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C’est fini la vie au bord de l’eau pour ces aînés

Des citoyens jettent l’éponge après une deuxième inondation

Lorraine Léonard, 75 ans, et Roger Léonard, 80 ans, étaient pensifs dimanche dans leur chaloupe à moteur en quittant leur maison inondée de la rue des Plaines, à Saint-André-d’Argenteuil.
Photo Stéphane Sinclair Lorraine Léonard, 75 ans, et Roger Léonard, 80 ans, étaient pensifs dimanche dans leur chaloupe à moteur en quittant leur maison inondée de la rue des Plaines, à Saint-André-d’Argenteuil.

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SAINT-ANDRÉ-D’ARGENTEUIL | Un couple de personnes âgées se débarrasse de sa maison tout près de ses enfants et qu’il habite depuis 20 ans en raison des deux dernières inondations sur les rives de la rivière des Outaouais.

« C’est fini. On part. On ne peut plus endurer ça. On n’est plus capables », a mentionné dimanche Lorraine Léonard, 75 ans, qui en est à sa deuxième inondation majeure en deux ans.

Les deux fils de Mme Léonard étaient venus préparer la maison en vue des inondations annoncées, mais cela n’aura pas été suffisant devant la progression rapide de l’eau samedi.

À 6 h, Lorraine Léonard a vu le camelot venir à pied lui porter son journal, comme il le fait chaque matin. Deux heures plus tard, il y avait au moins six pouces d’eau autour de sa demeure.

« Je voyais l’eau monter et je sentais un poids m’écraser la poitrine de plus en plus fort », raconte-t-elle, amère.

La porte arrière de la maison a finalement cédé sous le poids de l’eau, ce qui a inondé le sous-sol.

Trop de stress

En 2017, ils avaient dû évacuer leur maison durant trois semaines. Leur assureur a payé les 12 000 $ de dégâts.

« Cette fois-ci, ils ne payeront plus et je ne crois pas que le gouvernement va nous dédommager », racontait-elle à bord de la chaloupe à moteur qui leur permet de faire la navette entre la rive et leur maison.

Si la famille Léonard veut en finir avec cette maison sur le bord de l’eau, c’est surtout en raison du stress que ces deux inondations leur ont causé.

En 2017, Roger Léonard a failli y laisser sa peau. Il doit sa vie à un petit cèdre qui se trouve en bas de sa rampe d’escalier et à la vigilance d’un de ses voisins qui a alerté son gendre.

Il déménage le cèdre

Alors que l’eau montait rapidement et que le courant était très fort, il a mis un pied dans sa petite chaloupe pour y installer un petit moteur électrique, tout en gardant un pied sur l’escalier. Le courant était si fort que la chaloupe s’est éloignée de l’escalier.

M. Léonard a essayé de retenir la chaloupe avec l’une de ses jambes jusqu’à l’épuisement.

Par chance, il est tombé du côté où se trouvait le petit cèdre et ce dernier l’a retenu jusqu’à l’arrivée de son gendre.

« Sans le cèdre, je tombais dans l’eau, je partais avec le courant et je me noyais », explique-t-il.

« Peu importe où on va aller vivre, je l’amène avec nous. Je lui dois la vie à ce petit arbre », lance M. Léonard.