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Fusion de Lafarge et Holcim: des promesses qui peinent à se concrétiser

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PARIS – La fusion entre le géant mondial du ciment Lafarge et l’entreprise Holcim serait pour le moment un échec, selon une analyse du quotidien français Les Échos.

Le mariage de raison peine à tenir ses promesses, estime un expert consulté par le journal économique. Selon lui, d’un point de vue financier, il reste encore des efforts à faire pour que la rentabilité soit conforme aux attentes.

L’expert interrogé par Les Échos n’hésite pas à dire que la fusion est un «échec». Par exemple, entre la conclusion de la fusion et le début de ce mois, l’action du leader mondial du ciment a chuté de 67 euros, à environ 43 euros.

Il estime que la promesse et l’ambition de peser face aux concurrents mondiaux restent mitigées. «On nous avait promis un groupe énorme, on se retrouve avec un groupe endetté qui fait des cessions», a soutenu l’analyste.

La compagnie suisse Holcim et l’entreprise française Lafarge ont annoncé un projet de fusion en avril 2014. La transaction a été finalisée en juillet 2015, donnant naissance au géant LafargeHolcim avec un chiffre d’affaires d’environ 26 milliards d’euros.

Rappelons que le groupe LafargeHolcim, dont Power Corporation, de la famille Desmarais, est un actionnaire minoritaire, exploite au Québec une importante cimenterie à Saint-Constant, sur la Rive-Sud de Montréal.

Justice

Le groupe est dans le collimateur de la justice française. Lafarge est soupçonnée d'avoir déboursé des millions d'euros entre 2011 et 2015 auprès d'intermédiaires et de groupes armés, dont l'organisation État islamique, pour maintenir la production dans son usine de Jalabiya, en Syrie, pays déchiré par la guerre civile. L’entreprise a reconnu que des mesures «inacceptables» avaient été prises.

Le Québécois Paul Desmarais Jr., co-PDG de Power Corporation, siège au conseil d’administration de Lafarge depuis 2008. Le holding Groupe Bruxelles Lambert (GBL), contrôlé par les familles Desmarais et Frère, était le premier actionnaire de Lafarge (avec 20 % du capital) au moment des faits reprochés. Malgré la controverse, il s'est fait réélire au CA de Lafarge.

Mardi, Paul Desmarais Jr est devenu président du conseil d’administration de GBL, lors de l’assemblée générale ordinaire qui se tenait au siège social, à Bruxelles. C’était la première assemblée depuis la mort, à l’âge de 92 ans, en décembre dernier, de l’homme d'affaires belge Albert Frère.

Soulignons aussi que les bureaux de GBL en Belgique ont été perquisitionnés à la fin 2017. Paul Desmarais Jr. y a été interrogé par la police belge et son téléphone a été mis sur écoute, tout comme d’autres administrateurs de GBL.

M. Desmarais ne fait l’objet d’aucune accusation personnellement.

Par l'entremise de Pargesa Holding et du Groupe Bruxelles Lambert, la société de portefeuille contrôle près de 9,43 % des actions de LafargeHolcim.