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SOS français

WE 0420 LANCTOT
Courtoisie Jean-Paul Perreault contre la colonisation des cerveaux
Paul Morissette
Éditions Impératif français

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Le français recule sur tous les fronts dans la grande région de Montréal, comme le confirme la dernière enquête menée par l’Office québécois de la langue française. Le pire, c’est qu’à force d’entendre répéter qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter, ce recul s’effectue dans la plus grande indifférence. Heureusement que certains sonnent l’alarme régulièrement, comme le font depuis trente ans Jean-Paul Perreault et l’organisme qu’il dirige, Impératif français.

Dans cet ouvrage qui tombe à point, l’ex-journaliste Paul Morisette brosse un portrait attachant du militant qui se trouve aux avant-postes du combat pour le français, dans l’Outaouais, à la frontière qui sépare le Québec d’Ottawa, la capitale où s’est organisée la résistance à la loi 101.

Il faut avoir la couenne dure et un front de bœuf pour persister pendant toutes ces années, malgré les menaces, les insultes de toutes sortes et les gestes haineux comme piétiner et brûler notre drapeau.

Mais Perrault ne se laissera pas abattre et il sera de tous les combats. Il ne veut surtout pas voir le comté de Pontiac séparé d’un éventuel Québec souverain et annexé à la province voisine.

On se souvient de la bourde énorme de la députée et co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, qui avait affirmé, en pleine campagne électorale, que l’anglais était « une langue officielle du Québec ».

Et de Valérie Plante, la mairesse de la plus grande ville francophone des Amériques, qui avait offert un discours en anglais à Montréal lors d’une réception officielle.

Faut-il s’étonner alors que l’anglais ait colonisé à ce point le cerveau des Québécois, en raison de la prédominance de la vision des deux langues officielles, alors qu’au Québec, selon la loi, il n’y en a qu’une seule officielle, le français ?

À Aylmer, souligne Morissette, une ville québécoise frontalière dirigée par un conseil municipal complaisant face à l’anglicisation insidieuse de la sphère publique, on refuse des emplois à des postulants qui auraient une connaissance insuffisante de l’anglais.

Pourtant, une simple demande de se faire servir en français dans un Tim Hortons d’Aylmer a conduit presque à un lynchage sur la place publique du président du Mouvement impératif français, alors qu’on qualifie son comportement de radical et d’inacceptable.

Schizophrénie

À la longue, croit Perreault, « cette situation a amené une situation de schizophrénie », a favorisé des phénomènes de double personnalité, québécoise et canadienne. Toute forme de résistance à l’anglicisation régionale est très mal vue et crée chez la minorité anglophone du Québec un sentiment de francophobie.

En 1992, un quotidien anglophone de l’Ontario en vient même à réclamer la réinstallation de la peine capitale pour éliminer « les séparatistes criminels québécois ». Dans le cas de l’Outaouais québécois, on prône la séparation du Québec pour en faire une onzième province.

Grâce à Paul Morissette, on suit à la trace les nombreux combats qu’a livrés Jean-Paul Perreault pour le respect du français. Le portrait qu’il brosse de cette région est catastrophique, qu’il s’agisse des routes qui conduisent plus facilement à Ottawa qu’aux villes du Québec ou du manque de structures d’accueil des étudiants postsecondaires qui doivent s’exiler en Ontario.

Un vieux radoteux, Jean-Paul Perreault ? Sûrement pas !

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