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Radio-Canada promet un peu plus de transparence

La société d’État rendra publiques des parties des rapports sur son nouveau QG

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Photo Agence QMI, Joël Lemay Lors d’une première visite médiatique de la nouvelle Maison de Radio-Canada hier, à Montréal, le grand patron Michel Bissonnette a promis que certaines parties caviardées de rapports de vérification sur le projet seraient éventuellement rendues publiques.

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OTTAWA | Le grand patron de Radio-Canada promet un peu plus de transparence quant aux coûts et enjeux de la construction du nouveau siège social à Montréal... lorsque les travaux seront terminés.

Notre Bureau d’enquête révélait hier que deux rapports de vérification du mégaprojet de construction, réalisés par la firme PricewaterhouseCoopers (PwC), avaient été quasi entièrement caviardés par Radio-Canada (SRC) avant de nous être transmis.

Cela avait fait sourciller des experts de la Loi sur l’accès à l’information, qui remettaient en question les prétextes évoqués par la SRC pour cacher des informations d’intérêt public.

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Radio-Canada dépensera 21 millions $ en loyer chaque année pour occuper l’espace lorsqu’il sera complété en 2020.

À l’occasion d’une première visite du nouvel immeuble hier, le grand patron de Radio-Canada a expliqué que certaines parties du rapport seraient éventuellement rendues publiques, ainsi que tous les coûts liés au projet.

« Tant et aussi longtemps que les travaux ne seront pas complétés, on ne peut pas rendre ces sections [du rapport final] publiques », a indiqué Michel Bissonnette.

Pas d’enjeux de retard

D’autres portions resteront cependant cachées, mais M. Bissonnette a voulu se faire rassurant par rapport à leur contenu.

« Tout ce qui était à des fins de concurrence dans notre partie de négociations avec les fournisseurs a été caviardé. C’est la seule section qui a été caviardée, a-t-il ajouté. Il n’y a pas d’enjeux de danger. Il n’y a pas d’enjeux de retard. Aucunement. »

Or, le reportage du Bureau d’enquête n’a pas manqué de faire bondir les partis d’opposition fédérale, qui ont dénoncé un manque de transparence de la SRC.

« Ce qui m’a troublé le plus est qu’un rapport de consultant externe, normalement, est accessible et n’est pas caviardé. Comment se fait-il donc que la Société Radio-Canada fasse preuve d’un tel obscurantisme », a dénoncé le porte-parole conservateur en matière de patrimoine, Steven Blaney.

Information cachée

Est-ce que ce caviardage par la SRC est une manière délibérée de cacher de l’information ?

« Absolument, a réagi le chef adjoint du Nouveau Parti démocratique Alexandre Boulerice. Justin Trudeau vante son gouvernement de faire preuve de transparence, mais comme on voit ici, ils font les mêmes cachotteries que les conservateurs. »

Pour sa part, le ministre du Patrimoine canadien, Pablo Rodriguez, s’en est tenu à dire que son gouvernement « s’attend à ce que toutes les sociétés d’État, notamment Radio-Canada, respectent les lois d’accès à l’information et soient transparentes ».

- Avec Marc-André Lemieux, Le Journal de Montréal