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Otto Lopez : de Montréal aux Blue Jays

Otto Lopez
COURTOISIE MIGUEL ARCAUT/LUGNUTS DE LANSING Otto Lopez

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Il y a l’espoir Vladimir Guerrero fils qui est né à Montréal, mais le plus Montréalais des joueurs de l’organisation des Blue Jays de Toronto demeure assurément Otto Ariel Lopez.

Âgé de 20 ans, Lopez a grandi au Québec. Ses parents habitent d’ailleurs toujours à Montréal, dans le quartier Tétreaultville.

«Nous sommes arrivés en 2010 et j’ai passé une partie de ma jeunesse à Montréal, a raconté le joueur de baseball natif de la République dominicaine, qui s’exprime d’ailleurs dans un excellent français. En octobre 2014, j’avais un choix à prendre. Ce n’était pas facile et mes parents n’étaient pas totalement d’accord avec ma décision, mais j’ai choisi de retourner en République dominicaine.»

Pour Lopez, c’était le choix logique pour atteindre le baseball professionnel le plus rapidement possible. En se retrouvant dans ce pays des Caraïbes, il n’avait plus besoin de passer par les collèges américains et le repêchage du baseball majeur pour obtenir un contrat. Il suffisait désormais d’attirer l’œil d’un recruteur.

Accueilli par son oncle Urbano Lopez, le jeune homme a peaufiné son art dans une académie de baseball, à Santo Domingo. Si bien qu’il a conclu une entente avec l’organisation des Jays, pour un montant de 65 000 $, et ce, moins de deux ans après avoir quitté la Belle Province.

«J’ai eu de très bons entraîneurs au Québec, mais en République dominicaine, il y a quelque chose qui est quand même très différent, a noté Lopez. Là-bas, on donne tout ce qu’on a, chaque jour. Que ce soit le dimanche ou le lundi, on se concentre tous les jours sur le baseball. Personnellement, ça m’a aidé à devenir plus fort.»

Otto Lopez
COURTOISIE MIGUEL ARCAUT/LUGNUTS DE LANSING

Avec les Lugnuts de Lansing

Depuis la signature de son contrat, Lopez a évolué avec les recrues de l’organisation des Blue Jays pour ensuite se joindre, l’an dernier, aux Canadians de Vancouver (A-). Depuis le début de la saison, il porte les couleurs des Lugnuts de Lansing, dans la Ligue du Midwest, au niveau A.

«Dès que j’ai commencé chez les professionnels, j’ai intégré une routine, a indiqué Lopez. Il faut toujours travailler et ne jamais lâcher pour obtenir ce que tu veux dans la vie.»

Signe qu’il fait bien les choses, celui qui évolue principalement au deuxième but et à l’arrêt-court en défensive montre présentement une moyenne au bâton de ,327 avec les Lugnuts. Il compte par ailleurs un circuit, 11 points produits et cinq buts volés en 14 matchs.

Entre les parties, il donne régulièrement des nouvelles à sa famille, à Montréal.

«On se parle tout le temps, a confié Lopez. C’est ce qui me motive!»

Javier Baez, un modèle

Quand on lui demande à quel joueur du baseball majeur il se compare, l’espoir des Jays nomme rapidement le Portoricain Javier Baez, des Cubs de Chicago.

«C’est un gars toujours actif sur le terrain, il bouge constamment et c’est un joueur polyvalent», a-t-il résumé.

«C’est sûr que j’aimerais jouer dans le baseball majeur le plus rapidement possible, a ajouté l’athlète, qui se considère autant Québécois, Canadien que Dominicain. Mais je dois continuer de franchir les étapes, une à une.»

Autre signe que son attachement pour Montréal et le Canada demeure évident : il a représenté le pays, en 2018 au Brésil, lors des qualifications de l’équipe nationale pour les Jeux panaméricains qui auront lieu cet été à Lima, au Pérou.

On le prénommait Ariel...

Otto Lopez
COURTOISIE

Il suffit de demander à ceux qui l’ont connu plus jeune, dans l’organisation des Titans de Tétreaultville, ce qu’ils pensent d’Otto Lopez et leur réplique vient automatiquement.

«Tu veux parler d’Ariel?»

À l’époque où il évoluait au Québec, le garçon portait effectivement le nom d’Ariel Lopez-Bello. C’est ainsi que l’on retrouve ses statistiques, par exemple, sur le site web de la Ligue midget AAA du Québec, quand il évoluait pour les Orioles de Montréal. Ses premiers pas dans le baseball mineur ont par ailleurs été faits au niveau pee-wee dans le quartier Tétreaultville, dans l’est de Montréal.

«J’étais là à son premier camp d’entraînement à Tétreaultville au printemps 2011, se souvient Nelson Dumont, registraire pour l’organisation des Titans depuis une douzaine d’années. L’objectif du jour était d’évaluer les jeunes joueurs pour voir s’ils devaient jouer pee-wee A ou pee-wee B. Le père d’Ariel me disait pourtant que son fils n’avait pas joué au baseball organisé en République dominicaine, seulement pour le plaisir avec des amis. Mais quand je l’ai vu lancer ses premières balles au jeune qui était devant lui, je lui ai demandé d’attendre un peu et je suis allé chercher mon gant. Il lançait beaucoup trop fort. Il aurait pu blesser quelqu’un.»

Au fil des évaluations, Ariel a rapidement gravi les échelons, si bien qu’il a notamment représenté le Québec sur la scène nationale. Ce fut le cas notamment aux Championnats canadiens bantam en 2013, en Ontario, et à la Coupe Canada en 2014, en Saskatchewan.

Un peu comme Felipe Alou

C’est en passant chez les professionnels, via un séjour en République dominicaine, qu’on a modifié son nom.

«Maintenant, on m’appelle Otto Lopez, c’est plus simple», résume le principal intéressé, qui a emprunté le nom de son père figurant également sur son propre certificat de naissance.

Dans les faits, Ariel, c'est le nom de sa mère. Or, il n’est pas le premier, ni le dernier Dominicain à voir son nom changer au fil du temps. Le plus bel exemple à ce chapitre pour les amateurs de baseball à Montréal est Felipe Alou. En réalité, son véritable nom est Felipe Rojas. Son père se nommait Jose Rojas, et sa maman, Virginia Alou.

Points en commun avec Vladimir Guerrero fils

En se retrouvant dans l’organisation des Blue Jays de Toronto depuis 2016, Otto Ariel Lopez a pu côtoyer à quelques reprises Vladimir Guerrero fils. Les deux joueurs ont des liens, autant avec Montréal qu’avec la République dominicaine.

«Dans les derniers mois, je l’ai vu une fois pendant sa rééducation et une autre fois au camp d’entraînement, a indiqué Lopez. Nous avons certains points en commun. On a parlé de Montréal ensemble, de nos familles respectives. C’est sûr que j’aimerais partager le terrain avec lui un jour, dans le baseball majeur.»

Si le jeune Guerrero a quitté Montréal lorsqu’il était bambin, sa relation d’amour avec le Québec perdure, particulièrement depuis sa mémorable visite au Stade olympique, en mars 2018. Son circuit gagnant dans un match préparatoire demeure dans la mémoire collective et la sienne.

En République dominicaine, la famille Guerrero provient du village de Don Gregorio, à 50 kilomètres au sud de Santo Domingo, là où était établi Lopez. Néanmoins, les deux athlètes ont beaucoup à partager.

Des Québécois à surveiller

Parmi les joueurs avec lesquels Lopez a évolué au Québec durant son adolescence, il voue un grand respect pour Jonathan Lacroix et Édouard Julien, entre autres.

«Édouard a eu un très beau parcours avec l’équipe canadienne, a dit Lopez à propos du joueur de l’Université Auburn, dans la NCAA. Pour moi, c’est clair qu’il pourrait percer éventuellement.»

Concernant Lacroix, il évolue dans la Ligue du Midwest comme Lopez, soit avec les River Bandits de Quad Cities, club-école des Astros de Houston.

«Une fois que nous sommes ici dans les mineures, c’est certain qu’on a une chance d’aller plus haut, a-t-il avancé. Il faut juste travailler fort chaque jour et se retrouver à la bonne place au bon moment.»