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Les fonds indiciels, est-ce que c’est pour vous?

DVP
Illustration Adobe Stock

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Pas un jour ne passe sans qu’il soit question des FNB. Les gens utilisent également l’acronyme ETF pour désigner les « fonds négociés en bourse ». Pour les investisseurs attirés par les actions, les faibles frais des FNB calquant les mouvements d’un indice boursier sont très attrayants.

Aussi, la sélection automatique des titres qui composent l’indice rend cette méthode très facile et accessible.

Erreur de cible

Les partisans de la gestion indicielle affirment avec raison que seulement 20 % des « gestionnaires actifs » de fonds communs surclassent les indices boursiers à très long terme. Donc, il serait inutile de payer des frais de gestion de 1 % ou plus si les chances de battre le marché sont si faibles.

Peut-être. Mais, on peut aussi affirmer que 100 % des mêmes fonds indiciels ne battent pas plus le marché, puisqu’il faut retrancher les frais de transactions et de gestion. Bien qu’il soit très facile de repérer les 20 % de gestionnaires actifs qui battent l’indice, je crois qu’on se trompe royalement de cible.

Les fonds indiciels captent 100 % des baisses de marché. Ainsi, un investisseur friand de cette stratégie peut voir son portefeuille reculer de la même amplitude. Lorsque le plancher de la bourse cède sous nos pieds, c’est parfois très brutal. Il faut pouvoir encaisser des replis de -10, -20, -30 et quasiment -40 %, comme en 2008.

Mais le pire scénario demeure le marché baissier prolongé. C’est lorsque les bourses reculent pendant trois ans de suite ou plus. C’est arrivé entre 1929 et 1932, entre 1939 et 1942, entre 1946 et 1949, puis entre 2000 et 2003. Pour l’avoir vécu en début de carrière, dans ce temps-là, tout ce qu’on souhaite, c’est que l’hémorragie cesse.

Difficile de rester investi

Un investisseur qui s’enrichit est celui qui demeure investi à long terme et qui passe au travers de quelques cycles économiques complets. La cible idéale d’un investisseur doit donc être reliée à ses objectifs personnels de retraite et à sa capacité d’encaisser des replis de son capital.

Par exemple, vous pourriez évaluer que votre rendement moyen nécessaire pour atteindre l’autonomie financière à 62 ans doit être de 5 % et que psychologiquement, le repli maximum que vous pouvez tolérer ne doit pas être plus prononcé que -10 %. Dans ce cas, votre portefeuille devra être géré activement avec des gestionnaires qui savent limiter efficacement les replis ou, au minimum, avec une combinaison de gestion active et passive.

♦ Fabien Major est conseiller en épargne collective pour Major Gestion Privée Inc. de Gestion financière Assante ltée.

Pour qui ?

  • Connaissances supérieures et intérêt marqué pour la finance
  • Investisseurs disciplinés ayant un horizon d’investissement au-delà de 10 ans
  • Capacité de supporter des replis occasionnels sévères de son capital
  • Surplus budgétaires et revenus importants
  • La gestion indicielle n’est pas adaptée à l’investisseur soucieux de l’environnement ou ayant des considérations éthiques. En achetant un indice, on achète TOUT le marché.