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Jamais finies les folies aux frais de la populace

cadeau de noel 01
Photo d'archives

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Pour ne pas s’indigner et pomper

C’est bien beau de vouloir s’informer afin de développer un esprit critique, mais à la longue, ça devient désespérant de voir nos élus agir de la sorte avec notre argent au profit des privilégiés. Soit que l’on devienne révolté ou tout simplement désabusé et résigné. Les naïfs qui pensaient que c’était pour changer avec la CAQ au pouvoir font preuve d’une désolante innocence. Moi en tout cas je déprime, pas pour ma situation personnelle, financière et professionnelle, mais pour les gens ordinaires qui triment dur afin de joindre les deux bouts à la fin du mois. À ces derniers, ceux qui profitent honteusement du système et des faveurs des gouvernements vont leur dire de faire une épicerie « réingénierée » à base de patates et de pâtes, gros max 75 $ par semaine pour quatre personnes.

Les plus vicieux, comme l’Institut de recherche en politiques publiques, une patente de droite subventionnée abondamment par l’État, vont même jusqu’à offrir gracieusement de lucides conseils d’investissements aux gueux : « Les pauvres devraient miser sur le CELI plutôt que sur le REER » (Le Journal de Montréal, 9 avril 2019). Comme si les pauvres mettaient chaque année 6000 $ dans leur CELI et des milliers de dollars dans leur REER alors que dans les faits : « Près de la moitié des Québécois sont à 200 $ ou moins de l’insolvabilité » (Le Journal de Montréal, 21 janvier 2019). Du vrai mépris à l’exposant N. À ce jour, la CAQ n’a fait que surfer sur les milliards hérités de l’ère du PLQ qu’ils ont principalement distribués aux compagnies, plus d’un milliard en faveurs fiscales; aux riches en baissant leurs taxes scolaires, un cadeau de 900 millions, à UBER en « modernisant » les chauffeurs de taxi, etc. Rien dans nos services publics toujours en aussi piètre état que durant le règne du PLQ. 

Chaque jour suffit sa peine

Au cours des deux premières semaines d’avril seulement, les cadeaux de la CAQ aux gros continuent comme le faisait le PLQ : « Des congés d’impôt de 27 M$ de Québec aux cerveaux étrangers ». Ottawa n’offre pas ce type de bonbon fiscal à ceux qui viennent s’établir ici » (Le Journal de Montréal, 12 avril 2019). Ça fait pas beaucoup colonisé de voir notre gouvernement du Québec (CAQ, PLQ et PQ) offrir des congés d’impôts à des « cerveaux » qui vont daigner venir habiter ici dans la belle province et qui vont travailler dans des entreprises déjà « full » subventionnées comme dans le commerce électronique, le multimédia, l’intelligence dite artificielle, etc. Pas d’étude supportant cette farce grotesque que le patronat approuve à plus de 100 %. Pensez-vous vraiment que la CAQ va abolir ce programme? 

Un autre programme bidon

Bravo pour le courage de nos députés. Oui, le Québec est la seule province à l’avoir et sous Stephen Harper, le fédéral l’a aboli en 2012. C’est le programme des immigrants investisseurs qui profitent surtout aux banques et aux professionnels, mais qui coûtent chaque année des millions de dollars au gouvernement du Québec. Des gros investisseurs étrangers qui déclarent au fisc canadien des gros revenus de 21 856 $ l’an. Encore un programme insensé qui ne profite qu’aux gros faiseux d’ici comme les banques et Desjardins et pour lequel il n’y a pas d’études. Mais l’important est que ces institutions financières ont les moyens de se payer plusieurs lobbyistes et des universitaires, comme l’émérite professeur d’économie Pierre Fortin qui vont dire, malgré les faits, plein de bonnes choses sur ce prétendu Klondike. Alors, ça fait que : « Un programme brisé que Québec (PLQ et CAQ) refuse de réparer » (Le Journal de Montréal, 6 avril 2019). Il ne faudrait pas seulement le réparer, mais plutôt l’abolir comme partout au Canada. Déjà que de privilégier les immigrants sur la base de la richesse est immoral. La CAQ n’a pas le temps de s’occuper de ça et qui risquerait d’irriter des amis. Leurs députés sont très et trop occupés à mettre au pas les chauffeurs de taxi et à lancer leurs maternelles 4 ans que pas grand monde désire. 

Des options d’achat d’actions pour les boss

Justin Trudeau vient d’abolir un odieux privilège fiscal qui profitait seulement aux dirigeants d’entreprises cotées à la Bourse qui se font payer leur énorme salaire en actions plutôt qu’en chèque de paie comme c’est le cas pour les travailleurs ordinaires. Considérés comme un gain en capital, seule la moitié des salaires versés en options d’achat d’actions sont imposables, ce qui fait que ces riches ont un taux réel d’impôt inférieur à leurs subalternes payés en chèque de paie. Cette vache sacrée fiscale coûte chaque année aux gouvernements plus d’un milliard de dollars en manque à gagner fiscal pour favoriser une poignée de dirigeants qui gagnent déjà des millions de dollars annuellement. Justin Trudeau a eu le courage de s’attaquer à cette criante injustice fiscale, mais pas la CAQ : « Mesure fiscale profitant aux chefs d’entreprise : le Québec peut-il se priver de 250 M$ par année? » (Le Journal de Montréal, 5 avril 2019). Si c’est pour faire plaisir et honorer le gratin, c’est clair que la CAQ peut se priver de 250 M$ par année, comme il a fait un cadeau de 900 M$ aux riches en réduisant la taxe scolaire : « Une mesure au profit des propriétaires » et « Un beau cadeau pour les riches » (Le Devoir, 7 décembre 2018 et le Journal de Montréal, 19 décembre 2018). Legault n’est pas du tout pressé d’abolir des folies comme les congés d’impôts aux cerveaux, le programme d’immigrants investisseurs, qui bien souvent vont acheter un dépanneur, et la passe fiscale des options d’achat d’actions. Mais par contre : « Legault pressé de réduire la taxe scolaire » (Le Devoir, 15 novembre 2018). Il faut juste savoir établir ses priorités dans la vie. Et pendant ce temps : « Des élèves (défavorisés) se font couper les vivres (aide alimentaire) » (Le Journal de Montréal, 29 mars 2019). Pas bien grave, ils peuvent se prévaloir des soupes populaires et des banques alimentaires.

Et deux autres nouvelles décourageantes

Il faut vraiment être masochiste pour s’entêter à vouloir s’informer. Les cadeaux aux transnationales milliardaires ont continué à être distribués par la CAQ au mois d’avril 2019 : « Des rabais d’électricité qui vont coûter (aux contribuables) plus de 2 milliards $ » (Le Journal de Montréal, 9 avril 2019). Des tarifs d’électricité inférieurs à 4 ¢ le kilowattheure à des grosses compagnies pendant que la population propriétaire de ce joyau collectif paie plus de 12 ¢ le kwhre, incluant la TVQ-TPS que les entreprises n’ont pas à payer et avant impôt puisque l’électricité est une dépense non déductible d’impôt pour le résidentiel alors qu’il l’est pour le corporatif. De juteux rabais accordés sans étude et en fonction du seul pif idéologique aux alumineries, aux mines, aux serres de cannabis, aux papetières, aux centres de données comme Amazon, etc. 

Et pour finir en beauté, malgré qu’il y en a plein de bonnes autres histoires comme ça, pourquoi pas cet article du 15 avril 2019 publié dans le Journal? « Les petites centrales sont de retour (gracieuseté de la CAQ). Hydro-Québec va débourser pas moins de 460 millions de dollars (dont plusieurs à la papetière Kruger) pour de l’électricité dont elle n’a pas besoin ». Il ne faut pas que la CAQ, comme le PLQ, soit ingrate avec l’élite. Ce n’est pas grave car afin de compenser cette faveur au gratin, on ajustera et on fixera le bill d’électricité du peuple. Pouvez-vous arrêter d’accabler la CAQ avec sa promesse électorale de baisser le salaire des médecins? Ça ne viendra pas tout de suite, et peut-être jamais. La CAQ préfère s’atteler à réduire le salaire des chauffeurs de taxi et des 1000 lockoutés de l’aluminerie ABI. Et le ministre caquiste de l’Énergie, Jonathan Julien, qui candidement admet l’évidence : « Les petites centrales ne seront pas rentables » (Le Journal de Montréal, 16 avril 2019). Qui va payer la note?