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Des excuses c’est beau mais...

La Ligue nationale devra apporter une solution

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Photo AFP Les officiels en poste lors du septième match de la série entre les Golden Knights et les Sharks ont commis une erreur à la suite de la blessure subie par Joe Pavelski. La Ligue nationale l’a d’ailleurs reconnu hier.

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Ainsi donc, la Ligue nationale de hockey a présenté des excuses aux Golden Knights de Vegas en rapport avec la prise de décision controversée de ses arbitres Dan O’Halloran et Éric Furlatt, mardi soir à San Jose. C’est le directeur général des Golden Knights, George McPhee, qui en a fait l’annonce hier.

« La ligue a communiqué avec nous pour nous dire qu’il y avait eu faute et qu’elle s’en excuse », a indiqué McPhee.

« Je suis sûr que les officiels se sentent mal. Ils veulent bien faire leur travail, comme c’est le cas pour nous tous dans ce que l’on fait. »

C’est bien beau, mais ça ne ramène pas les Golden Knights dans les séries.

Cette affaire est un œil au beurre noir pour la LNH, un autre, ajouteront plusieurs. La ligue doit en tirer une leçon et recourir à la reprise pour éviter que d’autres incidents du genre se produisent.

Le genre d’histoire qui ne s’oublie pas

Personne ne va oublier ce qui est arrivé dans le septième match entre les Golden Knights et les Sharks. C’est le genre d’événement qui résiste au temps, au même titre que les exploits sportifs.

Ça fait partie de l’histoire.

S’il y a une équipe qui s’est retrouvée au centre de plusieurs décisions douteuses, c’est bien les Nordiques.

Leurs irréductibles partisans auront toujours sur le cœur les expulsions de Peter Stastny et de Dale Hunter lors du triste match du Vendredi saint, en 1984.

Bruce Hood, qui était l’arbitre d’office ce soir-là, comptait plus de 21 saisons d’expérience dans la LNH. Il avait arbitré plus de 1100 matchs en saison régulière et en était à son 157e en séries.

Il avait officié aussi dans trois matchs des étoiles et lors de trois tournois de la Coupe Canada.

Le massacre du Vendredi saint a été son dernier match.

Le but d’Alain Côté était-il bon ?

Demandez à Michel Bergeron si le but d’Alain Côté était bon. Il doit encore rêver aux fantômes du Forum.

Mais, contrairement à Hood, Kerry Fraser, qui avait refusé le but, a poursuivi sa carrière durant 23 saisons pour un total de 37 ans au service de la LNH.

Les Nordiques ont été victimes de mauvaises décisions des officiels jusqu’à la fin de leur existence, en 1995.

Lors du quatrième match d’une série qui les opposait aux Rangers de New York, l’expérimenté arbitre Andy Van Hellemond, reconnu comme l’un des meilleurs arbitres de son époque, refusa un but à Joe Sakic parce qu’il avait dit avoir sifflé un arrêt de jeu avant que la rondelle ne traverse la ligne rouge.

La raison ?

Parce qu’Alex Kovalev gisait sur la patinoire dans le territoire des Nordiques après avoir été atteint par un coup de bâton de Greg Wolanin. Or, les images montraient que Kovalev avait été à peine touché.

Tirant de l’arrière 1-2 dans la série, les Nordiques subirent une défaite de 3 à 2 en prolongation et perdirent ce qui devait s’avérer la dernière série de leur histoire en six matchs.

Blâmé et limogé par Bettman

Quelques jours plus tard, la LNH publiait un communiqué citant Gary Bettman, qui disait que Van Hellemond avait commis une erreur de jugement.

L’arbitre lui avait expliqué qu’il croyait Kovalev blessé gravement et qu’il n’avait pas vu la rondelle pénétrer dans le filet.

Croyant que Sakic avait raté son tir, Van Hellemond avait signalé un arrêt de jeu afin que le soigneur des Rangers puisse se porter au secours de Kovalev.

La reprise démontrait pourtant que Sakic avait marqué avant le son du sifflet.

Tout en soulignant ses 24 années de service, Bettman sanctionna Van Hellemond. Comme Hood 11 ans plus tôt, Van Hellemond n’a plus jamais arbitré dans la LNH.

L’ancien entraîneur des Sabres de Buffalo Lindy Ruff dira jusqu’à son dernier souffle que le but de Brett Hull, qui a procuré la coupe Stanley aux Stars de Dallas en 1999, n’était pas valide.

Les arbitres Bill McCreary et Terry Gregson sont demeurés en poste durant 12 et 5 ans respectivement.

Importantes pertes de revenus

Comme tout ce monde et tous les autres qui sont passés par là, les dirigeants et les joueurs des Golden Knights vont passer l’été à se remémorer leur fin de saison abrupte.

Ça va les hanter longtemps.

Les propriétaires reverront s’envoler en fumée les recettes aux guichets que leur auraient procurées des matchs additionnels en séries.

Leur équipe en aurait disputé au moins deux de plus à domicile et peut-être plusieurs autres, considérant la force de leur formation née d’une expansion il y a seulement deux ans.

L’envers de la médaille

Mais comme l’a dit le défenseur Nathan Schmidt, les quatre buts accordés aux Sharks durant la pénalité majeure infligée à Cody Eakin sont inexcusables.

Les joueurs des Golden Knights ont visiblement perdu toute contenance durant ces cinq minutes.

Pourquoi Gerard Gallant n’a-t-il pas demandé un temps d’arrêt avant que la pénalité ne commence ou après le premier but des Sharks ?

Il aurait pu rappeler à ses joueurs qu’ils avaient encore le contrôle de la situation et leur demander de concentrer leur énergie à écouler cette infériorité numérique. Mais le blâme reviendra toujours sur les épaules de Furlatt et de O’Halloran.

Les carrières de O’Halloran et Furlatt en péril ?

Après avoir fait des excuses aux Golden Knights, la décision de la Ligue nationale de hockey d’écarter Dan O’Halloran et Éric Furlatt du deuxième tour des séries n’a rien d’étonnant.

Il y a lieu de penser que la saison des deux arbitres est terminée. La règle veut que les officiels mis de côté après une ronde ne travaillent plus des séries.

Cette histoire aura-t-elle des conséquences sur la carrière des deux hommes ?

Sait-on jamais ?

On parle de deux arbitres dotés d’une longue expérience.

Âgé de 55 ans, O’Halloran compte 24 années de service dans la LNH. Il a officié dans plus de 1376 matchs en saison régulière et 212 en séries. Il a travaillé dans une dizaine de finales de la Coupe Stanley.

Originaire de Trois-Rivières, Furlatt a 47 ans. Membre de l’Association des arbitres de la LNH depuis 1998, il a arbitré dans près de 1200 rencontres en saisonrégulière et plus de 120 matchs en séries.

Influencés par les Sharks ?

Aucun des deux arbitres n’a levé le bras lorsque Joe Pavelski est demeuré étendu sur la glace.

Ont-ils été influencés par les cris de Marc-Édouard Vlasic et de Joe Thornton, qui réclamaient une pénalité de cinq minutes comme le racontait Vlasic au collègue Roby Saint-Gelais dans notre édition d’hier ?

C’est possible.

Pour Jonathan Marchessault, les arbitres n’ont rien vu.

« Il (l’arbitre) m’a dit que ça avait l’air sérieux. Si ç’a l’air sérieux, c’est que visiblement, il ne l’a pas vu », a raconté l’attaquant des Golden Knights, qui était dans tous ses états après la défaite crève-coeur des siens.

Il ne faudrait pas que les Sharks gagnent la coupe...