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The Walking Dead, ou comment Lee et Clementine ont changé ma façon de voir les jeux vidéo [Chronique]

The Walking Dead, ou comment Lee et Clementine ont changé ma façon de voir les jeux vidéo [Chronique]
Montage Christine Lemus

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Grand amateur de feels, j’ai personnellement toujours eu un faible pour les produits culturels à forte teneur en tristesse: la musique déprimante, les films déprimants, les jeux vidéo déprimants... vous voyez le portrait.   

Quand j’ai lancé le premier volet du Walking Dead imaginé par Telltale sur ma PS3, j’étais loin d’être prêt au déluge d’émotions qui allait me frapper, à mon grand bonheur, épisode après épisode.    

En retard sur tout le monde, moi qui n’avais jamais lu les bandes dessinées ou regardé la série télé, je m’attendais bien honnêtement à un jeu d’horreur un peu quelconque, avec une petite twist interactive en prime.    

J’ai plutôt eu droit à une aventure prenante et déchirante, qui m’a si souvent brisé le cœur, avant de le recoller puis de le briser à nouveau avec sa trame narrative inventive et ses personnages si attachants.    

Ah! Les souvenirs que ça brasse...
Capture d'écran YouTube
Ah! Les souvenirs que ça brasse...

Je pourrais y consacrer plusieurs paragraphes, mais, en quelques mots: le premier Walking Dead de Telltale a changé ma façon de voir les jeux vidéo.    

Ce mercredi, ça fait exactement sept ans que le premier épisode de la série initiale a vu le jour et je dois avouer que je ressens toujours les impacts des aventures de Lee et Clementine sur mon expérience vidéoludique et, oserai-je même dire, sur l’industrie du jeu vidéo en général.    

L’histoire avant tout    

Quand on replonge aujourd’hui dans la première saison de Walking Dead, on oublie les animations un peu «carrées» des personnages et les quick time events qui n’ont pas toujours très bien vieilli.    

Pourquoi? Parce que l’histoire est reine dans ce classique de Telltale.    

Ce qui compte vraiment dans le titre (et ce dont on se souvient tous encore à ce jour), c’est la relation profonde entre Lee et Clementine.    

C’est l’évolution de cette courageuse petite aventurière à travers les épreuves.    

C’est la fin déchirante de cette première saison. 

La fin! Les feels! En tout cas.    

«Keep that hair short»
Capture d'écran YouTube
«Keep that hair short»

Avec son scénario et ses dialogues qui en ont scotché plus d’un sur son sofa, Telltale a réussi, à l’époque, à rappeler qu'il est absolument légitime de privilégier la trame narrative plutôt que le gameplay dans un jeu vidéo.    

Du coup, le développeur éveillait, voire réveillait, l’appétit de plusieurs joueurs pour ce type d’aventures vidéoludiques.    

Personnellement, Lee et Clementine m’ont transporté à nouveau aux heures de gloire de LucasArts. 

Je me revoyais, petit gars, submergé par les histoires délirantes de Grim Fandango, Sam and Max et Day of the Tentacle.  

Après des années à jouer à des shooters, des jeux de sport, des jeux d’infiltration et des platformers, Walking Dead m’avait rappelé que les jeux vidéo n’étaient pas toujours une question d’adresse, de performance ou de maîtrise.    

Ça m’a aussi rappelé que c’est correct de s’asseoir devant sa console pour vivre une aventure et découvrir une histoire à petits coups de dialogues; qu’un jeu peut nous enivrer et nous marquer longtemps sans nécessairement nous bousiller les pouces pour deux semaines.    

Aux côtés de Quantic Dream avec Heavy Rain, j’ai l’impression que Telltale a permis à beaucoup de joueurs d’accepter le fait que le jeu vidéo puisse parfois se coller de très près au cinéma et à la télévision pour donner vie à des titres aussi atypiques que rafraîchissants.   

Vous vous souvenez de cette première rencontre?
Capture d'écran YouTube
Vous vous souvenez de cette première rencontre?

On peut aussi se demander si ce nouveau mouvement vers les jeux narratifs n’a pas également servi d’étincelle à la vague des walking simulators qui a suivi quelques années plus tard.    

Parlerons-nous encore de Lee, Clementine et compagnie dans 30 ans? La première mouture de Walking Dead est-elle à ce point un jeu révolutionnaire?    

Il est encore tôt pour le dire, mais, sept ans après la parution de cette première saison, j’ai l’impression qu’on en ressent encore les effets dans l’industrie, en particulier du côté de l’offre de plusieurs studios indépendants.    

Reste à voir si cette influence se poursuivra, surtout maintenant que l’histoire de Clementine est finalement bouclée.    

Au sujet de la finale de Walking Dead...    

D’ailleurs, avez-vous eu l’occasion de visionner la quatrième et dernière saison de la série, parue dans son entièreté à la fin mars?    

Avec les déboires récents de Telltale, je dois dire que j’ai trouvé ça incroyablement beau, qu’un groupe de rescapés du studio en faillite trouve refuge au sein de la petite équipe de Skybound Games pour terminer l’au revoir de Clementine et d’AJ.    

Clementine et AJ dans le dernier épisode de la saison finale
Image courtoisie Skybound Games
Clementine et AJ dans le dernier épisode de la saison finale

Ainsi ont-ils pu non seulement livrer aux fans les épisodes trois et quatre, qui risquaient de ne jamais voir le jour, mais aussi offrir une «fin» digne de ce nom aux personnages de la série.    

Bien qu’inégale par moments – et que dire de certaines scènes de combat absolument laborieuses –, cette dernière saison m’a rappelé à travers maints petits hommages ce qui m’avait tant fait aimer Walking Dead en 2012: une trame narrative solide, des personnages attachants, des rebondissements... et de l’émotion.    

Ben oui, de l’émotion! Et pas mal, à part de ça.    

Eh oui, ça ne peut jamais être simple!
Image courtoisie Skybound Games
Eh oui, ça ne peut jamais être simple!

Oui, il faut admettre que Skybound et le «Still Not Bitten Team» de Telltale ont profité des derniers épisodes pour verser à l’occasion dans le fan service, avec notamment le «retour» d’un ancien personnage marquant.    

Toutefois, s’il y a un mot qui me vient en tête concernant les dernières heures de la série, c’est «dignité».    

Parce qu’alors que le syndrome de «la saison de trop» guettait sérieusement Walking Dead, les artisans derrière le jeu ont su éviter la plupart des pièges et profiter de ces derniers moments avec Clementine pour élaborer une finale sensée, appropriée et, surtout, humaine.    

Ici, c’est la profondeur de la trame narrative et de l’évolution des personnages qui a eu le dernier mot, malgré les explosions et autres artifices un peu superficiels qui mènent à l’ultime conclusion de la série.    

Bref, c’est une finale digne, j’ai trouvé.    

De quoi rendre Lee pas mal fier.    

 

*Pèse sur start a pu tester The Walking Dead: The Final Season grâce à une copie offerte par Skybound Games.