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Le meilleur de nous tous

Au détour de cette catastrophe, nous avons retrouvé, collectivement, le meilleur de nous tous.

La ministre Guilbault en mêlée de presse. CAPTURE D'ÉCRAN / TVA NOUVELLES / AGENCE QMI
CAPTURE D'ÉCRAN / TVA NOUVELLES / AGENCE QMI La ministre Guilbault en mêlée de presse. CAPTURE D'ÉCRAN / TVA NOUVELLES / AGENCE QMI

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Les inondations des derniers jours ont dévasté le paysage québécois. Par centaines, les riverains ont perdu leur maison, leur sentiment de sécurité et leurs biens les plus chers. 

Pour plusieurs d’entre eux, la perte est plus importante qu’elle ne l’a jamais été et la détresse psychologique qui les attend au retour à la maison est difficile à anticiper. Pourtant, au détour de cette catastrophe, nous avons retrouvé, collectivement, le meilleur de nous tous. 

Quand le drame unit 

On le sait, les Québécois sont un peuple généreux. Quand surviennent les catastrophes, la fibre chaleureuse, accueillante et bienveillante de chacun ressort rapidement.  

Comme s’il nous fallait voir l’extrême nécessité pour sentir une connexion avec notre voisin. Celui-là même qui nous tapait sur les nerfs au plus haut point hier fait partie de la famille quand le hasard s’acharne sur lui. 

Depuis le début des inondations, on n’entend presque plus parler de laïcité, de taxis, de signes religieux et des différences entre québécois. 

 

La ministre Guilbault en mêlée de presse. CAPTURE D'ÉCRAN / TVA NOUVELLES / AGENCE QMI
Joël Lemay / Agence QMI

 

On entend plutôt parler de solidarité, de soutien et d’entraide. 

Depuis le début des inondations, on s’intéresse à ce qui nous unit, ce qui nous rapproche les uns des autres et non à ce qui nous sépare. Ce répit, quoique lié à un désastre, est salutaire et nécessaire. 

Trouver le bon ton 

Dans toute cette crise, le gouvernement Legault, par la voie de ses ministres et de ses députés, a réellement été à la hauteur.  

Sur le terrain, les élus ont su jouer le bon rôle. Présents, rassurants, réconfortants, ils partagent la réalité des citoyens qui traversent des jours sombres. Bien souvent, leur seule présence suffit pour que les résidents des zones sinistrées se sentent pris en charge. 

La ministre Geneviève Guilbault a rapidement retrouvé le ton qui lui va le mieux, celui qui nous l’a fait connaître lors des tragédies de Lac-Mégantic et de L’Isle-Verte. Ce ton calme, analytique, posé et contrôlé de la porte-parole en situation de crise lui va comme un gant.  

Sans attendre, la ministre a demandé l’aide de l’armée. Une décision proactive, une capacité à reconnaître la collaboration qui doit s’établir entre Québec et Ottawa, mais surtout une décision qui apporte une présence et une aide rassurantes pour les sinistrés. 

Cette fois, on peut dire que le premier ministre a choisi de placer la bonne personne à la bonne place. 

Attention de ne pas aller trop vite 

Seul bémol à l’actuelle gestion de crise : la réflexion publique du gouvernement à propos du déplacement permanent des sinistrés. 

Non pas que cette réflexion ne soit pas nécessaire, elle était d'ailleurs bien entamée sous les libéraux. Les changements climatiques ne vont pas aller en diminuant dans les prochaines années et les crues imprévisibles risquent d’être plus nombreuses et plus intenses. 

Toutefois, cette réflexion vient trop tôt dans l’ordre des choses. D’une part, on ignore combien pourrait coûter un tel engagement. Ce n’est pas la première fois que la CAQ avance des idées improvisées et non chiffrées, mais cette fois, on s’adresse directement à une population déjà ébranlée. 

D’autre part, on oublie que les sinistrés ne font que commencer à réaliser l’ampleur des épreuves qu'ils devront traverser. Plusieurs n’ont pas encore visité leur résidence ou leur entreprise. Ils sont à la fois épuisés et mal préparés au chaos et aux odeurs qu'ils vont trouver en rentrant chez eux.  

Avant de créer des attentes ou des angoisses chez les citoyens, le gouvernement devrait se donner le temps de traverser la phase aigüe de la crise. Il sera toujours temps, dans quelques semaines, d’annoncer aux sinistrés qu’ils devront renoncer définitivement à vivre là où ils l’avaient choisi.