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Inondations: une famille en a assez d’être sinistrée et veut partir

Une famille de Gatineau en a assez d’être sinistrée et souhaite s’installer ailleurs avec l’aide du gouvernement

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GATINEAU | Une famille de l’Outaouais en a ras le bol de vivre sous la menace d’inondations et veut déménager, même si elle n’est pas entièrement satisfaite du plan d’indemnisation du gouvernement Legault. 

« Je veux partir, maintenant, laisse tomber Jean Richard, entouré de sa femme et de ses trois filles. On ne veut pas vivre ça aux deux ans. Ça ne m’intéresse pas de sortir de chez nous avec des bottes d’eau. » 

M. Richard et sa conjointe, Julie Béland, ont encore fraîchement en mémoire les dégâts causés à leur résidence de Gatineau par les crues de 2017, dont les dommages se sont élevés à 80 000 $. 

« Quand on a vu que l’eau montait encore cette année, on s’est dit : ‘‘c’est fini, on part’’ », lance Mme Béland, qui souhaite vivre à Cantley, à environ 20 minutes au nord de Gatineau. 

Julie Béland se tenait les deux pieds dans l’eau, hier à Gatineau, à l’endroit où la maison de sa mère était érigée avant les inondations de 2017. Elle a été démolie depuis. La résidence de Mme Béland est derrière et est menacée par l’eau.
Photo Guillaume St-Pierre
Julie Béland se tenait les deux pieds dans l’eau, hier à Gatineau, à l’endroit où la maison de sa mère était érigée avant les inondations de 2017. Elle a été démolie depuis. La résidence de Mme Béland est derrière et est menacée par l’eau.

Quartier défiguré 

La résidence que le couple habite depuis 2000 n’avait pas encore été inondée hier, mais l’eau menaçait dangereusement. De nombreuses rues du quartier de Pointe-Gatineau sont impraticables. Ces jours-ci, seuls les Jeeps des militaires s’y aventurent. 

Le secteur situé au confluent des rivières Gatineau et des Outaouais, un des plus anciens de la municipalité, a été complètement défiguré après les inondations de 2017. Des dizaines de maisons irrécupérables ont été démolies. Elles ont laissé place à des terrains vagues que les crues des derniers jours ont à nouveau submergés. 

« Le quartier n’est plus pareil. En fait, ce n’est plus un quartier. Ça a l’air d’une zone de guerre », déplore Mme Béland. 

Plusieurs des lots abandonnés appartenaient aux proches du couple. Mme Béland et son conjoint sont les seuls de la famille élargie à toujours habiter le quartier qui les a tous deux vus grandir. 

« Toute ma famille et mes amis sont partis », regrette Mme Béland. Le couple souhaite maintenant aller s’établir « dans les hauteurs, loin de l’eau ». 

Moins généreux 

Or, rien n’indique que la famille pourra se relocaliser grâce au régime spécial d’indemnisation des sinistrés annoncé par Québec cette semaine. 

Le plan du gouvernement Legault prévoit que les propriétaires touchent un montant total de 100 000 $ à vie pour les réparations. Au-delà de ce seuil, Québec offre 200 000 $ aux sinistrés pour les inciter à quitter la zone inondable et payer pour la démolition. 

M. Richard estime que ce programme est moins généreux que celui offert aux sinistrés en 2017 par le gouvernement Couillard. 

« Au lieu de me donner une fois 100 000 $ et une autre fois 200 000 $, qu’ils fassent la même chose qu’il y a deux ans : 250 000 $ avec le terrain et 25 000 $ pour démolir la maison, pis on va être partis ! » lâche-t-il, exaspéré. 

Comme des milliers de Québécois, M. Richard a vu son quotidien être bouleversé au cours des derniers jours en raison de la crue printanière. Pour s’assurer de rester au sec, il a vidé son sous-sol en catastrophe et aménagé une plate-forme dans son garage pour y installer ses électroménagers. 

« On vit à cinq présentement dans une chambre à coucher, un salon et une cuisine, raconte le Gatinois. J’ai été obligé de vider mon sous-sol où sont les quatre chambres de la maison. »