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Séries éliminatoires: le début d’une révolution?

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 Avez-vous fait vos prédictions pour la deuxième ronde des séries ? Il n’y a qu’une seule certitude à ce stade-ci. Pour la 26e année d’affilée, la coupe Stanley ne sera pas gagnée par une équipe établie au Canada. Mais un conseil : si vous pariez, allez-y mollo. Bonne chance à tous ! 

 Trêve de plaisanterie, la ronde initiale a été fertile en bouleversements. Les quatre champions de division ont passé dans le tordeur. À commencer par le Lightning de Tampa Bay, qui est devenu la première équipe championne en saison régulière dans l’histoire de la Ligue nationale à subir l’affront d’un balayage au premier tour. 

 Les Capitals de Washington, vainqueurs de la coupe l’an dernier, sont tombés à leur tour hier soir face aux Hurricanes de la Caroline, dominants dans la rencontre ultime. 

 L’équilibre des forces et l’évolution constante du jeu nous amène à une question. 

 Assiste-t-on au début d’une véritable révolution dans le déroulement des séries ? 

 À ce moment-ci, on peut dire que les nombreuses surprises enregistrées cette année donnent plus de poids à l’argument de Marc Bergevin, selon lequel toutes les équipes méritant une place dans les séries ont des chances de remporter les grands honneurs. 

 L’effet Binnington 

 La coupe pourrait être enlevée par une équipe qui n’apparaissait pas sur l’écran radar il y a quelques mois. 

 Les Blues de Saint Louis occupaient le septième et dernier rang dans la division Centrale et la 30e position au classement général lorsque Mike Yeo a été relevé de ses fonctions d’entraîneur en chef pour être remplacé par Craig Berube, le 20 novembre. 

 Le 2 janvier, les Blues croulaient en 31e place avec 34 points. Cinq jours plus tard, Craig Berube accordait un premier départ à Jordan Binnington, gardien de 25 ans qui roulait sa bosse dans les ligues mineures depuis six ans. 

 À sa première sortie, Binnington a blanchi les Flyers 3 à 0. En 20 matchs, il a conservé une fiche de 16-3-1, un taux d’arrêts de ,933 et une moyenne de buts accordés de 1,70 pour mener les Blues au troisième rang de la division Centrale avec 99 points et un laissez-passer pour les séries. 

 Binnington a été moins dominant en première ronde contre les Jets de Winnipeg (moyenne d’efficacité de ,908 et moyenne de buts accordés de 2,63), mais le congé de quatre jours dont il vient de bénéficier pourrait lui être salutaire pour la prochaine série contre les Stars de Dallas. 

 Montgomery a vu juste 

 Sans être tombés aussi bas, les Stars ont éprouvé leur part de difficultés. 

 Après une défaite contre ces mêmes Blues en janvier, le Montréalais d’origine Jim Montgomery, qui en est à sa première saison derrière le banc de la formation texane, a fustigé ses joueurs sur la place publique en déclarant qu’ils se vautraient dans la médiocrité. 

 Ça rapporte parfois de dire les vraies choses. Il faut savoir quand c’est le temps de secouer le pommier. 

 La sortie de « casseau » 

 Ça peut venir d’un joueur aussi. 

 Patrick Roy avait pris les choses en main lors de la série entre le Canadien et les Nordiques, en 1993. Même si le Tricolore n’avait terminé que deux points derrière ses grands rivaux québécois cette année-là, ils étaient peu nombreux à lui prédire une victoire en première ronde. 

 Les prédictions se sont renforcées lorsque les Nordiques ont remporté les deux premiers matchs au Colisée. La veille de la troisième rencontre, Roy avait rencontré un petit groupe de journalistes dans le garage du Forum pour leur dire que le Canadien devait arrêter d’admirer et de respecter les Nordiques. 

 Sa sortie était audacieuse, mais l’ancien gardien Daniel Bouchard, qui était entraîneur des gardiens des Nordiques, l’avait piqué dans son orgueil en affirmant qu’il avait décelé une faille dans son style. 

 Les dieux du hockey se sont rangés du côté de Roy et ses coéquipiers. Les Rouges ont éliminé les Bleus en six matchs. 

 On connaît la suite. 

 C’était le bon temps. 

 Espérons que l’on pourra revivre de pareils moments à Montréal plus tôt que tard. On a du plaisir à regarder les séries cette année, mais c’est encore mieux quand ça se passe chez nous. 

 Bon point de Marchessault 

 Jonathan Marchessault en avait gros sur le cœur contre les arbitres Éric Furlatt et Dan O’Halloran après l’élimination des Golden Knights de Vegas, mardi soir à San Jose. 

 L’attaquant natif de Cap-Rouge a pimenté ses commentaires du mot anglais de quatre lettres commençant par la lettre F à quelques reprises en répondant aux questions des journalistes. 

 Réaction compréhensible quand on parle à chaud et que votre équipe a subi une remontée de quatre buts en troisième période et subi la défaite en prolongation. 

 Mauvaise décision... 

 Pour Marchessault, la défaite des siens était attribuable à la pénalité majeure imposée à son coéquipier Cody Eakin pour un double-échec infligé à Joe 

 Pavelski, lors d’une mise en jeu. Les Sharks ont marqué quatre fois en quatre minutes au cours de cette supériorité numérique pour transformer un déficit de 0-3 en une avance de 4 à 3. 

 Or, la vidéo de l’incident impliquant Eakin le montre appliquant un double-échec à la poitrine de Pavelski. Dans sa chute, le capitaine des Sharks a été poussé sur la glace par Paul Stastny. Le choc contre la glace lui a causé une coupure à la tête. Une pénalité mineure aurait été de mise. 

 ... Mais pas la cause 

 Le défenseur des Golden Knights, Nate Schmidt, a replacé les choses dans leur contexte après la rencontre en disant que les siens n’avaient pas à accorder quatre buts avec 10 minutes à jouer en troisième période. Et ce, peu importe les circonstances, avec ou sans pénalité. Schmidt a raison. 

 Les Golden Knights avaient le contrôle de la situation. Gerard Gallant aurait pu demander un arrêt de jeu pour calmer ses joueurs après le premier ou le deuxième but. 

 Marchessault a toutefois apporté un bon point en disant que ce type d’incident devrait être soumis à la reprise vidéo. 

 « Les choses se passent rapidement sur la patinoire », a-t-il 

 rappelé. Dans un cas comme celui que l’on a vu ce soir 

 [mardi], pourquoi ne pas aider les arbitres dans leur travail en leur faisant voir la reprise ? » 

 Très juste.