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Un monde débarrassé des religions?

SRI LANKA-ATTACKS
Photo AFP Des membres des forces de l’ordre inspectent l’église Saint-Sébastien de Negombo, au Sri Lanka, après l’attaque terroriste qui a coûté la vie à près de 70 fidèles.

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Le monde se porterait-il mieux sans les religions ? On peut encore une fois se poser cette question suite aux attentats terroristes religieux qui ont secoué le Sri Lanka. Il est difficile d’empêcher les gens de croire. Mais il est possible de les éduquer, de leur montrer les ravages faits au nom des religions.

Au début, les religions ont probablement eu un impact positif sur les civilisations humaines. Elles ont organisé et renforcé la solidarité ; elles ont inspiré de nombreuses œuvres architecturales ou artistiques remarquables ; elles ont rassuré.

Mais au 21e siècle, les religions semblent faire plus de mal que de bien. Pensons aux abjects crimes sexuels des prêtres, aux immondes attentats commis au nom d’Allah ou de bouddha ou de quelque autre divinité, aux mutilations génitales des jeunes filles, aux crucifixions des exaltés, aux systèmes de castes iniques des hindous, aux jeûnes, aux privations de toutes sortes, aux mortifications, à la terreur de l’enfer... Les adeptes des religions savent très bien comment faire souffrir, avec des méthodes qui sont souvent proches du sadisme.

Les lumières de la science

Les découvertes scientifiques des derniers siècles ont détruit les superstitions religieuses les unes après les autres. La foudre n’est pas surnaturelle. L’évolution explique l’apparition des humains sur Terre. Les physiciens commencent à comprendre comment l’univers s’est lui-même fabriqué à partir de rien.

Ces connaissances scientifiques sont ennemies des religions. C’est la raison pour laquelle bien des religions n’acceptent pas que l’évolution existe. Elles restreignent les contacts entre leurs ouailles et la science. Elles tentent de discréditer les sciences sociales qui décortiquent les origines et le fonctionnement des phénomènes religieux.

Ne pas tout rejeter

Pourtant les religions demeurent des sources fondatrices de nos civilisations. C’est la raison pour laquelle, en attendant que d’autres pensées plus universelles et plus rationnelles les remplacent, nous sommes condamnés à les endurer.

Par exemple, en Occident, l’idée d’égalité entre les individus est directement tributaire de la notion d’égalité de chaque humain devant dieu. Cette égalité n’est pas vraiment présente dans l’islam, ni dans l’hindouisme.

De même, l’idée que chaque humain peut décider de ce qui est bien et de ce qui est mal est profondément chrétienne. Cette idée ôte le pouvoir de décision aux religieux. Elle constitue un des fondements de nos démocraties.

Un Québec chrétien laïque

Le Québec est une société chrétienne laïque, même si les deux termes peuvent paraître contradictoires. Compris en ce sens, le christianisme est davantage une philosophie et une culture, dont nous devrions être fiers, qu’une croyance religieuse.

Si on s’y attarde un peu, on constatera que les positions de la gauche dans les débats sur les signes religieux proviennent en partie de la négation du fondement chrétien des sociétés occidentales.

Dans une démocratie d’inspiration chrétienne, les religions ne peuvent pas être placées sur un pied d’égalité, parce que certaines s’opposent aux fondements de la démocratie. Les religions ne devraient donc pas toutes jouir des mêmes droits et privilèges. Mais ceci est une autre question.

Bref, nous ne pouvons pas encore nous passer des religions, et au Québec, du christianisme. Mais il faut nous débarrasser du côté superstitieux des religions.