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Jusqu’à 200 000$ pour déménager

Le programme d’aide de Québec aux sinistrés ne réjouit pas le maire de Gatineau qui le juge insuffisant

POL-LEGAULT-GATINEAU
Photo GUILLAUME ST-PIERRE Le premier ministre François Legault s’est rendu à Gatineau, hier, où il a constaté l’ampleur de la crue des eaux en présence du maire Maxime Pedneaud-Jobin (à gauche) et du ministre responsable de la région de l’Outaouais Mathieu Lacombe (à droite).

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OTTAWA | Le programme d’aide aux sinistrés des inondations annoncé par Québec est jugé insuffisant par le maire de Gatineau, une des principales municipalités touchées par les crues des dernières années.

De passage à Gatineau lundi le premier ministre François Legault s’est engagé à rembourser les sinistrés le plus rapidement possible. Il ne sera plus nécessaire, par exemple, d’exécuter les travaux avant d’envoyer la facture à Québec.

« Ce qu’on veut, c’est d’y aller sur une base d’estimations des dommages et d’être capable d’avancer l’argent rapidement, en quelques mois », a affirmé le premier ministre en mêlée de presse.

M. Legault a aussi détaillé le plan d’aide aux sinistrés de la province. Le régime d’indemnisation de Québec prévoit un montant cumulatif de 100 000 $ en réclamations.

Pas de gaspillage

Une fois ce montant atteint, Québec offrira aux sinistrés jusqu’à 200 000 $ pour les inciter à déménager et payer pour la démolition.

« On ne veut pas gaspiller l’argent des contribuables québécois et imposer aux gens de revivre ce genre de drame tous les deux, trois ans », a ajouté le premier ministre.

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, estime que ces montants ne permettraient pas à toutes les personnes touchées de se refaire une vie ailleurs. « On ne veut pas que les gens quittent en se ruinant, en perdant l’investissement d’une vie, a-t-il souligné devant les journalistes, flanqué de M. Legault. En ce moment, le 200 000 $ peut être fonctionnel, mais il ne fonctionnera pas pour tout le monde. »

Mésentente

Les deux élus ne semblent pas non plus être sur la même longueur d’onde en ce qui a trait à une solution à plus long terme pour éviter les inondations à répétition.

Le maire de la municipalité de quelque 285 000 habitants estime que les autorités doivent envisager l’idée d’isoler certains quartiers à l’aide de digues au lieu d’inciter les gens à partir. C’est ce qu’ont fait certaines villes européennes, a plaidé le maire.

« Il y a un coût à garder les gens, mais il y a un coût aussi à leur demander de s’en aller », croit M. Pedneaud-Jobin.

Le premier ministre Legault a soufflé le chaud et le froid sur la suggestion du maire.

« Si on est capable de sauver des quartiers, on va le regarder, mais je ne suis pas certain que c’est toujours faisable », a réagi M. Legault.