/news/consumer
Navigation

Monopole de la SAQ: déception dans les dépanneurs et les épiceries

q
Photo d'archives, Annie T. Roussel Certains détaillants aimeraient bonifier leur offre de boissons alcoolisées, alors que la SAQ a tranché : il n’y aurait pas d’autres produits exclusifs à la Société des alcools du Québec sur les tablettes des dépanneurs et épiceries (photo à titre illustratif).

Coup d'oeil sur cet article

Québec a tranché. Il n’y aura pas d’autres produits exclusifs à la Société des alcools du Québec (SAQ) sur les tablettes des épiceries et des dépanneurs. Une situation décriée par plusieurs joueurs de l’industrie.

« Si on pense aux consommateurs, ce sont eux qui sont les perdants. On demandait une mesure qui nous permettrait de dynamiser la vente de boissons alcoolisées. On ne demandait pas à la SAQ de fermer des points de vente ou de diminuer ses opérations au détail. On voulait simplement que le privé ait un peu plus de place. C’est certain que nous sommes déçus », indique le directeur général de l’Association des marchands dépanneurs et épiciers du Québec (AMDEQ), Yves Servais.

Le 9 avril dernier, le ministère des Finances confirmait au Journal que son organisation écartait toute privatisation totale ou partielle de la société d’État. Il n’était également plus question de bonifier l’offre disponible à l’extérieur des murs de la SAQ. Le gouvernement souhaite plutôt « optimiser le modèle actuel ».

« Je pense qu’il y a plusieurs règlements qui pourraient tout de même être changés, surtout que le secteur est en pleine mutation et qu’il y a de nouvelles tendances. On veut simplement mieux servir nos clients avec d’autres produits », dit M. Servais.

Ce dernier réclame notamment depuis plusieurs années à ce que les dépanneurs vendent aux consommateurs de la bière en fût pour emporter, un concept qui gagne en popularité aux États-Unis ainsi qu’en Ontario.

Impact positif

Même son de cloche du côté de l’Association des détaillants en alimentation du Québec (ADA), qui aurait bien aimé une annonce différente. L’organisation estime que le gouvernement gagnerait à mieux utiliser le réseau des épiceries et des dépanneurs, surtout « lorsqu’on pense aux frais d’exploitation des succursales de la SAQ ».

« Depuis que nous avons l’autorisation de vendre des vins québécois, nous avons aidé plusieurs entreprises à augmenter leur volume de façon significative. C’est la même chose pour les bières des microbrasseries », avance le président et directeur général, Pierre-Alexandre Blouin.

« Je pense qu’au cours des dernières années, notre réseau a démontré qu’il peut être très efficace et qu’il permet à l’État de récolter beaucoup en revenus fiscaux et en taxes spécifiques », ajoute-t-il.

Les gros joueurs

Pour Loblaw, Metro et Sobeys, c’est le Conseil canadien du commerce de détail (CCCD) qui a agi comme porte-parole dans ce dossier. L’organisation se montre prudente dans sa réponse, bien qu’elle concède que l’industrie aimerait bonifier son offre.

« Les détaillants restent évidemment ouverts à la possibilité d’offrir des spiritueux ainsi qu’une plus grande sélection de vins québécois dans leurs magasins », souligne Marc Fortin, président du CCCD Québec. « Nous travaillons toujours de pair avec les parties prenantes dans les dossiers en alimentation, et nous continuerons de contribuer aux discussions concernant les vins et spiritueux », conclut-il.