/sports/opinion/columnists
Navigation

Place à la mentalité «all in»

HKO-HKN-SPO-DALLAS-STARS-V-NASHVILLE-PREDATORS---GAME-FIVE
Photo AFP Le Canadien devrait toujours être proche du plafond salarial, quitte à surpayer certains joueurs comme Alexander Radulov, par exemple.

Coup d'oeil sur cet article

À la suite de l’élimination des meilleures équipes dans l’Est et dans l’Ouest par les équipes numéro 8 de chaque association, la preuve est éloquente. N’importe qui peut battre n’importe qui. Je crois que la mentalité « all in » va s’installer et le Canadien devra s’ajuster.

Le directeur général des Blue Jackets de Columbus, Jarmo Kekalainen, a ouvert les yeux à bien du monde avec ses coups de poker qui lui ont permis de causer l’une des grandes surprises de l’histoire de la LNH, soit le balayage du champion de la saison régulière, le Lightning de Tampa Bay.

Il a misé tous ses jetons à la date limite des transactions avec l’acquisition des Matt Duchene, Ryan Dzingel, Adam McQuaid et Keith Kinkaid, et jusqu’à maintenant, ça lui a rapporté gros.

On verra jusqu’où se rendront les Blue Jackets, mais plus ils avanceront dans les séries, plus ils feront réfléchir les directeurs généraux.

La parité est réelle. Je crois toujours au repêchage, au développement et à une certaine patience avec les jeunes. Toutefois, il est tellement difficile de se classer en séries éliminatoires que lorsqu’une équipe n’est qu’à un ou deux points d’une qualification à la période de transactions, son directeur général doit bouger.

Une fois que tu es dans les séries, tout peut arriver et on l’a vu avec les Blue Jackets et l’Avalanche du Colorado, des équipes de huitième place qui ont battu des équipes de première place. Tu ne sais jamais. Ça peut être ton année !

Les regrets du Canadien

Je suis convaincu que Marc Bergevin et Geoff Molson doivent avoir des regrets aujourd’hui. Peut-être auraient-ils pu mettre la main sur Duchene, mais je vais remonter plus loin. Imaginez Alexander Radulov avec le Canadien. On l’avait il y a deux ans et on l’a laissé partir pour rien.

Il ne restait qu’à le payer. Peut-être qu’on l’aurait surpayé, et après ? Avec Radulov dans la formation, le Canadien se serait classé pour les séries et ce qui ne me rentre pas dans la tête, c’est qu’une équipe riche comme le Canadien se tienne loin du plafond salarial, alors qu’elle devrait toujours en être proche, ne serait-ce que par respect pour ses partisans.

Et c’est le partisan en moi qui dit ça. Je veux que l’organisation du Canadien démontre qu’elle a une volonté réelle de participer aux séries et de se rendre loin. Ça fait trois fois en quatre ans que l’équipe rate les séries. C’est trop.

Que Marc Bergevin veuille se garder de l’espace sous le plafond salarial en juillet, c’est correct, mais bon sang, lorsqu’arrive la fin de la période des transactions, qu’il se serve de sa marge de manœuvre !

J’ai peur pour le Canadien

Lorsque je vois ce qui se passe présentement dans les séries, j’ai peur pour le Canadien. Je vois de la vitesse, du jeu physique et de bonnes attaques massives. Ça va vite. Le Tricolore s’est amélioré, d’accord, mais on ne peut se satisfaire de ça. Bergevin devra être actif et oser, car les autres équipes oseront encore plus.

Il y a quelques bons jeunes qui s’en viennent, mais tôt ou tard, Bergevin et Molson devront payer. Parfois, ce sont de petits changements qui font une grosse différence et Bergevin a réussi quelques bons coups à ce chapitre. Je pense toutefois qu’à Montréal, nous sommes dus pour un coup de circuit.

Le Tricolore doit envoyer un message fort à ses partisans.

Et puis, comme c’est écrit sur la porte du vestiaire des Blue Jackets : « Safe is death » (« Ne pas risquer, c’est mourir »).

C’est la loi au poker et ça l’est de plus en plus au hockey.

– Propos recueillis par Gilles Moffet

Entrefilets

Le Vézina, une farce

HKO-HKN-SPO-DALLAS-STARS-V-NASHVILLE-PREDATORS---GAME-FIVE
Photo AFP

Deux des trois finalistes au trophée Vézina n’ont joué que 46 matchs cette saison : Ben Bishop et Robin Lehner. Ils sont 23e et 24e au chapitre du nombre de matchs joués et ça m’agace, même si je reconnais qu’ils ont excellé. Comme d’habitude, Bishop, des Stars de Dallas, a eu ses moments à l’infirmerie, tandis que Lehner a partagé le filet avec Thomas Greiss devant le filet des Islanders de New York. À la place de Greiss, je me demanderais pourquoi je ne suis pas en nomination avec des statistiques semblables à celles de Lehner. À mon avis, Sergei Bobrovsky, Carey Price et Marc-André Fleury auraient mérité plus de considération, même si leurs statistiques ne sont pas les meilleures. Jouer 60 matchs devrait avoir son importance. Je crois qu’Andrei Vasilevskiy (53 matchs) gagnera le Vézina, du moins, je l’espère.

Exiger un minimum de 50 matchs

Pour moi, le vote du trophée Vézina 2019 est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Je crois que seuls les gardiens ayant joué 50 matchs et plus devraient être considérés pour ce prestigieux trophée. Un gardien qui dispute 66 matchs, comme Price, a beaucoup plus de chances de connaître des passages à vide qu’un gardien qui joue un match sur deux. En 2003-2004, j’aurais été parmi les trois finalistes si la saison s’était terminée au début de mars, mais j’ai connu une fin de saison difficile et ça m’a sorti de la course. Si je m’étais blessé à la place, peut-être que j’aurais été finaliste, mais j’ai joué 67 matchs et j’ai aidé le Canadien à se classer dans les séries. Aujourd’hui, tu n’as même plus besoin d’être un gardien numéro un pour être candidat. C’est absurde et ça doit changer.

Conseil aux entraîneurs

HKO-HKN-SPO-DALLAS-STARS-V-NASHVILLE-PREDATORS---GAME-FIVE
Photo Pierre-Paul Poulin

 

 

Si j’avais un conseil à donner aux entraîneurs, c’est de faire confiance à leurs joueurs vedettes. Je crois que 90 % des entraîneurs auraient changé leur gardien après la première période du premier match à Tampa, alors que les Blue Jackets perdaient 3 à 0. John Tortorella est resté avec Sergei Bobrovsky, qui est revenu en force. Ce fut le tournant de cette série historique.