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Crue des eaux historique: ça n’arrive qu’une fois aux 1000 ans

Une soixantaine de résidences dans les Laurentides ont été évacuées d’urgence à cause d’un barrage d’Hydro

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GRENVILLE-SUR-LA-ROUGE | Dans une situation pratiquement jamais vue, un barrage des Laurentides conçu pour résister à une crue des eaux qui survient une fois tous les 1000 ans a atteint ce seuil critique, forçant l’évacuation d’urgence d’une soixantaine de résidences en danger.   

  • VOYEZ des images de la rivière Rouge prises vendredi matin:

« C’est exceptionnel. [...] On rentre dans une zone inconnue, a admis Simon Racicot, directeur principal de production chez Hydro-Québec. C’est très difficile de prévoir comment l’ouvrage va réagir. »  

Le niveau et les débits d’eau au barrage Chute-Bell ont atteint un niveau critique jeudi, forçant l’évacuation d’une soixantaine de résidences. Déjà, il est possible de voir qu’aux deux extrémités, l’eau débordait.
Photo hélicoptère TVA, Kariane Bourassa
Le niveau et les débits d’eau au barrage Chute-Bell ont atteint un niveau critique jeudi, forçant l’évacuation d’une soixantaine de résidences. Déjà, il est possible de voir qu’aux deux extrémités, l’eau débordait.

Toutefois, on assure à la société d’État qu’on a confiance en la solidité du barrage Chute-Bell, à Grenville-sur-la-Rouge.  

La quantité de précipitations lors des prochains jours sera déterminante pour la structure située à 18 km de la rivière des Outaouais. On s’attend à ce que le niveau et le débit de la rivière Rouge, où se trouve le barrage, continuent d’augmenter.  

« De façon naturelle, l’eau passe par-dessus le barrage, il n’y a pas de vanne ou de porte qu’on pourrait fermer pour limiter [les dégâts]. On s’en remet à regarder la météo », a indiqué M. Racicot dans un point de presse jeudi soir, en compagnie de la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault.   

La panique  

Sous l’ordre de la ministre qui ne veut « aucun compromis » quant à la sécurité des citoyens, la Sûreté du Québec a procédé à du porte-à-porte chez 23 résidences et 38 chalets, afin de les évacuer.  

Jeudi après-midi, les premières informations qui ont circulé à Grenville-sur-la-Rouge étaient que le barrage Chute-Bell avait littéralement cédé, semant le chaos chez les gens du secteur.   

« On s’est dépêchés pour quitter le camp. Nous étions vraiment sur la panique », a raconté François Prévost, propriétaire du camp de vacances Centre Notre-Dame de la Rouge.  

Hélicoptère  

« On nous a vraiment dit que le barrage avait cédé. On a eu juste le temps de prendre ce que nous avions sous la main et on a monté, sur le bord de la route 148. On a eu vraiment peur », a avoué Sylvie Lajeunesse, une employée.  

Le maire de Grenville-sur-la-Rouge, Tom Arnold, a indiqué au Journal que certaines personnes ont été déplacées par hélicoptère, tant ils habitent dans un secteur isolé.  

« Les gens vont être évacués pendant plusieurs semaines parce que le barrage devra être inspecté. Le niveau d’eau doit être beaucoup moins fort pour le permettre », a-t-il précisé, lui qui dit dormir avec son téléphone à côté de son oreiller.  

Pas d’impact plus loin  

Si plus d’une soixantaine de résidences sont menacées par le risque de rupture du barrage Chute-Bell, Hydro-Québec se voulait rassurante jeudi quant au reste des inondés qui subissent les crues printanières, si jamais la structure cédait.  

« Il y aurait une vague sur la rivière Rouge, mais qui rapidement baisserait. Ça commencerait par une vague de deux mètres et rendu à la rivière des Outaouais, ça serait 30 cm. Ça n’aurait pas d’impact sur la rivière des Outaouais », assure M. Racicot.