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Laïcité: le Canada aiguise ses couteaux

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 Il y a quelques jours, je me suis querellé avec mon ami Jonathan Trudeau sur les ondes de QUB Radio.

 Je venais d’écrire une chronique dans laquelle je disais que la réaction des opposants était tellement hystérique, tellement violente qu’elle avait réveillé le souverainiste qui sommeillait en moi. 

 «Plus je vous vois vomir votre haine et votre mépris du Québec, et plus ça m’apparaît clair: la seule façon de régler ce maudit problème une bonne fois pour toutes est de devenir un pays...» 

 1-0 POUR JO

 Ma chronique a fait sursauter Jonathan. 

 «Voyons Richard, je pense que tu te tiens trop avec Mathieu Bock-Côté! Tu parles comme si le Canada avait déclaré la guerre au Québec!» C’est faux. À part quelques commentateurs, les Canadiens ne parlent presque pas de la loi 21, ils ont d’autres chats à fouetter. 

 «Ce ne sont pas les Canadiens qui pourfendent le projet de loi de Legault, mais des Québécois! Des gens qui vivent ici!» 

 Jonathan (qui ne manque jamais une occasion de me taquiner et avec qui j’adore croiser le fer) a raison sur un point. 

 Politiquement, le Canada n’a pas répliqué à la loi 21. 

 Pour une simple et bonne raison: Justin Trudeau, qui tire de l’arrière dans les sondages, ne peut se mettre les Québécois à dos. 

 Il a besoin de nos votes. 

 Et contrairement à Valérie Plante, il est informé, il sait que 65% des Québécois appuient l’interdiction des signes religieux pour les employés de l’État en position d’autorité. 

 Alors, il se garde une petite gêne et n’a pas sorti ses gros canons. 

 Sur le fond, Justin Trudeau n’est pas d’accord avec la décision de François Legault, mais il respecte la légitimité de son gouvernement et le choix des Québécois. 

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

 1-1

 Mais, il y a un mais. 

 Le Canada n’a peut-être pas répondu politiquement, mais il va répondre juridiquement. 

 Jean-François Lisée a maintenant un balado dans lequel il commente l’actualité politique et revisite les grandes pages de l’histoire du Québec. 

 (Oui, mon cher Jonathan: non seulement je mange parfois avec Mathieu Bock-Côté, mais je me suis abonné au balado de Jean-François Lisée! Que veux-tu, je suis fou de même!) 

 Dans la dernière édition de son excellent balado politique, l’ex-chef du PQ parle du récent passage du constitutionnaliste québécois François Côté à la Constitutional Cases Conference 2018, à Toronto – un événement annuel rassemblant les plus grands juristes et constitutionnalistes du pays. 

 Me Côté y présentait une défense du projet de loi sur la laïcité. 

 Il a été reçu comme s’il était le diable en personne. 

 Tous les constitutionnalistes qu’il a rencontrés trouvent la loi 21 odieuse. Et ils n’attendent qu’une occasion – une contestation devant les tribunaux, par exemple – pour la tailler en pièces. 

 LA PROCHAINE BATAILLE

 Ce n’est pas Justin Trudeau qui va «faire la job» à la loi 21. 

 Ce sont les organismes de défense des droits de la personne qui vont la contester et les constitutionnalistes canadiens qui vont la démembrer. 

 Ils fourbissent déjà leurs armes et aiguisent leurs couteaux. 

 Et là, les séparatistes endormis ne vont pas juste se réveiller, Jo. 

 Ils vont rugir.