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Inondations: le pire s’en vient pour des sinistrés

Certains résidents dont les maisons sont touchées gardent le moral tandis que d’autres sont déjà exaspérés

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 Les sinistrés des inondations qui durent déjà depuis une semaine au Québec ne sont pas au bout de leurs peines, puisque le pire reste à venir pour plusieurs régions en raison de précipitations prévues dans les prochains jours.  

 « On ne peut pas crier victoire tout de suite. Ça stagne présentement, mais on sait que ça va monter dans les prochains jours. On croise les doigts », s’inquiète Charles Boyer, un résident de Rigaud, en Montérégie. 

 Hydro Météo, spécialisée dans la surveillance des cours d’eau, anticipe que la crue des eaux est loin d’être terminée, alors que la « hausse des débits et niveaux d’eau se poursuivra en fin de semaine prochaine ». 

 « Surtout sur les plus grands axes, soit le fleuve Saint-Laurent, la rivière des Outaouais, des Prairies et des Mille Îles, la crue va durer longtemps », a indiqué le directeur des opérations, Pierre Corbin. 

 Dans la région de Nicolet, au Centre-du-Québec, on s’inquiète de l’augmentation du niveau du lac Saint-Pierre qui avait connu mercredi une hausse de 3 à 5 cm en fonction des secteurs depuis la veille. Le niveau d’eau est déjà plus de 20 cm au-dessus de celui des inondations d’il y a deux ans. 

 Précipitations inquiétantes 

 Environnement Canada prévoit de 25 à 30 mm de pluie vendredi à Montréal. Environ 15 mm se sont abattus mercredi sur la métropole. 

 « Les précipitations qui sont tombées, peuvent prendre parfois plusieurs heures avant de percoler dans les bassins versants et de faire hausser le niveau de certaines rivières », a indiqué le météorologue Alexandre Parent, d’Environnement Canada.  

  •  Voyez des images saisissantes des inondations:   

  

 Plusieurs riverains rencontrés mercredi par Le Journal continuent de garder le moral malgré tout, alors que d’autres sont déjà exaspérés.  

 « Je suis écœuré raide. J’ai maintenant 68 ans. Je viens de combattre un cancer du poumon. Je ne suis plus capable de faire grand-chose et mon sous-sol est inondé d’environ 3 pieds et demi. J’attends juste qu’on m’offre un montant d’argent et je vais crisser mon camp ! » a signifié Gaston Lamoureux, résident de Maskinongé, visiblement excédé. 

  

 À Rigaud, près de 250 maisons étaient isolées mercredi après la destruction par l’érosion du seul chemin qui menait vers le quartier. 

 Jusqu’à la mi-mai 

 De son côté, M. Boyer se prépare à rester « jusqu’à la fin », alors qu’il surveille la montée des eaux. 

 « La vie continue. Je vais seulement évacuer s’ils nous obligent ou si ça devient trop dangereux », précise-t-il, disant prendre son mal en patience. 

 Deux experts estiment que la situation pourrait durer encore un bout de temps pour les inondés. 

 « Je ne m’attends pas à ce que la situation revienne à la normale avant la mi-mai », affirme Frédéric Fabry, professeur au Département des sciences atmosphériques et océaniques de l’Université McGill. 

 « Surtout pour les plus gros cours d’eau, les crues ont tendance à perdurer, souligne Étienne Boucher, professeur au Département de géographie de l’Université du Québec à Montréal. Ça ne va pas se résorber d’un coup. » 

 – Avec Caroline Lepage et l’Agence QMI 

 Coupés du monde à Rigaud 

 La situation ne s’améliore pas à Rigaud. En plus des 83 résidences inondées, un quartier d’environ 250 maisons se trouve désormais complètement coupé du monde, puisque le seul chemin permettant d’y accéder a été détruit par l’érosion.  

 « Même les véhicules blindés légers de l’armée canadienne ne peuvent pas passer » sur le chemin du Bas-de-la-Rivière, a affirmé le directeur des pompiers, Daniel Boyer. 

 Une cinquantaine de maisons continuent d’être occupées malgré tout, et plusieurs citoyens sont allés chercher des provisions afin de pouvoir continuer d’y demeurer. 

« Pains, œufs, lait. Je me suis pris l’essentiel », a notamment indiqué Charles Boyer, qui marchait avec son sac d’épicerie.