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Philanthropie de l’environnement

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J’ai vécu plusieurs moments déconcertants la semaine dernière alors que les dons se multipliaient pour reconstruire Notre-Dame de Paris atteignant une somme record de 850 millions d’euros.

Plusieurs internautes s’indignaient des montants des dons alors que plusieurs autres causes nécessitent des fonds, parfois de moindre envergure, de façon urgente pour régler leur situation de crise.

Ce n’est pas que les autres causes sont moins importantes ou moins urgentes, mais s’indigner que des riches familles financent le patrimoine, je nous ai trouvés ridicules.

Indignation mal placée

Dans les faits, j’ai trouvé ridicule que nous pointions ces familles riches pour leurs dons plutôt que les règles fiscales que nos gouvernements ont mises en place. Le patrimoine est depuis longtemps sous-financé par les États. Nous n’avons qu’à regarder le sort réservé à nos immeubles au Québec et à l’absence d’une politique de conservation en bonne et due forme malgré les demandes répétées de plusieurs regroupements.

Ce n’est pas non plus nouveau que les gouvernements laissent la philanthropie dicter les priorités et les orientations de certaines politiques.

Mais encore une fois, nous préférons pointer les mauvaises personnes plutôt que nous attaquer à ce chantier fiscal, pas tellement payant électoralement.

Attendre que ça brûle

La cathédrale était en rénovation au moment où elle a brûlé. Des rénovations coûteuses et sous-financées. Il aura fallu que l’impensable arrive pour que les dons s’accumulent et atteignent un niveau important. Le patrimoine n’intéressait pas grand monde avant qu’il soit menacé de disparition.

Cela n’est pas une bonne nouvelle pour la philanthropie environnementale, car nous ne pouvons attendre que la Terre brûle pour commencer à financer les solutions climatiques.

Il faut donc rechercher d’autres moyens de générer ce sentiment d’urgence chez les nantis de ce monde, d’ici à ce que des solutions fiscales viennent s’assurer que l’argent est disponible indépendamment de la mode du moment.