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«Petits amis», non! «grands amis», oui?

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Capture d'écran, TVA Nouvelles Le nouveau PDG d’Investissement Québec Guy LeBlanc et le ministre Pierre Fitzgibbon, lors de l’annonce de la nomination de ce dernier, qui ne correspond pas à la définition du « petit ami ».

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Le mot « ratage » est trop faible pour qualifier la nomination de Guy LeBlanc à la tête d’Investissement Québec.

L’annonce de cette nomination fut une vraie comédie d’erreurs. Il y a ...

... l’entreprise de chasseurs de têtes, embauchée pour chasser une tête que le ministre Pierre Fitzgibbon avait de toute façon déjà désignée.

... l’amitié solide qui lie le ministre au nouveau PDG : s’étant côtoyés à HEC, ils étaient partenaires d’affaires jusqu’à récemment. Et pour effacer ces liens, M. Fitzgibbon a tripoté le registre des entreprises de manière assez malhabile fin mars, a démontré Le Journal. Ensuite, le ministre a candidement admis avoir donné des directives à sa fiducie « sans droit de regard » afin qu'elle liquide les actions qu’il détenait dans l’entreprise du fils de son ami LeBlanc. « Directives » et « fiducie sans droit de regard » ? Deux notions incompatibles, évidemment.

... enfin, le gouvernement accorde à M. LeBlanc une rémunération plantureuse, beaucoup plus importante que celle de son prédécesseur.

Les « grands amis »

Les gens de la CAQ, François Legault et Éric Caire en tête, hurlaient d’indignation dès qu’une nomination des libéraux ou des péquistes pouvait être considérée comme partisane.

Ils nous avaient solennellement promis de mettre fin aux nominations des « petits amis ». Avec le cas LeBlanc, c’est à croire qu’une fois au pouvoir, les caquistes ont pensé que les « grands amis », ça passerait !

On comprend donc les oppositions de se déchaîner comme ils l’ont fait jeudi. « J'ai l'impression, M. le Président, qu'on nous prend pour des légumes protéinés ici », s’est amusé Vincent Marissal, en référence au produit vendu par l’entreprise en question, Move Protéines.

Trop loin

Au fond, la CAQ l’a bien cherché. Dans l’opposition, ses représentants sont allés trop loin et trop fort sur la question. Une sorte de boomerang leur revient aujourd’hui au visage.

Bien sûr, toute personne qui doit former une équipe a tendance à recruter des gens en qui il pourra avoir confiance et, pour ce faire, piger dans sa banque d’amis relève du réflexe normal.

Sauf qu’il s’agit ici non pas d’une équipe ou d’une entreprise privée, mais d’une société d’État.

Mais affirmer que le gouvernement de la CAQ viole totalement ses promesses en matière de nomination est excessif.

Grâce à la CAQ et son projet de loi 1, il ne sera plus possible de nommer des amis, petits ou grands, à la tête d’organismes devant être indépendants du gouvernement : la SQ, l’UPAC et le Directeur des poursuites criminelles et pénales. Les nominations devront être approuvées par les deux tiers de l’Assemblée nationale.

D’ailleurs, à voir la manière dont l’Autorité des marchés financiers, où officiaient d’anciens « grands amis » de SNC-Lavalin, a bâclé une enquête sur cette même entreprise en 2013, on se demande s’il ne faudrait pas nommer son PDG de la même façon. Il n’est peut-être pas trop tard.

Développeur ?

Quant à M. LeBlanc, il ne doit pas à sa couleur politique d’être devenu grand patron d’IQ. Il a certes fait de petites contributions à la CAQ dans le passé ; au PLQ aussi d’ailleurs. « Personne n’est parfait », s’est amusé François Legault.

Chose certaine, M. LeBlanc ne correspond pas vraiment à la définition du « petit ami » : il n’a jamais été ni un organisateur, ni un solliciteur, ni un militant de la CAQ ; il n’en a jamais été un candidat ni un employé.

On est loin de plusieurs des 523 nominations partisanes dans les ministères et organismes effectuées par les libéraux à l’ère Charest, selon un calcul fait par la CAQ en 2012. Les anciens attachés politiques et cadres du PLQ ont été gâtés.

Bon, comme me le faisait remarquer un collègue économiste, le parcours de Guy LeBlanc a beau être étincelant, il demeure un fellow comptable, expert en conformité... peut-être pas le type de « visionnaire », « développeur » que M. Legault avait annoncé pour réinventer Investissement Québec. Mais donnons la chance au coureur.

Le carnet de la semaine

« Mollasson » à l’index

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Photo d'archives, Didier Debusschère

Il y avait longtemps qu’un président de l’Assemblée nationale avait mis un mot à l’index. C’est arrivé mercredi, lorsque le qsiste Gabriel Nadeau-Dubois a qualifié une réponse du ministre des Finances Éric Girard de « mollassonne », au sujet de l’enquête avortée à l’Autorité des marchés financiers dévoilée par notre Bureau d’enquête. Le président François Paradis a demandé à l’élu de retirer ses propos. Il n’en faut pas plus pour que le terme se voie ajouté prochainement au Recueil des « propos non parlementaires ».

Jonatan Julien... Lessard ?

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Photo d'archives, Simon Clark

Le ministre des Ressources naturelles a de la graine de Laurent Lessard. Oui, cet ancien ministre libéral, dont nous manquent les « lessarderies » : vocable servant à décrire toutes sortes de déformations langagières : perronismes, amphigouris, pataquès, etc. À preuve, mardi, après l’annonce de l’élection de Jason Kenney en Alberta, le ministre Julien a dit que les « éoloducs » n’avaient pas l’acceptabilité sociale nécessaire au Québec. Il y a là un talent qui ne demande qu’à s’exprimer, semble-t-il. Tendons l’oreille.

« Argent », c’est mas-cu-lin

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Photo d'archives, Simon Clark

Je sais que la ministre de la Culture Nathalie Roy déteste apparaître dans ce carnet. Mais cette fois, c’est pour une bonne cause : celle du genre véritable du mot « argent ». Lors d’une séance d’étude des crédits, cette semaine, alors qu’elle parlait de la défense et de la promotion de la langue française, elle a eu le malheur de dire que l’argent, elle irait « la » chercher. La libérale Christine St-Pierre s’est alors fait plaisir et a rappelé qu’argent, c’était masculin. Une cause perdue au Québec... mais ce sont souvent les plus belles !