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Crime organisé: le «parrain des gangs de rue» coupable

Il est condamné à un mois de prison pour possession de drogue alors qu’il était à l’établissement de Bordeaux

Gregory Woolley
Photo courtoisie Gregory Woolley

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Gregory Woolley, l’un des plus influents dirigeants du crime organisé à Montréal, a écopé mercredi d’un mois de détention pour avoir été pris avec du cannabis et de la méthamphétamine à la prison de Bordeaux.

Décrit comme «le parrain des gangs de rue» dans des rapports policiers, l’homme de 47 ans a plaidé coupable à deux accusations de possession simple de stupéfiants avant d’être condamné par le juge Serge Delisle au palais de justice de Montréal.

Cette sentence clémente s’ajoutera à celle de huit ans imposée en octobre dernier à Woolley pour avoir été un joueur clé d’une alliance d’affaires regroupant Hells Angels, mafia italienne et gangs de rue afin de contrôler le marché des stupéfiants dans la grande région montréalaise.

Il était d’ailleurs derrière les barreaux depuis novembre 2015, alors que ce conglomérat avait été la cible de l’opération policière Magot.

«Il s'agit d'une peine clémente mais elle tient compte du fait que M. Woolley purge déjà une autre peine importante», a mentionné le procureur de la poursuite, Me Pascal Dostaler, au sujet de la suggestion de peine négociée par les parties et que le juge a entérinée.

Gregory Woolley – qui demeure à ce jour le seul Noir ayant été officiellement inclus dans l’organisation des Hells Angels quand il est devenu membre de leur défunt club-école les Rockers, en 1998 – est apparu calme et résigné dans le box des accusés d’où il a enregistré ses plaidoyers de culpabilité.

Un paquet de 52 grammes

Le 2 janvier 2018, celui qui a aussi fondé le gang Syndicate avait reçu un visiteur au parloir de la prison centenaire de Bordeaux. Celui-ci lui a remis «un paquet enrubanné» que Woolley a mis dans ses poches sans l’ouvrir.

Les agents correctionnels qui avaient observé la scène sur des caméras de surveillance ont intercepté le prisonnier et saisi le paquet, qui contenait 20 grammes de cannabis et 32 grammes de méthamphétamine.

À l’origine, la poursuite avait déposé contre lui des accusations de possession de drogue dans le but d’en faire le trafic, compte tenu des quantités saisies.

Son avocate, Me Danièle Roy, a toutefois fait valoir que «les drogues n’étaient pas destinées à M. Woolley, mais plutôt à un autre détenu» et que «le paquet contenait aussi un téléphone cellulaire pour cet autre détenu».

Après avoir pris connaissance de la preuve, la juge qui avait présidé l’enquête préliminaire de Woolley dans ce dossier, en mars dernier, l’avait d’ailleurs cité à procès sous des accusations réduites de possession simple de stupéfiants.

La contrebande de stupéfiants en milieu carcéral peut s’avérer très payante puisque ces substances s’y vendent jusqu’à dix fois plus cher que sur le marché de la rue.

Un seul gramme de cannabis peut coûter 100 $ et le prix d’une dose de méthamphétamine s’élève à 50 $, avait témoigné une experte de la Sûreté du Québec, l’an dernier, au procès de l’ex-avocat Luc Vaillancourt qui avait refilé des stupéfiants et des timbres de fentanyl à un client détenu à la prison de Sorel.