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Guerre à l’auto, vraiment?

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En cette ère où la théorie du complot se sert à toutes les sauces, nous ne sommes pas à l’abri des hurluberlus qui tentent de faire croire à une guerre à l’auto à Québec.

La réalité est pourtant tout autre et les chiffres parlent d’eux-mêmes : les routes et autoroutes sont loin d’être en reste dans la grande région de Québec. Depuis 2009, les fonds publics injectés sur les routes de Québec et Lévis ont régulièrement atteint des records. Chaque année, plus d’une centaine de millions de dollars y sont affectés, dont un record de 220 M$ à Québec en 2017.

Du côté du ministère des Transports du Québec, des investissements récents de 250 M$ ont été réalisés pour élargir l’autoroute Robert-Bourassa, puis 450 M$ permettront d’élargir et de refaire une partie de l’autoroute Henri-IV jusqu’en 2023. Sur l’autoroute Laurentienne, 150 M$ ont permis d’élargir à trois voies.

En mars, le ministre François Bonnardel parlait de près de 442 M$ qui seraient injectés sur les routes de la capitale nationale d’ici 2021, incluant les travaux sur Henri-IV pendant cette seule période. On prévoit aussi reconstruire une partie du boulevard Champlain. Sur la Rive-Sud, le plan d’investissement annoncé pour la période de 2019 à 2021 réserve plus de 297 M$ pour améliorer la sécurité et la qualité de vie des usagers de la route.

On repassera pour la guerre à l’auto, un mythe qui, comme vous le constatez, s’avère facile à déboulonner.

Transport structurant

Quant au mythe voulant que le monde automobile soit en défaveur d’un système de transport structurant, il est tout aussi faux. J’ai eu l’occasion de discuter récemment de la question du projet de transport structurant avec Charles Drouin, de la Corporation Mobilis, association qui regroupe 140 concessionnaires automobiles de la région et qui organise le Salon de l’auto de Québec.

Or, l’industrie automobile ne voit pas le futur système de transport structurant de Québec comme une menace ni comme une guerre à l’auto. « On va toujours avoir besoin de l’automobile, car les réalités sont différentes, m’a indiqué Charles Drouin. Il y a une cohabitation qui se fait intelligemment, selon les besoins. »

En 2017, 81 % des membres de l’organisme CAA-Québec avaient aussi affirmé être en faveur d’un réseau de transport structurant, tels le service rapide par bus (SRB) ou le tramway. Les usagers de la route, quels qu’ils soient, ont en effet tout intérêt à ce que plusieurs solutions de remplacement soient offertes aux gens pour se déplacer. Ainsi, il y aura moins de congestion sur les routes, et tout le monde en tirera avantage.

Le rôle d’une ville consiste précisément à offrir des choix de déplacement aux citoyens, qui pourront ensuite décider selon leurs besoins et contraintes. La ville doit aussi, comme le réclamaient les membres de CAA-Québec, faire preuve de transparence et s’assurer d’une amélioration de service pour tous.

Pour que les gens optent pour le transport en commun, celui-ci doit leur permettre de gagner du temps et d’être confortables. Ils doivent y voir un gain net et une amélioration de leur qualité de vie, et c’est ce qu’on vise avec le système de transport structurant, qui inclut un tramway, un trambus et des lignes de métrobus additionnelles.

Là-dessus, il est plus que temps que Québec arrive en ville.