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Faire les courses sur Saint-Laurent

Avant Après
Photo d'archives de la Ville de Montréal, VM94-Z100
Photo Chantal Poirier

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Le marché chic du grand boulevard

« Le plus spacieux, le plus propre et le mieux administré en ville ! » C’est ainsi qu’on qualifie le marché Saint-Laurent en 1902 dans un reportage flatteur de l’Album universel, un périodique familial en vogue. Le marché est établi en 1829 sur le boulevard Saint-Laurent, au sud de la rue Sainte-Catherine. Environ 30 ans plus tard, en 1861, il est rénové en une halle de brique où l’on trouve principalement des viandes fraîches, du beurre, des volailles et des poissons. Au tournant du XXe siècle, on dit qu’il passe devant le marché plus de 60 000 personnes par jour, ce qui en fait l’un des plus achalandés. Il semble aussi qu’il attire les gourmets, connaisseurs et autres foodies des années 1900. On y trouve même une confiserie ! Des familles de ce qu’on commence à appeler la classe moyenne aisée viennent s’établir aux alentours et nul doute qu’elles constituent une bonne part de la clientèle du marché Saint-Laurent. L’établissement subit d’importantes rénovations dans les années 1930 et reste actif jusqu’à sa démolition, après 1960.

Tous les métiers : bouchers, poissonniers...

... et même fromagers se partagent les étals coquets du marché Saint-Laurent. Les maraîchers de fruits et légumes, quant à eux, s’installent autour de la halle les samedis pour satisfaire en un même endroit la clientèle qu’on dit soucieuse de la bonne alimentation de son foyer. En 1902, l’équipe du marché est aussi présentée dans le reportage de l’Album universel. On y indique que les revenus de l’établissement sont parmi les plus importants pour la Ville, après ceux du marché Bonsecours. En dollars de l’époque, il génère plus de 500 000 $ en viandes, 18 000 $ en fruits et légumes et 16 000 $ en volailles et poissons. L’intendant du marché, un nommé Biron, est donc responsable d’un demi-million de dollars de chiffre d’affaires, une somme impressionnante ! Les halles de marché sont alors la propriété de la Ville, qui loue les étals aux commerçants, entretient le bâtiment et perçoit les revenus.

Dans les environs...

Tout près de là gravitent d’autres commerces qui profitent de l’écosystème créé par le marché Saint-Laurent, d’un côté, et le Monument national, de l’autre. Les deux institutions attirent principalement la clientèle canadienne-française, mais les Montréalais de toutes langues et de toutes origines les fréquentent. Des boutiques de marchandises sèches, les fameux « dry goods », proposent porcelaine anglaise, nappes brodées de Paris, argenterie et autres accessoires de la table. De plus, on trouve parfois dans ces boutiques des denrées comme le thé, le café, et certains produits d’importation comme les biscuits ou l’huile d’olive. Un autre type d’établissement est visible sur les plans d’époque : les salons d’amusements et les cinémas ! Vues animées et salles de billard jalonnent déjà le secteur qui deviendra le cœur du Red Light montréalais dans les décennies qui viendront.