/sports/opinion/columnists
Navigation

Tous les chemins mènent à Vegas

Erik Bazinyan et Steven Butler se battront à Las Vegas, le 2 mai.
Photo d'archives, Chantal Poirier Erik Bazinyan et Steven Butler se battront à Las Vegas, le 2 mai.

Coup d'oeil sur cet article

La dernière fois que j’ai pris le temps de m’asseoir pour jaser avec Erik Bazinyan, c’était dans une magnifique église orthodoxe arménienne à la limite de Laval et de Montréal dans le coin de la 15.

J’étais bouche bée devant les immenses toiles du peintre d’origine arménienne Bedros Aslanian couvrant les murs déjà décorés de l’église. À serrer le cœur.

Assez pour se convertir et se demander si une toile dans une église devient un signe religieux dans un Québec laïque.

C’était un samedi après-midi, après la célébration d’un mariage selon les traditions arméniennes. Erik était là avec sa jeune femme et leur enfant. Ses parents les accompagnaient et Monsieur Bazinyan ne pouvait s’empêcher de se gonfler de fierté en parlant de son vaillant et discret garçon.

Pas possible de trouver un jeune homme de 23 ans mieux éduqué. Poli, tranquille. Mais féroce dans un ring. Aucune défaite en 22 combats. Et pas contre les pieds de céleri.

Et le jeune a appris les rudiments de la boxe dans l’équipe du Québec.

LES VOIES DE DIEUX SONT INSONDABLES

La dernière fois que j’ai pris le temps de m’asseoir avec Steven Butler, c’était au Palais de justice de Saint-Jérôme. C’était une représentation sur sentence devant une procureure de la Couronne zélée qui tenait absolument à mettre fin à toute possibilité de carrière internationale.

J’étais là pour rendre un témoignage sur les progrès accomplis par Steven Butler au cours des dernières années. Sa défaite contre Brandon Cook a été le 180 degrés de sa vie de jeune adulte. Ce fut le choc salutaire dont Butler avait peut-être besoin. Lui et sa jeune conjointe ont fondé une famille, elle est retournée aux études et les deux ont franchi des pas de géant dans leur démarche familiale et citoyenne.

Quand il s’assoit pour jaser avec son père et sa mère, on sent une quiétude bien installée. Disons que la galerie à l’arrière de la maison des Butler prend des allures de chapelle. Sans les chefs-d’œuvre d’Aslanian, mais avec le sourire de Caroline Bertrand, sa mère.

Je n’ai pas eu à témoigner et un mois plus tard, la juge donnait une sentence raisonnable et réfléchie à son plaidoyer de culpabilité qui allait permettre à Butler d’enfin entreprendre une carrière internationale.

Steven Butler, tout comme Erik Bazinyan, a fait partie de l’équipe du Québec. Et dans une semaine, ils vont être prêts à livrer leur tout premier combat en dehors du pays. Au Hard Rock Casino de Vegas.

POSSÉDÉS PAR LEUR SPORT

Les deux se retrouvent donc dans la ville du vice et de Marc-André Fleury en ayant pris des chemins complètement différents. Mais ils ont des points en commun qui en font des jeunes boxeurs dangereux. Les deux frappent dur, les deux sont possédés par leur sport et s’y donnent corps et âme.

On va avoir le temps d’y revenir, mais sachez que les deux ont des adversaires prenables. Golden Boy Promotions et Eye of the Tiger Management ont bien choisi ceux qui vont leur permettre de découvrir Vegas.

Bazinyan va rencontrer Alan Campa. C’est un Mexicain fort coriace dont le ratio de mises hors de combat est de 50 pour cent. À moins d’une malchance, Bazinyan devrait être capable de contrôler le combat.

Quant à Butler, la commission athlétique a fini par approuver son adversaire, l’Ukrainien Vitaliy Kopylenko. Il a 35 ans et a un style très « soviétique ».

Formé par l’école de boxe russe. Bon jab, mais une carrière pour le moins étrange. Il n’a perdu qu’une fois, en match de championnat contre Willie Monroe. Avant Monroe, ses adversaires étaient solides.

Depuis sa défaite, la plupart de ses combats ont été livrés contre des boxeurs avec une fiche négative. Le record étant Miguelo Tavarez. ZÉRO victoire et 35 défaites.

Comment un gars peut monter dans le ring après s’être fait planter 35 fois de suite ?

Faut vraiment que ce soit terrible à la maison...