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Le Québec inc., fou de la sécurité

Garda lorgne le géant G4S et la Caisse investit plus de 500 M$ aux États-Unis

G4S
Photo courtoisie Garda, qui a son siège social à Montréal, souhaite prendre le contrôle de G4S. Sur la photo, on voit des policiers de G4S en formation .

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Le Québec inc. s’entiche de l’industrie de la sécurité. La Caisse de dépôt et placement investit un demi-milliard de dollars dans le plus important acteur nord-américain du secteur, Power Corporation redevient actionnaire de la Brink’s et Garda World a les yeux sur une entreprise quatre fois plus grosse qu’elle.

Garda, qui a son siège social à Montréal, souhaite prendre le contrôle de G4S. Cette firme britannique compte plus de 600 000 salariés dans le monde, dont 9000 au Canada.

La semaine dernière, Garda a confirmé publiquement avoir entamé « les étapes préliminaires » en vue de présenter au conseil d’administration de G4S « une possible offre au comptant » visant la totalité ou une partie de l’entreprise.

L’annonce a fait grimper l’action de G4S de 20 %, ce qui a porté sa valeur boursière à plus de 6 milliards de dollars canadiens.

Ambition insatiable

Pour Garda, fondée en 1995 par Stéphan Crétier, l’acquisition de G4S serait le couronnement d’une ambition insatiable. Tirant ses origines d’une firme fondée en 1901 à Copenhague, au Danemark, G4S a enregistré l’an dernier des profits nets de 156 millions $ sur des revenus de 13 milliards $.

Si la transaction se concrétise, Garda se retrouvera encore plus en concurrence avec deux firmes qui comptent des actionnaires québécois : Allied Universal (Caisse de dépôt et placement) et Brink’s (Power Corporation).

Après une année 2017 relativement tranquille, Garda a repris le chemin des acquisitions l’an dernier. L’entreprise a déboursé près de 114 millions $ pour mettre la main sur huit firmes, dont une au Royaume-Uni, deux aux États-Unis et trois au Québec (Alarme Microcom, Centrale Ashton et VCS Investigation).

Fort endettement

De plus, le mois dernier, Garda a emprunté 146 millions $ US à la Banque TD et à l’institution britannique Barclays pour financer l’acquisition de la firme américaine Whelan Security.

Patrick Prince.
Chef de la direction
financière de Garda
Photo courtoisie, Garda.com
Patrick Prince. Chef de la direction financière de Garda

Au cours d’une récente téléconférence avec les analystes, le chef de la direction financière de Garda, Patrick Prince, a indiqué que l’entreprise cherchait maintenant à réduire sa dette, qui dépasse les 2,4 milliards $, soit 17 % de plus qu’il y a un an.

Année record

Garda dit avoir connu en 2018 « la meilleure année de son histoire, entraînée par la vigueur de l’économie américaine, une croissance organique au Canada et la signature de contrats majeurs au Moyen-Orient et en Afrique, le tout soutenu par l’efficacité de ses opérations ».

L’entreprise a notamment décroché pour 300 millions $ de nouvelles affaires dans le secteur diplomatique, deux mandats totalisant environ 50 millions $ avec des organisations humanitaires et trois contrats d’une valeur globale de 50 millions $ avec des clients des secteurs des hydrocarbures et des infrastructures.

Le chiffre d’affaires de Garda a frisé les 3 milliards $ au cours de son exercice ayant pris fin le 31 janvier, en hausse de 13 % par rapport à l’année précédente. Les deux tiers des revenus proviennent des services de protection, et le tiers, du transport d’argent. Malgré tout, la perte nette est passée de 135 à 220 millions $.

Répartition géographique des revenus de Garda World

  • Canada: 1,2 G$
  • États-Unis: 885 M$
  • Afghanistan: 468 M$
  • Afrique de l’Est: 215 M$
  • Irak: 155 M$
  • Autres pays: 28 M$