/news/green
Navigation

Inondations : les niveaux atteints en 2017 seront dépassés

Inondations : les niveaux atteints en 2017 seront dépassés
MAXIME DELAND/AGENCE QMI

Coup d'oeil sur cet article

La situation ne s’améliorait pas pour les riverains à risque d’être inondés, vendredi, alors que les niveaux de l’eau continuaient de grimper en attendant d’importantes précipitations sur plusieurs secteurs.

• À lire aussi: Barrage de la Chute-Bell: Hydro-Québec se fait rassurante

• À lire aussi: Des digues installées pour protéger l’autoroute 40

Pour les régions de Montréal, Québec, Lanaudière, les Laurentides, la Mauricie ou encore Charlevoix, entre 30 à 60 millimètres de pluie sont attendues d’ici samedi. 

Jumelées à la fonte des neiges qui se poursuit, ces précipitations pourraient contribuer à faire monter significativement le niveau des lacs et des rivières. Si bien que dans plusieurs secteurs, on pourrait battre les niveaux atteints lors des inondations de 2017.

«L’eau va continuer de monter et dans la majorité des secteurs, on risque de dépasser les niveaux qu’on a atteints en 2017», indique le porte-parole de la Sécurité civile Éric Houde.

Ce dernier continue d’encourager les citoyens à suivre les consignes de leurs autorités locales, notamment à Rigaud, où la Ville a ordonné à ses citoyens situés dans les zones inondables d’évacuer leur résidence.

«La situation est sérieuse», affirme-t-il.

Rigaud active son plan d’urgence

Appréhendant des niveaux d’eau encore jamais vus dans la région, la Ville de Rigaud a mis en place son plan d’évacuation de masse pour les 24 prochaines heures, vendredi.

Selon les modèles de prévision des experts, le niveau de la rivière des Outaouais devrait battre le record établi lors des inondations de 2017 en atteignant les 25,15 mètres.

Au cours des prochains jours, la région déjà sévèrement inondée devrait recevoir entre 20 et 40 mm de pluie, en plus des vents atteignant des pointes de 45 km/h. Au barrage de Carillon, qui régularise le débit d’eau de la rivière des Outaouais, le débit actuel de 8400 m◊/s devrait passer à 10 400 m◊/s dimanche, un autre record.

Grenville-sur-la-Rouge en mode alerte

Le maire de Grenville-sur-la-Rouge, Tom Arnold, a dit avoir «de bonnes raisons de croire» que le barrage de la Chute-Bell «ne résistera pas», vendredi.

L’ouvrage fait l’objet depuis jeudi d’une alerte de rupture de barrage de la part de la Sécurité publique en raison d’une crue «millénale», constatée par Hydro-Québec.

De son côté, la société d’État se veut rassurante et soutient que rien n’indique que la structure va céder, même si le niveau de la rivière Rouge continue d’augmenter.

Au total, ce sont 75 résidences du secteur qui ont été évacuées. Pour le moment, il est toutefois impossible de savoir quand ces gens pourront réintégrer leur domicile.

Les militaires appelés d’urgence à Pointe-Calumet

Les militaires sont à pied d’œuvre, à Pointe-Calumet, dans les Laurentides, pour surélever la digue de béton qui protège la municipalité.

La digue de béton est longue de plus de deux kilomètres et date du milieu des années 1970.

Les militaires des Forces armées canadiennes ont installé des feuilles de contreplaqué sur la digue de béton pour doubler sa hauteur.

«L'aide apportée par l'armée canadienne à Pointe-Calumet est grandement appréciée. Nous sommes heureux de recevoir du renfort afin de sécuriser principalement les maisons riveraines. Il est essentiel pour moi de ne pas laisser les citoyens seuls, nous entendons vos inquiétudes et nous sommes prêts à déployer nos mesures d'urgence», a indiqué la mairesse de Pointe-Calumet, Sonia Fontaine, sur Facebook.

Sur la page Facebook de la municipalité, les autorités ont indiqué aux citoyens de ne pas partir avec les feuilles de contreplaqué, car elles sont là pour sécuriser la digue.

Des semaines «longues et difficiles» à Gatineau

À Gatineau, la situation continue d’empirer rapidement et selon le maire, le niveau de l’eau devrait dépasser lundi ou mardi celui des inondations de mai 2017.

Dans le secteur de la Pointe-Gatineau, où TVA Nouvelles s’est déplacé vendredi matin, l’eau a considérablement monté en quelques heures à peine. Si bien que la municipalité a élargi les zones considérées comme «à risque».

«Ce qu’on va vivre dans les prochaines semaines, on ne l’a jamais vécu, a prévenu le maire Maxime Pedneaud-Jobin. Par contre, on est prêt, on a beaucoup de ressources, nos bénévoles sont mobilisés et sont aguerris, mais les prochaines semaines vont être longues et difficiles.»

Le lac Saint-Pierre stabilisé, mais...

Sur les rives du lac Saint-Pierre, la situation s’était stabilisée vendredi matin, mais la pluie et le vent des prochaines heures font craindre de nouveaux épisodes éprouvants.

À Nicolet, dans le secteur Port-Saint-François, le niveau du fleuve a commencé à baisser, laissant sur les terrains des résidences des débris et des poissons morts.

Toutefois, les riverains ne sont pas tirés d’affaire : on attend jusqu’à 50 mm de pluie entre vendredi après-midi et samedi soir. Difficile donc de dire l’impact que ces précipitations auront sur le niveau du fleuve.

«On est préparé, on ne peut pas rien faire d’autre», lâche Louis Tellier, un résident du secteur.

Autre élément qui pourrait compliquer la situation, le vent pourrait souffler avec des rafales atteignant 60 km/h. Ces pointes pourraient créer des vagues qui bougeraient de gros débris, comme des arbres échoués, causant des dommages aux bâtiments.