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Zdeno Chara, un homme fascinant

Zdeno Chara
Photo tirée d'Instagram

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TORONTO | Zdeno Chara portait une petite épinglette sur son veston avec le numéro 7 de Ted Lindsay. C’était le matin du quatrième match entre les Bruins et les Maple Leafs au Scotiabank Arena.

Lindsay n’a jamais joué pour les Bruins de Boston. Comme Gordie Howe, il est essentiellement lié aux Red Wings de Detroit. Mais Chara connaît son histoire et celle de la LNH, une ligue où il a maintenant la chance de jouer depuis 21 saisons. 

«Monsieur Lindsay a fait un immense travail pour la reconnaissance des joueurs en aidant à former l’Association des joueurs à la fin des années 1950, a rappelé le capitaine des Bruins. Il a agi comme un pionnier, il était un ambassadeur. C’est simplement une marque de reconnaissance de ma part. Une façon de le remercier.» 

Lindsay a rendu l’âme le 4 mars dernier à l’âge de 93 ans. 

Un autre monde

Cette petite anecdote de l’épinglette de Ted Lindsay prend un sens encore plus important quand on réalise d’où vient Chara. Le géant défenseur a vu le jour le 18 mars 1977 à Trencin, en Slovaquie. À cette époque, c’était la Tchécoslovaquie. C’était aussi le rideau de fer et l’emprise de l’URSS. Chara n’a donc jamais lu un livre sur Maurice Richard, Jean Béliveau, Gordie Howe, Ted Lindsay ou Bobby Orr dans sa tendre enfance. 

«Non, je ne connaissais pas l’histoire de la LNH dans ma jeunesse, a répliqué Chara. Je ne savais même pas que la LNH existait, il n’y avait aucune couverture. Il faut replonger dans le temps. Nous étions toujours sous l’emprise du régime communiste. Tout ce qui provenait de l’extérieur du bloc communiste était illégal. Plus tard, les barrières sont tombées. J’ai commencé à voir des images de la NBA et de la LNH. Je découvrais de nouvelles choses.» 

«Mais encore là, c’était difficile d’en trouver, a-t-il continué. Au départ, je regardais plus les séries de la NBA avec les Bulls de Chicago. Ensuite, je pouvais suivre un peu la LNH. Il y avait juste deux postes à la télévision en Slovaquie, le 1 et le 2. Dans les années 1990, les Russes, Tchèques et Slovaques ont commencé à traverser dans la LNH. C’était plus facile à suivre à partir de ce moment. Juste pour vous donner une idée, c’était spécial de porter des jeans dans ma jeunesse. C’était un autre monde.» 

Polyglotte

Chara a donc fait ses recherches sur l’histoire de la LNH. Il n’a pas juste un don pour le hockey, il est aussi un homme intelligent et cultivé. Il parle couramment le slovaque, le tchèque, le russe et l’anglais. Il se débrouille également en polonais, en allemand et en suédois. 

Il a d’autres passions que le hockey. Plus jeune, il jouait au basketball, au soccer, au tennis, au volleyball et il s’exerçait aussi au sport favori de son père, la lutte gréco-romaine. 

«Si je n’avais pas joué au hockey, j’aurais probablement suivi les traces de mon père en devenant un lutteur, a-t-il dit. Ça faisait partie de mon quotidien. Je suivais mon père au gymnase, il était un entraîneur. Mon père s’était blessé à un pouce avant les Jeux olympiques de Montréal en 1976. Il était un très bon lutteur. Il a gagné 10 ou 11 fois, si je ne fais pas erreur, sa division de poids en Tchécoslovaquie. Il avait beaucoup de talent.» 

Infatigable

Sur le plan alimentaire, Chara a coupé le poisson, la viande, les œufs et les produits laitiers depuis quelques années. C’est l’un des secrets de sa longévité, selon lui. Le collègue Kevin Paul Dupont, du Boston Globe, a également précisé que Chara ne boit pratiquement jamais d’alcool, se permettant une bouteille par année d’un saké japonais. 

À 42 ans, Chara était le deuxième joueur le plus âgé de la LNH cette année après Matt Cullen. Si ce dernier n’a pas de contrat pour l’an prochain, le Slovaque a déjà accepté une prolongation de contrat pour la saison prochaine avec les Bruins. 

«J’ai le temps de prendre un peu de recul et de me réjouir de ma longue carrière, a-t-il mentionné. J’aime tellement le hockey, je suis un passionné. J’aime la compétition, j’aime gagner, j’aime la camaraderie au sein d’un vestiaire. C’est quelque chose qui est en moi. Je suis une personne fière et je veux rester un joueur important. Je suis heureux de jouer encore dans la LNH à 42 ans.» 

Cette passion pour le hockey, le capitaine des Bruins l’a démontrée en fin de troisième période lors du quatrième match quand il a rassemblé ses coéquipiers au banc pour y aller d’un rapide discours. Il a joué son rôle de capitaine à la perfection. Dans ce match, il a marqué son premier but des séries, devenant le plus vieux défenseur à inscrire un but gagnant en séries. Il a terminé sa rencontre avec un temps de jeu de 24 min 12 s et cinq mises en échec. 

Quand Marc Bergevin regarde Chara, il doit se croiser les doigts pour que Shea Weber suive ses traces...