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La Caisse manque de transparence

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Dans son rapport annuel, la Caisse de dépôt et placement du Québec publie très peu d’informations financières sur ses trois grosses filiales, à savoir Ivanhoé Cambridge (un leader mondial de l’immobilier), Otéra Capital (un des plus grands prêteurs commerciaux canadiens) et CDPQ Infra (le maître d’œuvre du REM).

Pas question non plus pour la Caisse de publier les états financiers de ces filiales dans les rapports d’activités qui les concernent. Pourtant, on parle ici d’actifs nets de 45 milliards $, dont 34 milliards pour Ivanhoé Cambridge, quelque 4,5 milliards $ pour Otéra et 7 milliards $ pour CDPQ Infra.

CACHETTE ET DEVINETTE

La Caisse a omis en 2017 de rapporter dans son rapport annuel la rémunération de deux de ses hauts dirigeants les mieux payés. Quel flagrant manque de transparence !

Autre fait étonnant dans le rapport annuel 2018 : pour connaître la rémunération globale de deux hauts dirigeants qui résident à l’étranger, il faut que le lecteur fasse lui-même le calcul. Il doit additionner les « Autres formes de rémunération » que l’on retrouve en petits caractères à la fin du tableau portant sur la rémunération de la haute direction de la Caisse.

De plus, le lecteur doit sortir sa calculatrice pour convertir lui-même en dollars canadiens la rémunération des trois hauts dirigeants de la Caisse, qui sont payés en monnaie étrangère.

Entre nous, c’est quoi l’objectif de publier les salaires de ces dirigeants en euros, en livres anglaises et en roupies indiennes ?

Franchement ! je ne comprends pas que les auditeurs de la Caisse

acceptent pareil manque de clarté.

AUCUN AUDIT DE PERFORMANCE

Est-ce que la Caisse et ses filiales gèrent adéquatement la montagne de fonds publics qu’on leur confie ?

On ne le sait pas, car le bureau du Vérificateur général du Québec n’a jamais effectué d’audit de performance à la Caisse. Son rôle face à la Caisse se limite à exercer un droit de regard sur l’audit financier. Point à la ligne.

Imaginez-vous que la Caisse bénéficie d’un traitement privilégié qui la « protège » des griffes du Vérificateur dont la mission est de favoriser, par la vérification, le contrôle parlementaire sur les fonds et biens publics du gouvernement et de ses organismes.

En vertu de la Loi sur la Caisse, le Vérificateur général ne peut procéder à la vérification d’optimisation des ressources prévue par l’article 25 de la Loi sur le vérificateur général sans l’accord préalable du conseil d’administration de la Caisse, à moins qu’il n’y procède dans le cadre d’une demande du gouvernement ou du Conseil du trésor.

LA SOLUTION

À la suite notamment des troublantes révélations de notre Bureau d’enquête visant la filiale Otéra Capital, il serait peut-être temps de passer à l’acte.

Pour en avoir le cœur net, je propose que le gouvernement Legault demande à la vérificatrice générale, Guylaine Leclerc, d’effectuer un « audit de performance » sur les activités de la Caisse de dépôt et placement et de ses nombreuses filiales.