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«Résurrection»: Crampe en masse amuse encore

«Résurrection»: Crampe en masse amuse encore
PHOTO MARTIN ALARIE

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Les textes de Crampe en masse n’ont pas tous bien vieilli depuis l’heure de gloire du groupe, au tournant des années 2000, mais Mathieu Gratton et Ghyslain Dufresne ont encore le mot pour rire, et leurs ritournelles légères et absurdes sont toujours amusantes. 

Le duo aux chansons humoristiques souligne cette année le vingtième anniversaire de son tout premier album, Crampe en masse, et s’offre pour l’occasion quelques représentations sous le titre Résurrection, un prétexte à revisiter ses «grandes» mélodies, épaulé de deux musiciens. Celles de l’opus célébré et d’autres pigées ici et là dans ses cinq disques, lancés entre 1997 et 2005, années actives de Crampe en masse. 

Après le Lion d’Or, à Montréal, mercredi, nos deux «adulescents» s’arrêteront à Saint-Jérôme, Québec et Joliette pour remémorer leurs bons souvenirs, mais aucune tournée à plus grande échelle ou retour sur disque ne sont prévus pour l’instant. 

«Résurrection»: Crampe en masse amuse encore
PHOTO MARTIN ALARIE

Deuxième degré 

C’était donc un rendez-vous de nostalgiques, mercredi, pour un public qui s’est régalé du matériel ô combien immature et scatologique, et désopilant, de Crampe en masse. 

Certes, en 2019, des titres comme Les fefis sont fins ont de quoi faire sourciller, et la banalisation de la pédophilie, dans M. le curé, pourrait écorcher les sensibilités. Mais le deuxième degré a toujours été la marque de commerce de Crampe en masse ; il suffit d’écouter leurs paroles pour s’en convaincre. Et les artistes n’hésitent pas à se caricaturer eux-mêmes en jasant d’appropriation culturelle, par exemple. 

«On va faire nos deux "hits", et remplir le reste avec une vingtaine de tounes», a précisé Mathieu Gratton dans un mot de bienvenue où les comparses ont tracé le bilan de leurs 15 dernières années respectives. 

«C’est comme si tu retournais avec Patricia Paquin», a balancé Dufresne à Gratton, clin d’œil à sa vie amoureuse d’il y a deux décennies. 

«Résurrection»: Crampe en masse amuse encore
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Après la Chanson qui va-vite et son récit d’un «besoin pressant», on a vite reconnu les couplets de «Fais pas ça» et sa célèbre introduction «Quand une maman accouche de son bébé». Dufresne en a profité pour s’épancher au violon, et Gratton, à la cloche à vache. 

Plusieurs spectateurs allumés voyaient venir les références grivoises de Motel California, et tous semblaient ne pas avoir oublié la salutation au Schtroumpf gourmand de la finale. 

Une chorale unanime a accompagné «Objet perdu» et un vif enthousiaste a secoué le Lion d’Or à l’approche de Aunt Jemima

«Ça nous touche quand vous connaissez nos paroles, mais vos yeules!» a répondu un Mathieu Gratton baveux. Joyeusement ridicule sous sa longue perruque noire, Ghyslain Dufresne a pastiché Serge Fiori pour «R-Monium». 

Au moment d’écrire ces lignes, on craignait l’imminence de l’insupportable Chanson connue («Moi je connais, une chanson, pour écoeurer les gens...»), et on espérait vivement le (probablement) plus grand classique du répertoire de Crampe en masse, la violente «Berceuse pour les pas fins». 

L’opus qui a fait connaître Gratton et Dufresne en tant que tandem comique, en 1999, s’était écoulé à plus de 25 000 copies au moment de sa sortie. En 2000, Crampe en masse mettait la main sur l’Olivier de la Découverte de l’année. Les acolytes effectuaient une première «résurrection» sur une scène extérieure du Festival Juste pour rire en 2016.

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