/news/education
Navigation

Des garderies pourraient fermer sans préavis

Les règles sur le retrait préventif des éducatrices en cause

GEN-FUTURS-MATERNELLES
Photo d’archives, Amélie St-Yves La présidente de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ), Valérie Grenon.

Coup d'oeil sur cet article

Des enfants risquent de perdre leur garderie en milieu familial du jour au lendemain si le gouvernement Legault va de l’avant avec son règlement sur le retrait préventif des éducatrices de services de garde.

En raison de leur statut d’emploi particulier de travailleuses autonomes payées par l’État, les responsables des services éducatifs en milieu familial (RSE) devaient se contenter par le passé d’une mince indemnité lorsqu’elles étaient en retrait préventif. Cette situation incitait plusieurs éducatrices enceintes à continuer de travailler, malgré les risques pour leur bébé.

Le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, veut offrir aux éducatrices en milieu familial un régime de retrait préventif qui leur est propre. Une démarche saluée par la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ).

Seul hic, dans le projet de règlement rendu public cette semaine, le gouvernement caquiste calcule l’indemnité à verser durant le retrait préventif en fonction des subventions reçues au moment de la production du certificat médical.

« Cette façon de procéder mettra la RSE devant un dilemme impossible : avertir le parent de son retrait pour qu’il se trouve un nouveau service ou ne pas l’avertir afin d’obtenir sa juste compensation. Le ministre doit corriger le tir pour calculer l’indemnité sur la meilleure période au cours de la dernière année », demande la présidente Valérie Grenon.

Dernière minute

Si l’éducatrice prévient les parents de la fermeture ultérieure de la garderie, ces derniers vont évidemment se chercher une place ailleurs, précise-t-elle. Lorsque la RSE sera officiellement retirée du travail par le médecin, il restera très peu d’enfants fréquentant le milieu familial.

« Il faut trouver la meilleure solution parce que ça peut nuire aux parents, mais en même temps, la RSE n’aura pas le choix de faire ça, d’avertir le parent à la dernière minute, sinon elle va avoir une perte financière importante tout le long de son retrait préventif », insiste Mme Grenon.

Pas de diminution de clientèle

Le porte-parole du ministre Lacombe a précisé à notre Bureau parlementaire que la subvention, payable durant les 19 jours suivant la fermeture du service, est effectivement établie sur la base de ce que recevait la RSG avant l’émission du certificat visant le retrait préventif, donc avant d’avoir avisé les parents de la date de fermeture.

« De ce fait, il ne devrait pas y avoir de diminution de clientèle, a fait valoir Antoine de la Durantaye. L’émission dudit certificat n’entraîne pas l’obligation pour la RSE de fermer son service de garde à ce moment. »

Il a ajouté que puisqu’il s’agit d’un projet de règlement, les commentaires et suggestions « pourront être considérés pour d’éventuelles modifications ».