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La main chanceuse des dirigeants de Bombardier

GEN-COUILLARD AÉRO MONTRÉAL
Photo Agence QMI, Toma Iczkovits Alain Bellemare

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Comme ils ont eu la main heureuse les dirigeants de Bombardier lorsqu’ils ont liquidé à gros prix des millions d’actions entre la mi-septembre et le début d’octobre ! Une liquidation qui a rapporté aux cinq hauts dirigeants plus de 30 millions $, dont 10 millions pour le grand patron Alain Bellemare.

Mais depuis qu’ils ont vendu, l’action de Bombardier a fortement chuté. Retour sur la déconfiture.

Cette semaine, pour la seconde fois depuis l’automne dernier, Bombardier s’est retrouvée dans la tourmente boursière alors que le titre a chuté de 20 % depuis mercredi.

La chute du titre est attribuable cette fois à la révision à la baisse des perspectives de revenus et de résultats pour l’exercice financier 2019.

Par rapport à ses prévisions initiales, la haute direction de Bombardier anticipe pour l’année en cours une diminution des revenus consolidés de 1 milliard $ US.

L’automne dernier, la déconfiture de Bombardier en Bourse faisait suite au dévoilement des décevants résultats du troisième trimestre, et à l’annonce d’une série de mesures stratégiques, dont la suppression de 5000 emplois et la cession d’actifs.

Sous Bellemare

On ne peut pas dire que l’embauche d’Alain Bellemare, en février 2015, a « enrichi » les actionnaires, à moins d’avoir fait comme lui en liquidant des actions lorsque le titre se négociait au-dessus de la barre des 4,50 $.

M. Bellemare est entré en fonction le 13 février 2015. Le titre de Bombardier avait fermé la veille à 2,69 $. Aujourd’hui, quatre ans plus tard, Bombardier peine à rester au-dessus de la barre des 2,30 $.

Pourtant... L’an dernier, entre le début de janvier et le 11 juillet 2018, alors que les perspectives s’avéraient optimistes, le titre de Bombardier passait de 3,00 $ à 5,58 $, pour un bond de 86 %. Fait à noter : c’est lors de ce 11 juillet 2018 que Bombardier annonçait la cession de la C Series à Airbus, pour la somme de 0 $.

Dans les semaines qui suivent...

À la mi-août, le conseil d’administration de Bombardier crée un RATA (Régime d’aliénation de titres automatique) pour permettre à ses hauts dirigeants de liquider des dizaines de millions d’actions qu’ils peuvent obtenir en exerçant leurs options.

La liquidation de leurs actions peut débuter à compter du 17 septembre alors que l’action se négocie à 4,57 $. Mais à partir d’octobre, le titre de Bombardier commence à chuter de façon appréciable, chute qui s’est d’ailleurs accentuée lorsque Bombardier a dévoilé en novembre des résultats décevants. Le 16 novembre, l’action touchait un creux de 1,58 $.

En mars dernier, on apprenait qu’Alain Bellemare avait réalisé un profit de 10,5 millions $ avec les 3,65 millions d’actions vendues par l’entremise du RATA, lesquelles actions avaient été cédées au prix de 4,55 $ pièce, soit juste avant le début de la grande déconfiture de Bombardier en Bourse.

Après avoir enquêté sur les circonstances entourant la création du RATA, l’Autorité des marchés financiers (AMF) affirme qu’elle n’a relevé aucune infraction de la part des dirigeants de Bombardier.

Afin d’éviter de se retrouver de nouveau sous les feux de la rampe avec le RATA, Bombardier a annoncé qu’elle acceptait la recommandation de l’AMF de mettre fin à ce régime.