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Jean-Martin Fortier: «On montre aux gens ce qui se faisait avant»

SAVEURS - ferme des quatre temps
Photos courtoisie François Maisonneuve

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À la tête de la Ferme des Quatre-Temps, Jean-Martin Fortier est devenu l’ambassadeur de la culture maraîchère bio-intensive, qu’il a contribué à faire connaître grâce à la série Les fermiers, diffusée à Unis TV. Pour cette deuxième saison, il accueille de nouvelles recrues qu’il initiera à sa technique.

Si Jean-Martin Fortier a accepté de participer à une série télévisée comme Les fermiers, c’est avant tout pour que des images témoignent de la réalité qu’il vit depuis près de 20 ans.

«Mon but était de montrer toute la connaissance, la beauté et le dynamisme qu’il y a derrière notre travail pour que les gens réalisent à quel point c’est un métier beau et intéressant. Je souhaite que les gens aiment ce qu’on fait et que notre travail inspire ceux qui souhaitent se lancer dans ce domaine ou, tout simplement, acheter les produits issus de ce type d’agriculture.»

Après avoir grandi dans la grande banlieue de Montréal, Jean-Martin Fortier a choisi ce métier par intérêt.

«Je voulais être un peu en marge de la société, vivre dehors, et j’étais très intéressé par l’écologie et l’environnement. En ce qui me concerne, ce métier me permet d’aller dans la bonne direction. Aujourd’hui, il s’agit de répandre l’idée qu’on pourrait remplacer toute l’agriculture industrielle, qui pollue les rivières, qui détruit les terres et qui n’est pas très motivante, par une agriculture jeune, dynamique, entrepreneuriale et à échelle humaine.»

Changer les mentalités

Pour que la transition se fasse, il faut aussi que les consommateurs changent leur mentalité et leurs habitudes d’achat.

«On peut changer l’agriculture au Québec, mais ce changement passe aussi par les consommateurs. Si tout le monde veut manger des produits locaux et de saison, ça va fonctionner. Mais si les gens s’en foutent et veulent juste des bas prix, même si ce qu’ils mangent n’est que de la cochonnerie, ça n’arrivera pas.»

Jean-Martin Fortier pense aussi qu’en montrant la vaillance des producteurs et l’intelligence derrière les techniques d’agriculture, le public aura envie d’aller vers des produits de qualité.

«La plupart des gens qui goûtent des légumes cultivés autrement ont ensuite envie de produits de qualité qui ont meilleur goût. C’est la même chose avec les vins. On ne boit plus les mêmes vins qu’au temps de nos parents. Il y a eu une évolution dans les goûts, dans l’appréciation de la qualité. Je pense qu’on vit la même chose avec les légumes.»

Le mouvement qui conduit à la consommation d’aliments locaux et biologiques est en cours. «Une fois que les gens apprécient de bien manger, il n’y a pas de retour en arrière possible.»

Prosélytisme

La série Les fermiers montre le fonctionnement d’une ferme maraîchère, mais rien n’empêche les jardiniers en herbe d’y puiser conseils et savoir-faire.

«Il y a beaucoup d’outils et de techniques qu’on utilise à la ferme et dont les gens peuvent se servir pour leur jardin privé. Quand on plante des radis dans un potager ou dans une ferme maraîchère, c’est la même chose.»

D’ailleurs, la saison hivernale est une période chargée pour Jean-Martin Fortier, qui donne des conférences et propose des formations pour des jeunes qui ont envie d’adopter sa méthode. «Beaucoup de gens que j’ai formés sont maintenant dans d’autres pays, que ce soit en France ou en Nouvelle-Zélande, par exemple. Beaucoup de mes inspirations viennent de la France. Ici, le climat nous force à ajouter quelques couches, mais des milliers de fermes font la même chose que nous. On ne réinvente rien. C’est juste que les techniques se sont perdues, alors on montre aux gens ce qui se faisait avant.»