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29 000 litres de lait jetés

Les fermetures de routes liées aux inondations causent des maux de tête à des producteurs laitiers

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 Des producteurs de Chaudière-Appalaches ont dû jeter 29 000 litres de lait en raison des inondations, du jamais-vu pour plusieurs d’entre eux.  

 

 Les nombreux tronçons de route fermés ou inondés ont empêché 10 producteurs d’acheminer leur lait dans des camions-citernes afin qu’il soit pasteurisé.  

 

 Certains ont vu leurs bassins d’entreposage déborder. Le lait d’autres producteurs a passé trop de temps sans être pasteurisé, ne respectant pas les normes.  

 

 Ils n’ont donc eu d’autre choix que de jeter un total de 29 000 litres dans leurs fosses à purin, a indiqué la fédération des Producteurs de lait du Québec.  

 

 Plusieurs d’entre eux habitent dans le rang des Érables à Saint-Joseph-de-Beauce. Ce dernier a été fermé sur plusieurs tronçons au cours de la dernière semaine.  

 

 Sur ce rang se trouve la ferme de Michael Roy, copropriétaire de la ferme Roylak, qui compte 40 vaches. Puisque le camion de collecte de lait n’a pas pu se rendre à leur ferme, Michael et son frère Keven Roy ont dû jeter 2000 litres de lait.  

 

 Du jamais-vu  

 

 « C’est la première fois que je jette du lait en quatre ans », a mentionné le producteur laitier âgé de 25 ans.  

 

 Même son de cloche pour Nicolas Giguère qui a jeté pour sa part 800 litres de lait.  

 

 Ce nombre de litres équivaut à une demi-journée de production pour sa ferme Malegi. Copropriétaire de l’endroit depuis 10 ans, M. Giguère n’a jamais rien vu de tel non plus.  

 

 Il est rare que des producteurs doivent jeter ainsi des litres de lait pour des raisons liées à la météo, assure l’Union des producteurs agricoles.  

 

 Si 29 000 litres sont une part importante de la production de ces agriculteurs, notons que 65 millions de litres de lait sont produits chaque semaine au Québec.  

 

 Les pertes causées jusqu’ici par les inondations sont donc équivalentes à 0,05 % de la quantité hebdomadaire produite.  

 

 Ce qui a été perdu dans les derniers jours vaut entre des centaines, voire des milliers de dollars par producteur. La situation a été rétablie depuis.  

 

 Le porte-parole des Producteurs de lait du Québec, François Dumontier, a assuré hier que les agriculteurs touchés seront dédommagés.  

 

 Situation inquiétante  

 

 N’empêche que cela en inquiète plus d’un.  

 

 « La situation va peut-être empirer au cours des prochains jours. C’est une situation que nous surveillons de près, surtout pour les régions de la Mauricie et de l’Outaouais », a souligné M. Dumontier.  

 

 Il redoute qu’une possible crue des eaux dans les prochains jours contraigne d’autres producteurs à imiter ceux de Chaudière-Appalaches.  

 

 Il faut dire que les producteurs laitiers ont déjà été éprouvés ces dernières années.  

 

 Ils ont notamment dénoncé la conclusion de récents accords commerciaux qui ont ouvert davantage les marchés internationaux des produits laitiers, à leur détriment.  

 

 Le lait en bref  

  

  •  Au Québec, chaque litre de lait produit est vendu 0,71 $ par le producteur.   

 

  

  •  11 000 propriétaires de fermes laitières au Québec, dont 503 dans la région de Chaudière-Appalaches.   

  

  •  3 milliards de litres de lait produits par année.   

  

  •  En 2014, les fermes laitières du Québec étaient à la source de 82 661 emplois.    

 S’adapter aux changements climatiques 

 

 Un producteur compte investir environ 75 000 $ pour l’achat d’un plus grand bassin d’entreposage du lait pour faire face aux prochaines catastrophes naturelles.  

 

 Vincent Roy, copropriétaire de la ferme Pat Roy et Fils, possède une importante ferme laitière comptant 70 vaches à Saint-Joseph-de-Beauce.  

 

 Prévention  

 

 Celui qui a été dans l’obligation de jeter 300 litres de lait ces jours-ci en raison des inondations n’avait jamais vu une telle situation en 22 ans de gestion.  

 

 « Le niveau d’eau est monté vraiment haut. Nous n’avons pas perdu beaucoup d’argent, mais nous aimerions prévenir pour les années futures », a mentionné l’homme de 35 ans.  

 

 Il aimerait que son prochain bassin puisse loger 3000 gallons de lait pendant trois jours, ce qui pourrait peut-être lui éviter des pertes à l’avenir.  

 

 Inquiétant  

 

 Le directeur adjoint aux relations publiques et gouvernementales des Producteurs de lait du Québec, François Dumontier, était incapable de dire s’il y avait eu une augmentation ou non des litres de lait jetés au cours des dernières années à cause du réchauffement climatique.  

 

 « Ce sont des phénomènes liés à notre climat. Est-ce qu’il y a une augmentation ? Je ne peux pas le dire, mais c’est inquiétant pour les producteurs à qui ça arrive », a expliqué M. Dumontier.