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La tomate pour contrer les superbactéries

Une nouvelle classe d’antibiotique a été découverte à l’Université de Sherbrooke

antibiotique tomate UdeS
Photo Dominique Scali Voilà 10 ans que le microbiologiste François Malouin et son équipe travaillent sur la molécule de la tomate pour développer un antibiotique, qu’il montre dans une boîte de Petri avec la bactérie. Le médicament pourrait être mis en marché dans 7 à 10 ans. 

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Une nouvelle classe d’antibiotique trouvée dans la tomate aidera à combattre les superbactéries menaçantes pour la santé publique, ont découvert des chercheurs de Sherbrooke.

« Quand on est chercheur, trouver, c’est bien », ironise le microbiologiste François Malouin, fier de cette « percée majeure ».

Après 10 ans de recherche, des chercheurs de l’Université de Sherbrooke clament avoir découvert une nouvelle classe d’antibiotique grâce à la tomate.

Plus intéressant encore, la molécule tomatidine s’attaque aux superbactéries (staphylocoque doré et BGNPC).

Samedi dernier, Le Journal révélait que 197 Québécois sont décédés après avoir été infectés par une superbactérie depuis cinq ans.

10 millions de morts

Résistantes aux antibiotiques, ces bactéries menacent les soins de santé partout dans le monde (infections, chirurgie, chimiothérapie) et pourraient faire jusqu’à 10 millions de morts dans le monde d’ici 2050.

Depuis 30 ans, aucune nouvelle classe d’antibiotique n’a été créée pour les contrer. Toute percée scientifique à ce sujet est donc une arme intéressante.

« On peut penser que ça jouera un rôle dans la lutte aux superbactéries », dit M. Malouin, qui s’inquiète de ce phénomène.

En 2009, l’équipe de chercheurs avait découvert que la tomatidine (un extrait de la tomate) avait un pouvoir antibiotique contre le staphylocoque doré (une superbactérie).

Une « curiosité »

« La curiosité était assez forte pour voir une application clinique intéressante. Elle avait une activité très forte contre les formes chroniques de la bactérie SARM, se rappelle M. Malouin. C’est pour ça qu’on a poursuivi. »

Grâce à la recherche, l’équipe a réalisé que la tomatidine bloque « le mécanisme de production d’énergie de la bactérie », lit-on dans le communiqué diffusé hier.

Il s’agit d’une première observation où l’on voit un antibiotique agir de cette façon sur une bactérie, d’où la découverte d’une nouvelle classe. Depuis trois ans, des tests pour améliorer la molécule ont révélé des résultats prometteurs pour l’avenir.

Par ailleurs, deux brevets ont déjà été obtenus pour cette technologie. Si tout se déroule comme prévu, un nouvel antibiotique pourrait être mis en marché d’ici 7 à 10 ans.