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Deux caïds attendent leurs verdicts depuis... 18 jours

Le jury au procès pour meurtres de deux caïds battra un record mercredi

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 Le procès pour meurtres de deux caïds réputés pour leur spectaculaire évasion de prison en hélicoptère passera à l’histoire dès mercredi matin à Montréal. 

 Séquestrés depuis le 6 avril, les 12 jurés chargés de juger Denis Lefebvre et Yves Denis pour deux meurtres et un homicide involontaire ont débattu à huis clos pour un 18e jour consécutif sans pouvoir s’entendre sur des verdicts, mardi, au Centre judiciaire Gouin.  

 Le jury égalait ainsi la marque pour les plus longues délibérations d’un procès criminel, tant au Québec qu’au Canada, établie le 19 décembre 2014 à Montréal dans la cause du proxénète Evgueni Mataev.  

 Ce record tombera donc mercredi quand Lefebvre et Denis entameront une 19e journée à attendre leur sort, après 11 mois de procès.  

 « C’est le mystère complet. Le plus surprenant, c’est que les jurés n’ont posé aucune question au juge ni adressé de demande pour réentendre des témoignages durant ces 18 jours. Ça, ce n’est jamais arrivé », a déclaré l’avocat de Denis Lefebvre, Me Alexandre Bergevin.  

 Les caïds de Val-d’Or sont accusés d’avoir commandé à un tueur à gages l’homicide involontaire de Kevin Walter, ainsi que les meurtres de Johnny Coutu et de Benoit Denis, respectivement tués à Rouyn-Noranda, à Laval et à Saint-Alphonse-Rodriguez, entre 2009 et 2010.  

Secteur Chomedey, à Laval.
Photo d'archives
Secteur Chomedey, à Laval.

 Lié aux hells angels 

 Ces règlements de compte auraient été commis quand le duo était à la tête d’un réseau lié aux Hells Angels qui a écoulé 650 kilos de cocaïne en Abitibi, entre 2007 et 2010, pour un chiffre d’affaires de 50 millions $.  

 L’affaire n’est pas banale. L’accusé Yves Denis était le frère d’une des victimes.  

 Benoit Denis aurait lui-même été le complice du tueur à gages lors des deux autres crimes et fut éliminé « parce qu’il parlait trop », avait dit au jury le procureur de la poursuite, Me Jonathan Meunier, à l’ouverture du procès, le 10 mai 2018.  

 Le tueur, dont l’identité est frappée d’une ordonnance de non-publication, est devenu le témoin clé de la Couronne en acceptant de collaborer avec la justice.  

 Ce délateur dit avoir reçu 125 000 $ pour liquider leur concurrent Johnny Coutu, un ex-notaire abattu près de sa résidence à Laval, le 13 juillet 2009, et Benoit Denis, qui s’est fait abattre dans un chalet des Laurentides, le 13 mai 2010.  

 Évasion sous silence 

 Le jury ignore toutefois le coup d’éclat qui a fait la renommée de Lefebvre et Denis dans le monde interlope. Le tribunal a passé leur cavale sous silence pour ne pas miner leur droit à un procès juste et équitable.  

 Le 7 juin 2014, les accusés et le patron de leur réseau, Serge Pomerleau, avaient réussi à s’évader de la prison d’Orsainville, à Québec, en montant à bord d’un hélicoptère venu les cueillir dans une cour extérieure. Les fugitifs furent capturés le 22 juin suivant dans un condo de la rue Saint-André, dans le Vieux-Montréal.  

 Denis Lefebvre et Yves Denis purgent déjà des peines d’incarcération respectives de 21 ans et de 17 ans pour complot, trafic de stupéfiants, gangstérisme et évasion d’une garde légale. 

  • ÉCOUTEZ l'analyse de Me François-David Bernier à ce sujet sur QUB radio :

  

 Un mégaprocès hors du commun  

 Trois homicides   

  •   Meurtre prémédité de Johnny Coutu, abattu à Laval le 13 juillet 2009  
  •   Meurtre prémédité de Benoit Denis, tué à Saint-Alphonse-Rodriguez le 13 mai 2010  
  •   Homicide involontaire de Kevin Walter, battu à mort à Rouyn-Noranda le 15 avril 2009    

 Un long procès  

  •   11 mois, le jury ayant entendu le 1er témoin le 10 mai 2018   

 Beaucoup de monde  

  •   50 témoins entendus, dont 45 pour la Couronne   

 Longues plaidoiries  

  •   21 jours, soit 11 par la Couronne et 10 par la défense   

 Et ce n’est pas fini   

  •   Les jurés délibèrent depuis le 6 avril dernier  
  •   Deux mois de procès ont été consacrés à la défense des accusés  
  •   La juge Éliane Perreault a livré ses directives en droit au jury durant cinq jours  
  •   D’après la défense, seule l’opération SharQc menée en 2009 contre les Hells Angels comportait une preuve plus volumineuse que cette affaire constituée des projets d’enquête Foudroyant et Écrevisse menés par la SQ