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Êtes-vous «écolo»?

Êtes-vous «écolo»?
AFP

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Il fut un temps, pas si lointain, où nombreux étaient ceux à se moquer ouvertement de ce qu’on appelait de manière péjorative les «écolos».

Eh oui, les méchants «écolos». On les disait radicaux, déconnectés de la réalité et surtout, opposés à tout, tout, tout ce qui ressemblait le moindrement à du développement.

Combien de politiciens, en privé, les caricaturaient sans retenue? Idem dans les milieux d’affaires.

Puis, au cours des dernières années, l’alarme que les «écolos» sonnaient depuis longtemps est devenue plus concrète dans nos vies, celles de la faune et de la flore.

Canicules, inondations, apparition d’un «océan» de plastique meurtrier pour les créatures aquatiques, gaz à effet de serre, surconsommation, gaspillage, des ordures à ne plus savoir quoi en faire, pollution des sables bitumineux, suremballage chronique, obsolescence programmée, etc. Sans compter les lourds impacts de l’ensemble de l’œuvre sur la santé humaine et animale. 

N’en jetez plus, la poubelle planétaire est pleine.

Puis, on a commencé à recycler. Souvent tout croche et trop partiellement, mais on essaie, chacun dans notre petit monde.

On a commencé à se procurer des sacs réutilisables. Au début – encore trop souvent -, ils étaient faits de gros plastique impossible ou presque, à dégrader. Cherchez l’erreur.

Puis, des plus futés, ont créé des sacs dits en plastique mince, réutilisables et semble-t-il même qu’ils seraient moins nocifs à terme pour l’environnement que des sacs de papier. On n’arrête pas le progrès...

Puis, nos gouvernements, du moins certains et dépendant de qui les dirigent, ont pris conscience, un peu, mais tout de même, du fait que le réchauffement climatique n’était pas une lubie d’«écolos» enragés, mais une réalité menaçante.

Tout récemment, la Ville de Montréal a annoncé la limitation des objets et récipients à «usage unique». Ex : pailles, ustensiles jetables, barquettes, etc. 

On verra ce que ça donnera, mais c’est un autre pas dans la bonne direction.

Et le suremballage? Quoi en dire d’autre que c’est une véritable malédiction pour l’environnement.

Trop de compagnies suremballent tellement d’items que pour certains d’entre eux, ça prend quasiment des pinces de désincarcération pour sortir le produit de son emballage lui-même plastifié et d’une force telle qu’on dirait une armure.

Également sous prétexte de faire plus «hygiénique», on a tout suremballé ou presque. Combien de fois on voit même des piments ou autres légumes emballés individuellement dans une épaisse pellicule de plastique? Une chance que le ridicule ne tue pas. 

Et pourtant, on achète encore nos pains dans des sacs de plastiques qui, eux, sont très minces, mais que l’on ferme encore et toujours avec un petit machin-truc de plastique, lui aussi. Combien de milliards de ces machins-trucs traînent sur la planète?

Ce qui me frappe à l’heure du suremballage maladif soi-disant pour empêcher une quelconque contamination de quelque chose, c’est que les sacs de pains sont encore faciles à ouvrir par n’importe qui avant qu’on ne les achète. Là encore, cherchez l’erreur. Et surprise! Ça ne semble déranger PERSONNE.

En d’autres termes, l’hygiène, c’est important. C’est sûr. Mais si on a survécu aussi longtemps en achetant des pains sans qu’on ne sache si quelqu’un s’y est plongé sa main sale avant, on devrait bien pouvoir survivre à l’épicerie avec moins d’emballage pour de nombreux items. Dont les légumes et les fruits – que l’on doit laver à la maison, de toute manière.

Et vous, êtes-vous «écolo»???