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Le grand amour fait vivre longtemps

Cette femme du Centre-du-Québec a eu deux flammes puissantes qui ont gardé son cœur jeune et en santé

Centenaire Drummondville
Caroline Lepage La centenaire Graziella Côté n’a pas peur de vivre seule dans sa maison de Drummondville.

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Ils ont atteint ou dépassé l’âge vénérable de 100 ans et ils charment par leur enthousiasme, leur aplomb et leurs histoires. Le Journal vous présente quatre portraits de centenaires québécois qui nous révèlent le secret de leur longévité.


DRUMMONDVILLE | Une centenaire du Centre-du-Québec, vivant encore seule et heureuse dans sa maison prétend que le secret de sa longévité est le grand amour, qu’elle a vécu deux fois.

Elle estime que son mariage avec Jean-Marie Joly est sa plus grande réussite.
Photo ccourtoisie
Elle estime que son mariage avec Jean-Marie Joly est sa plus grande réussite.

Quand elle était jeune fille, Graziella Côté rêvait de se marier avec Jean-Marie Joly, qu’elle avait remarqué durant un match de baseball. Avant le grand jour, cette fille de commerçants travaillait fort pour économiser en vue d’acheter des terrains qui ont servi à construire la maison et le commerce de la famille. C’est même elle qui a acheté les alliances pour les noces.

« Il avait du caractère, mais il ne m’a jamais dit de gros mots. Il me donnait tout ce que je voulais », confie la charmante dame.

En plus de s’occuper de « ses petits et ses chaudrons », cette femme éblouissait la galerie lors des soirées mondaines auxquelles elle était invitée, avec son mari, qui possédait une entreprise en construction.

« Ma mère avait des chapeaux, des valises de souliers. Ça n’avait pas de bon sens ! » s’exclame la fille de la centenaire, Mireille Joly.

Le 14 mai 1967, M. Joly est mort tragiquement le jour de la fête des Mères durant un voyage de pêche au lac Clair, dans Lanaudière. L’homme de 46 ans s’est asphyxié avec le gaz propane que dégageait accidentellement un réfrigérateur défectueux à l’intérieur du chalet familial.

À la suite du décès, Mme Côté s’est retroussé les manches.

« Il y a quelqu’un en haut qui m’aidait ! », dit cette femme pieuse.

Des pensionnaires

Pour faire vivre ses enfants, la quadragénaire avait aménagé des chambres au sous-sol de sa maison pour accueillir des pensionnaires, en plus d’héberger sa mère, qui lui avait légué son sens des affaires.

« On était une vingtaine dans la maison », dit celle qui ne s’est jamais plainte.

Elle a également eu la chance de revivre le grand amour avec son « beau Paul ».
Photo ccourtoisie
Elle a également eu la chance de revivre le grand amour avec son « beau Paul ».

Des années plus tard, le grand amour a de nouveau cogné à la porte de cette veuve. Le « beau Paul » s’est présenté chez elle à la recherche d’une chambre pour son ex-femme d’avec qui il venait de divorcer.

« Ce fut le coup de foudre ! » se rappelle-t-elle.

Cet homme, qui était 10 ans plus jeune qu’elle, lui a fait voir du pays.

Il l’a notamment emmenée en Floride où elle a acheté un condo, à Miami, vers 70 ans.

« J’ai vraiment eu du plaisir avec lui », dit celle qui a survécu à son deuxième grand amour, décédé à 77 ans.

Pendant une vingtaine d’années, Mme Côté passait six mois par an sous le soleil. Chaque jour, elle marchait 5 à 10 km sur la plage.

Seule dans sa maison

Une maladie des intestins a cependant forcé la retraitée à revenir en jet privé à Drummondville, où elle continuait de tondre sa pelouse et de corder son bois, dans sa maison sur le bord de l’eau.

« Les voisins n’en revenaient pas », commente cette femme à la santé de fer.

Âgée de 100 ans, cette Drummondvilloise vit encore seule dans sa maison grâce à ses enfants qui la visitent régulièrement, et au personnel du CLSC qui se rend à son domicile, matin et soir.

« Ils m’apportent beaucoup ! » exprime cette femme, qui rêve de finir ses jours dans ce superbe domaine.