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Vérification politique sur de potentiels juges: l’opposition crie au scandale

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OTTAWA | Les vérifications effectuées par le bureau du premier ministre Trudeau pour déterminer si les futurs juges ont déjà donné au Parti libéral du Canada sont «scandaleuses» et «inacceptables», dénoncent des partis d’opposition.

Le Globe and Mail rapportait mercredi matin que la garde rapprochée de Justin Trudeau a eu recours à une base de données privée appelée «Liberalist» pour passer en revue les antécédents politiques de candidats à des postes judiciaires. 

Environ le quart des 289 juges nommés par Ottawa depuis 2016 ont déjà fait des contributions au Parti libéral du Canada (PLC), précise le quotidien torontois. Un maigre 4,2% a effectué des dons au parti conservateur et une proportion de 4,7%, au Nouveau parti démocratique (NPD). 

«Avoir 25% des juges nommés qui sont des donateurs du parti libéral, c’est astronomique», a commenté Alexandre Boulerice, député du NPD dans Rosemont. «Je ne pense même pas qu’il y a 1% de la population qui donne à des partis politiques.» 

La vérification des dons qui serait effectuée par le gouvernement Trudeau lui fait dire que ce dernier cherche à «récompenser des petits amis» du PLC. 

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Aux yeux du bloquiste, Rhéal Fortin, ce «nouveau scandale» montre que les libéraux n’ont pas tiré les leçons nécessaires de la Commission Bastarache sur la nomination des juges à la Cour du Québec ni de la Commission Gomery sur le scandale des commandites. 

«Quand les candidats sont retenus pour une entrevue afin d’être nommés juges, c’est très clair que leurs antécédents politiques ne doivent pas être pris en considération», a-t-il dit. 

Une porte-parole du bureau du premier ministre a assuré au Globe and Mail que l’orientation politique des aspirants-juges n’a aucun effet sur leur nomination, précisant que ceux-ci sont sélectionnés en fonction de leur mérite. 

Elle a fait valoir qu’il est «normal et approprié» que le gouvernement soit préparé à répondre à toute question qui pourrait surgir au sujet des affiliations politiques d’un nouveau juge.