieil ami de sa famille, dans le premier match de la demi-finale entre les Voltigeurs de Drummondville et les Mooseheads de Halifax au Centre Marcel-Dionne. 

 « Ça va être spécial, mais ça ne changera rien en termes de compétition », dit Hartley. 

 « Éric a joué sous les ordres de mon père et je l’ai eu comme entraîneur. Je l’ai connu alors que j’étais pratiquement aux couches. » 

 C’est une façon de parler. Steve avait trois ou quatre ans quand Veilleux a évolué sous la direction de son père avec les Hawks de Hawkesbury, au niveau junior AAA. Il l’a suivi ensuite avec le Titan de Laval. 

 Deux équipes semblables 

 L’affrontement entre les Voltigeurs et les Mooseheads devrait donner lieu à un très bon spectacle. 

 « Les deux équipes se ressemblent beaucoup », indique Hartley. 

 « Seulement cinq points nous séparaient au classement. La série va se jouer sur les petits détails. On marque beaucoup de buts et on en accorde peu. C’est la même chose pour eux. 

 Les Mooseheads sont bien dirigés. Je m’attends à une guerre de tranchées. La vitesse est notre qualité première et il sera important de s’en servir. » 

 Équipe hôte du prochain tournoi de la Coupe Memorial, les Mooseheads ont eu la frousse en première ronde des séries. Ils ont comblé des déficits de 0-2 et de 2-3 pour finalement venir à bout des Remparts de Québec. En deuxième ronde, ils ont balayé les Wildcats de Moncton en quatre matchs. 

 Raphaël Lavoie, classé premier joueur de la LHJMQ au prochain repêchage de la LNH, occupe le deuxième rang des marqueurs avec 20 points en 11 matchs. 

 Les Voltigeurs ont pour leur part éliminé les Olympiques de Gatineau au premier tour et le Phoenix de Sherbrooke en deuxième ronde, les deux fois en cinq matchs. 

 Maxime Comtois totalise 11 points, dont 8 buts, en 10 rencontres.