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Non, tout simplement...

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Les élus municipaux de Montréal réalisent-ils à quel point ils ont choqué des centaines de milliers de leurs concitoyens ?

À l’unanimité, ils ont dit leur opposition au projet de loi sur la laïcité envisagé par le gouvernement Legault.

À l’unanimité !

Ils se sont imaginé qu’ils enverraient un message « fort ». Oui, mais pas celui qu’ils pensaient.

Représentativité ?

Dès qu’il est question de religion, l’unanimité est impossible et les compromis deviennent difficiles.

Vous aurez des gens pour ceci, des gens contre cela, avec toutes sortes d’arguments. Normal et inévitable.

Est-on en droit de s’attendre à ce que les élus reflètent cette diversité des opinions ? Oui, évidemment.

C’est le cas de ceux de l’Assemblée­­­ nationale : PLQ et QS sont contre, CAQ et PQ sont pour.

Et à l’Hôtel de Ville de Montréal ? Zéro diversité ! Pas un élu municipal pour le projet de loi !

Un vote à 100 %, comme dans les régimes non démocratiques !

Pourtant, est-ce que tous les Montréalais s’opposent au projet de loi ? Bien sûr que non !

Les élus municipaux se sont-ils arrêtés un instant pour se demander si leur vote reflétait l’état d’esprit de leur population ?

N’était-ce pas le strict minimum ?

Ils ont plutôt affiché leur totale déconnexion face à une partie de leurs électeurs.

Il n’y a même pas eu un élu pour s’abstenir en guise d’invitation à la prudence, ou pour traduire l’existence d’un point de vue contraire.

Il arrive certes que des assemblées délibérantes adoptent des motions unanimes, mais généralement pas sur des mesures structurantes de refondation du rapport entre la loi civile et la foi.

Les élus montréalais ont aussi affiché leur complète déconnexion face au reste du Québec et, sans s’en rendre compte, leur total mépris de l’État québécois, comme Richard Martineau le notait hier.

Dans ce vote absurde et choquant, il y avait en effet un non-dit, un message implicite.

Ce message, c’est : dès que le gouvernement du Québec veut quelque chose qui ne nous convient pas, nous exigeons d’être traités différemment du reste du Québec.

Au fond, ce n’est pas étonnant que ce soit de Montréal seulement qu’aient surgi les outrances verbales des derniers jours : « nettoyage ethnique », « racisme », « xénophobie », « islamophobie » !

Pas d’exception

Ce n’est pas étonnant non plus que cela survienne sous l’administration Plante.

Après tout, les Montréalais sont gouvernés par une femme qui ne voyait pas la nécessité de déployer le drapeau du Québec à l’hôtel de ville, alors que les municipalités sont une responsabilité du gouvernement québécois, qui s’est dite « surprise » du tollé suscité par son discours uniquement en anglais, qui veut nous faire croire qu’elle a pris 6 jours pour condamner les propos inqualifiables du maire de Hampstead... parce qu’elle était en Argentine... à l’ère de la communication instantanée.

Sur la laïcité, un statut d’excep­tion pour Montréal serait aussi ridicule que si la loi 101 s’appliquait partout au Québec sauf dans la métropole, alors que c’est seulement là que le français est menacé.

Le gouvernement Legault doit dire non aux élus montréalais. Tout simplement.