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N’importe quoi sur Cuba

Trinidad, Cuba
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Que l’administration Trump raconte n’importe quoi à sa propre population n’étonne plus personne. Mais cette administration vient d’atteindre un nouvel abîme de propagande, cette fois-ci aux dépens de Cuba et des pays qui commercent avec cette l’île.

Tous le monde sait que Cuba est une dictature communiste. Une dictature plutôt modérée en regard des excès qui ont frappé l’Union soviétique ou la Chine, mais une dictature quand même.

Or ne voilà-t-il pas que le brave Secrétaire d’État américain a annoncé qu'il voulait réactiver le Chapitre III de la loi Helms-Burton de 1996. Ce chapitre permet à des Américains de poursuivre des compagnies étrangères qui transigent avec des compagnies cubaines dont les actifs seraient en partie composés de biens autrefois américains et aujourd’hui nationalisés. 

Et le très cher Mike Pompeo a le culot d’ajouter que cette loi sera désormais appliquée parce que Cuba appuie le gouvernement de Nicolas Maduro, au Venezuela. 

L’argument est tellement stupide qu’on ne sait trop par quel bout le prendre pour démontrer combien il va heurter les intérêts des Américains et de leurs alliés.

Castro a mis les bandits à la porte

Il faut toujours rappeler que Fidel Castro a bouté dehors une mafia américano-cubaine qui laissait le pays dans un état lamentable, tandis que ces bandits (le mot n’est pas trop fort), s’en mettaient plein les poches. Il faut aussi rappeler qu’avant de se tourner vers l’Union soviétique, Castro avait en vain tenté d’obtenir un certain soutien du gouvernement américain.

Les nationalisations du régime communiste cubain ont redonné à Cuba les moyens de se développer. On dira qu’une nomenklatura cubaine profite maintenant de la richesse du pays. Cette observation est juste, mais les Cubains vivent infiniment mieux sous ce régime communiste dictatorial que sous le règne des bandits qui volaient le pays auparavant. Ce qui ne signifie pas que le régime actuel soit mieux qu’une démocratie véritable. Mais ce n’est pas ce qui existait auparavant.

Bref, la cause des États-Unis à Cuba est insoutenable parce qu'elle appuie les intérêts de maffieux et de leurs descendants.

Argument illogique

Ensuite, il faudrait que quelqu’un signale à Mike Pompeo que les États-Unis ne se sont jamais empêchés d’avoir de fructueuses relations avec des régimes dictatoriaux. L’Arabie saoudite en constitue un bel exemple. Pourquoi viser Cuba plus que d’autres régimes qui sont bien pires ?

Quant au soutien de Cuba au gouvernement de Maduro, il faut peut-être expliquer à Pompeo que la Chine et la Russie sont aussi les piliers internationaux de ce régime. Pourtant personne ne parle de punir la Chine et la Russie parce qu’elles soutiennent le gouvernement de Maduro. Si l’argument vaut pour Cuba, pourquoi ne vaut-t-il pas pour la Chine ou pour la Russie ? 

Trump méprise les alliés des États-Unis

Dans sa grande habileté, le gouvernement Trump menace de poursuivre toutes les compagnies étrangères qui font des affaires avec compagnies cubaines qui posséderaient des actifs autrefois américains. Autant dire toutes les compagnies cubaines.

Après les sanctions contre l’Iran, voici donc les États-Unis en croisade contre Cuba, avec au fond les mêmes menaces de représailles contre des alliés qui ne les suivraient pas.

Sauf que si l’argumentation américaine contre l’Iran pouvait tenir debout, ce n’est pas du tout le cas face à Cuba. Ou alors les États-Unis devraient rompre leurs relations avec la majorité des pays du monde et en particulier avec la Chine.

Les motifs intérieurs

L’administration Trump ne s’attaque pas à Cuba en suivant une logique internationale. Elle s’attaque à Cuba uniquement pour répondre aux doléances des descendants des Cubains qui ont été chassés par Castro. Parce que ces gens ont une influence assez forte sur l’électorat latino-américain, en particulier en Floride.

Ce faisant, Trump n’hésite pas à s’aliéner encore davantage les alliés des États-Unis.

Comme d’habitude, l’administration Trumps soulève un véritable problème, celui du régime Maduro. Mais comme d’habitude, son remède est pire que le mal qu’il est censé combattre.

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Aucun pays ne peut endurer longtemps ce genre de chantage. Après Cuba, quelle sera la prochaine cible de l’administration Trump ?

Le Canada, l’Allemagne, le Japon et la France viennent de créer une nouvelle alliance qui vise à faire contrepoids aux politiques internationales débiles de Donald Trump. Ces pays ont compris que seul le multilatéralisme des grandes démocraties pouvait s’opposer à la folie déstabilisatrice d’un Trump ou à l’ambition insatiable d’un Xi Jinping.