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Pour l’amour de la musique cajun

Salebarbes
Photo Chantal Poirier Kevin McIntyre, Éloi Painchaud, Jonathan Painchaud, Jean-François Breau et George Belliveau forment le groupe Salebarbes.

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Amoureux de la musique acadienne et cajun, Jean-François Breau et les frères Jonathan et Éloi Painchaud ont décidé de former le « supergroupe » Salebarbes, en compagnie de deux autres comparses acadiens, George Belliveau et Kevin McIntyre. Le projet, qui ne devait être qu’éphémère, commence finalement à prendre plus d’importance.

C’est sans prétention que Jean-François­­­ Breau et Jonathan Painchaud parlent du projet de Salebarbes, qui a vu le jour il y a deux ans. « J’animais l’émission Prise de son, à Radio-Canada­­­, et on faisait le tour du Canada pour aller rencontrer des auteurs-compositeurs­­­ de la relève, raconte Jean-François­­­ Breau. Sur le projet, il y avait aussi Éloi Painchaud et Kevin McIntyre. Entre les émissions, qu’est-ce qu’on faisait dans les chambres d’hôtel ? De la musique. »

Rapidement, George Belliveau, un musicien bien connu du country au Nouveau-Brunswick, s’est joint au groupe. Et Éloi Painchaud n’a eu besoin que d’un coup de fil pour convaincre son frère Jonathan de compléter le quintette. C’est d’ailleurs Jonathan qui est arrivé avec le nom « Salebarbes ».

« Il y a deux significations à ce mot, dit Jonathan. Chez nous, aux Îles-de-la-Madeleine, une salebarbe est un petit filet qu’on appâte et met dans le fond de l’eau. Le lendemain, on va le tirer et on ramasse ce qu’il y a. Ça peut être du homard, de la sole, des bottes et des tires (pneus) ! La salebarbe est aussi un ancien terme de la marine française. C’était le nom de la pièce où étaient entreposés les munitions et les boulets dans les bateaux. »

Répertoire louisianais

Les cinq musiciens se sont rapidement mis d’accord pour piger dans le répertoire­­­ de musique acadienne et cajun, principalement celui de la Louisiane. « Les Acadiens ont été déportés vers la Louisiane, relate Jonathan. La musique là-bas est un melting pot entre la vieille culture française, la culture créole et celle des Noirs. Ça s’est mélangé et c’est devenu le cajun. Nous autres, c’est une façon d’aller repêcher ça là-bas avec notre salebarbe et de le ramener chez nous. »

Le groupe Salebarbes a donné quatre concerts durant deux étés. C’est le dernier soir, au mythique bar des Îles-de-la-Madeleine, Les Pas perdus, que le groupe a voulu enregistrer sa prestation. « On voulait seulement le faire pour pouvoir nous rappeler nos tounes ! lance Jean-François Breau. On n’avait pas l’intention de le sortir. Mais quand Éloi a commencé le mixage, on s’est rendu compte qu’on avait un disque. »

Les portes sont ouvertes

Avec la sortie de cet album live, les musiciens gardent toutes les portes ouvertes. « On a quelques spectacles de lancement et on commence aussi à recevoir des offres pour des festivals, dit Jean-François. Ce projet commence à prendre de plus en plus de place dans nos horaires respectifs. Et ça me va ! Le but est de faire de la musique pour le plus de monde possible. Personne dans le groupe n’a envie de mettre le pied sur le brake. »

Dans ce qu’on connaît de leurs carrières, Jean-François Breau et Jonathan Painchaud ont principalement touché à la musique pop ou folk. Qu’aiment-ils de la musique cajun et acadienne ?

« Ce sont mes premiers partys de jeunesse, répond Jean-François. Mes premiers coups, je les ai faits sur du 1755 ou du Suroît. Cette musique-là a toujours fait partie de ma vie. »

« Je n’avais pas nécessairement compris ce qu’était la musique cajun jusqu’à ce qu’on se ramasse, avec Okoumé, dans un festival en Louisiane, dit Jonathan. À la fin du festival, on s’était retrouvés dans un jamboree dans le fond d’un bayou. Il y avait un paquet de vieux monsieurs qui jouaient les mêmes deux accords toute la soirée. Au bout de quinze minutes, on était buzzés. C’était comme un rave ! »


► L’album de Salebarbes, Live au Pas perdus, sera sur le marché le 26 avril. Le groupe fera des spectacles-lancements au D’Auteuil de Québec, le 25 avril, et au Ministère de Montréal, le lendemain.