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[PHOTOS] «Le temps de prendre mon bébé»

Des centaines de résidents de Sainte-Marthe-sur-le-Lac ont dû quitter leur maison en panique

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Des centaines de citoyens de Sainte-Marthe-sur-le-Lac n’ont eu que quelques minutes pour évacuer leurs maisons, après qu’une digue a cédé, entraînant l’inondation presque instantanée de tout un quartier hier soir.  

Des résidents quittaient à la course leur résidence, sans rien emporter.
Capture d'écran, TVA Nouvelles
Des résidents quittaient à la course leur résidence, sans rien emporter.

La panique s’est emparée des résidents entre la 20e et la 27e Avenue vers 19 h, alors que les autorités faisaient du porte-à-porte pour annoncer aux résidents avec des haut-parleurs de fuir leur demeure. Une digue qui devait contenir les eaux du lac des Deux Montagnes s’est rompue dans les Laurentides.   

Capture d'écran, TVA Nouvelles

« J’ai entendu des sirènes dans la rue. Le temps de prendre mon bébé, je suis sortie et j’avais déjà de l’eau sur mon terrain », a témoigné Jenny Murphy, qui habite la 20e Avenue.       

Capture d'écran, TVA Nouvelles

« Ça a pris cinq minutes. Ils nous ont dit qu’il fallait tout de suite évacuer », a raconté de son côté Johanne Rochon, 27e Avenue, une couverture sur les épaules pour combattre le froid et les vents qui compliquaient les évacuations.     

Capture d'écran, TVA Nouvelles

35 rues touchées   

La Sûreté du Québec (SQ), qui commandait les opérations, a déployé plus de 200 policiers, en plus d’un hélicoptère, d’un véhicule tout-terrain amphibie et de trois bateaux pour venir en aide aux sinistrés. Des militaires ont été mis à contribution. Des pompiers de plusieurs villes environnantes sont venus prêter main-forte.            

Photo Agence QMI, Pascal Girard

À l’aide d’un projecteur, l’aéronef balayait la zone sinistrée afin de repérer des inondés qui n’avaient pu évacuer.    

On s’efforçait de combler la brèche hier soir, en catastrophe.   

Capture d'écran, TVA Nouvelles

En tout, environ 35 rues ont été touchées par la montée des eaux, a indiqué Norbert Vendette, le directeur du Service de sécurité incendie de Deux-Montagnes. Les flots ont rapidement envahi les rues, faisant flotter de nombreux débris.         

Capture d'écran, TVA Nouvelles

« [Il s’agit] d’une digue qui avait été faite en permanence, de la Ville de Sainte-Marthe, qui avait fait ses preuves, même en 2017, mais qui, aujourd’hui, n’a pas résisté, avec le lac des Deux Montagnes qui a atteint des niveaux historiques », a fait valoir M. Vendette.    

Capture d'écran, TVA Nouvelles

Les sinistrés ont été accueillis à l’aréna Olympia. Des lits de camp et des vivres les attendaient.   

« On a entendu un craquement. En sortant dehors, on a vu qu’il y avait l’eau qui rentrait dans la rue vraiment rapidement », a affirmé Line Gionet.         

« On est sortis super vite. En 15 minutes, l’eau était rendue devant chez moi », a indiqué Sylvain Bouchard, résident de la 27e avenue. Ce dernier ignorait s’il avait finalement été inondé et il était très inquiet de connaître la réponse. Il était convaincu qu’une telle situation ne se produirait jamais.    

Capture d'écran, TVA Nouvelle

De la panique à l’horreur  

Pour des citoyens, après la panique de la fuite venait l’horreur de réaliser que des animaux se trouvaient toujours à l’intérieur de leur maison, alors qu’il leur avait été impossible de les prendre au moment de partir.       

  

Des dizaines de véhicules ont été abandonnés vu l’urgence de partir.
Photo Agence QMI, Pascal Girard
Des dizaines de véhicules ont été abandonnés vu l’urgence de partir.

Le Journal a constaté que plusieurs personnes tentaient d’aller les récupérer, mais les autorités étaient forcées de les en empêcher pour leur sécurité personnelle.    

« Mon chien est là-bas, ils ne veulent rien savoir que j’aille le chercher », a témoigné Gitane Dubé, paniquée.   

Capture d'écran, TVA Nouvelles

  

«Une opération familiale qui se déroule à vitesse grand V»  

Un homme de Sainte-Marthe-sur-le-Lac et sa famille ont retrouvé leur maison entourée d’eau samedi soir alors qu’ils revenaient d’un souper entre amis. À peine quelques minutes plus tard, ils recevaient l’ordre d’évacuer.  

L’eau a monté très rapidement, s’est souvenu Francis Labbé, l’un des 5000 évacués du secteur, à TVA Nouvelles.  

«Un moment donné, on constate que ça monte, ça monte, ça monte et que selon toute vraisemblance les sacs de sable ne suffiront probablement pas et là c’est une opération familiale qui se déroule à vitesse grand V», a raconté M. Labbé.  

Livres, téléviseur, équipements électroniques: ils ont apporté à l’étage tous les objets de valeur qui se trouvaient au sous-sol.  

«Ça a été une cascade, ça s’est fait très, très rapidement et puis à un certain moment le dénouement, c’est la policière qui vient nous dire qu’il faut évacuer», a confié celui qui n’avait jamais imaginé que la digue pouvait un jour céder.  

Accueillis pas des amis, Francis Labbé considère que sa famille et lui ont été très chanceux.  

«On avait la chance incroyable d’avoir des amis avec nous qui nous ont donné un coup de main et qui nous ont reçus», a conclu M. Labbé, qui s’attend maintenant à devoir passer quelques jours, voire quelques semaines, à l’extérieur.  

«Il y a cinq pieds d’eau dans la cave»

Le désarroi se lit sur les visages des résidents de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, au lendemain de la rupture de la digue permanente qui a forcé l’évacuation de pas moins de 5000 personnes.

Il y a cinq pieds d’eau dans la cave, c’est complètement inondé, les meubles flottent, on ne voit plus rien», a lancé une dame rencontrée par TVA Nouvelles après avoir pu aller chercher quelques biens personnels dimanche matin.

«Ça va être tout à recommencer, on n’a pas le choix», a laissé tomber son conjoint, visiblement dépassé par la situation.

«J’ai eu une grosse boule de tristesse quand j’ai vu le sous-sol. On est impuissants là-dedans», a ajouté la dame.

Les deux résidents, qui ont appris que leur maison était complètement submergée en revenant d’un souper samedi soir, essaient tant bien que mal de dédramatiser ce qui leur arrive, se rappelant que certains de leurs voisins ont subi encore plus de dommages qu’eux.

Vers 19h, samedi soir, les autorités ont fait du porte-à-porte pour annoncer aux résidents qu'ils devaient fuir leur maison. En tout, ce sont 2600 maisons de cette petite ville des Laurentides qui ont été évacuées.

- Avec la collaboration de TVA Nouvelles