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Ici Radio-cache-cache

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Non, mais qui, dans la grande tour brune de Radio-Canada, se moque de nous ? Dans Le Journal, hier, on apprenait que la société d’État cache les rapports sur la construction de ses nouveaux bureaux ultramodernes.

Le projet va coûter des centaines de millions de VOS dollars pendant les prochaines années, mais si vous voulez savoir comment ça se passe, vous vous faites dire : « C’est pas de vos affaires ! »

C’est quand même ironique que la société d’État, qui emploie des journalistes qui enquêtent sur la transparence, s’obstine à garder ses infos secrètes. Mais qu’ont-ils à cacher ?

CHUUUUUUUT !

Mon collègue Christophe Nardi a obtenu « deux rapports d’audit livrés à la société d’État par la firme PricewaterhouseCoopers (PwC) ». Il n’a rien pu y trouver parce que les rapports sont presque entièrement caviardés. Sur un rapport de 14 pages, il y en avait seulement trois qui n’étaient pas caviardées, dont la page couverture et la table des matières. Ça et un gros doigt d’honneur, c’est à peu près pareil.

Parmi les raisons justifiant ce secret, on a invoqué le fait qu’on ne peut pas révéler de l’information fournie par un fonctionnaire... alors que le rapport a été fait par une firme privée.

Le problème, c’est que ce n’est pas la première fois que Radio-Canada vous dit à vous, les contribuables, qui payez pour leurs projets : « C’est pas de vos affaires ! »

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

J’avais révélé dans Le Journal l’acquisition par Radio-Canada d’une nouvelle police de caractères. La Société, qui se plaint constamment de sous-financement, avait pourtant les moyens de se payer sa propre police, parce que dans la grande tour brune, môsieur, on ne peut pas écrire avec les mêmes W, les mêmes A et les mêmes Q que tout le monde.

Mais quand mes collègues ont fait un suivi sur cette histoire, et ont voulu savoir combien avait coûté la nouvelle police de caractères, ils se sont fait répondre : « C’est pas de vos affaires ! »

Quand on veut savoir combien sont payés les plus gros salariés de la boîte ? C’est pas de vos affaires !

Quand on veut savoir le budget accordé à Véro.tv et quels sont les chiffres de popularité du site ? C’est pas de vos affaires !

Le problème, c’est que Radio-Canada, c’EST « nos affaires ». C’est NOTRE télé, NOTRE radio. Mais cette société d’État se comporte comme si elle était une entreprise privée.

« Y a-t-il des squelettes dans le placard ? Le projet a-t-il bien été géré ? Y a-t-il eu des extras ? » se demandait hier mon collègue Christopher Nardi, interviewé à QUB, à l’émission de Benoît Dutrizac.

CHÂTEAU DE VERRE OU TOUR D’IVOIRE ?

Oui, je sais qu’en écrivant cette chronique, je vais recevoir des commentaires outrés de gens qui vont se demander pourquoi on enquête sur Radio-Canada. La question que vous devriez plutôt vous poser est la suivante : pourquoi les autres médias écrits au Québec ne le font-ils pas plus souvent ? Et allez voir combien de leurs journalistes, éditorialistes et chroniqueurs sont à l’antenne de Radio-Canada... chaque jour.

En terminant, ils sont magnifiques les nouveaux bureaux de Rad-Can, sur le boulevard René-Lévesque.

Un grand édifice de verre... qui est transparent, lui.