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Tarification du carbone: Ottawa engrangera 2,63 milliards $ en recettes

Bloc parlement Ottawa
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OTTAWA – La taxe fédérale sur le carbone rapportera cette année 2,63 milliards de dollars à l’État avant que les recettes soient redistribuées aux ménages des quatre provinces où la tarification s’applique, analyse le directeur parlementaire du budget.

Les recettes de la tarification, qui ne s’applique pas au Québec, grimperont ensuite à 6,21 milliards de dollars d’ici 2023-2024, conclut Yves Giroux, le chien de garde des finances fédérales, dans une étude publiée aujourd'hui.

C’est en Saskatchewan que la facture sera la plus salée pour les ménages. M. Giroux estime que le coût moyen annuel y sera de 425 $ en 2019-2020, comparativement à 193 $ au Nouveau-Brunswick.

«Il convient de préciser que cette analyse repose sur les montants bruts, c’est-à-dire avant tout remboursement aux ménages», souligne toutefois le directeur parlementaire du budget (DPB).

Il note par ailleurs que le coût immédiat sera plus grand pour les ménages mieux nantis, car ceux-ci, estime-t-il, ont une plus grande consommation énergétique.

La taxe fédérale sur le carbone, qui prend la forme d’une redevance sur l’essence et d'autres carburants, est en vigueur depuis le 1er avril au Nouveau-Brunswick, en Saskatchewan, au Manitoba et en Ontario.

Les provinces où un système de tarification était déjà en place, comme le Québec, sont épargnées.

La taxe est de 20 $ par tonne d’émissions de gaz à effet de serre et augmentera de 10 $ par année pour se stabiliser à 50 $ la tonne en 2022.

Les opposants à la mesure, incluant tous les gouvernements des provinces où elle s'applique, arguent que celle-ci fera grimper le coût de la vie et minera l'économie.

Ottawa soutient en retour que les recettes seront redistribuées dans les provinces respectives sous forme de crédits d’impôt pour les ménages.

À ce sujet, le DPB estime que ces versements atteindront 2,19 milliards de dollars en 2019-2020, soit 90 % des recettes tirées de la tarification.

«Partant de cette hypothèse, un ménage type recevra des transferts plus élevés que les montants moyens qu’il paie en redevances sur les combustibles », calcule-t-il.

Les 10 % restants des recettes fédérales serviront à venir en aide aux secteurs particulièrement touchés par la tarification du carbone, comme des communautés autochtones et de petites et moyennes entreprises.